Raid Latécoère 2018 : fille d’agents EDF, elle parcourt 10 000 km avec l’Aneg

Charlotte Marin, fille d’agent et future pilote de ligne. ©Daniel Maitrerobert/Aneg

Dix mille kilomètres sur les traces de l’Aéropostale à bord du PA28 Archer III de l’Aneg : pour Charlotte Marin, fille d’agents EDF, le raid Latécoère 2018 restera une aventure humaine exceptionnelle.

Lorsque nous l’avions rencontrée au mois de janvier dernier, elle nous parlait déjà de son projet de retenter la traversée. Du 29 septembre au 13 octobre, cette fille d’une commerciale à EDF et d’un comptable à la CCAS s’est de nouveau lancée avec sa copilote dans un aller-retour entre Toulouse, Dakar et Montpellier. Étudiante à l’Ifam (Institut de formation aéronautique de Montpellier) et “ambassadrice” de l’Aneg (Aéroclub national des électriciens et gaziers), Charlotte Marin revient sur ce raid aérien, le plus long du monde, avec le survol de plus de dix pays sur trois continents, organisé depuis plus de dix ans par l’association Aéroclub Pierre-Georges Latécoère, du nom de ce pionnier de l’aviation commerciale française de l’entre-deux-guerres.

Quelles sont vos premières impressions après un tel périple ?

C’est un voyage très enrichissant ! Concernant le partage, les émotions, et l’échange avec les différents peuples des cinq pays traversés, mais aussi avec ma copilote Kelly Bianchi, élève pilote de ligne comme moi, et les autres concurrents. Et, à la clé, beaucoup d’apprentissage… avec 50 heures de vol au total et quelques situations difficiles, notamment des pannes qu’il a fallu gérer.

C’était votre deuxième participation à ce raid, en quoi diffère-t-elle de la précédente ?

L’année dernière, j’ai pris part au raid un peu par hasard, grâce à un désistement et aussi dans le cadre de mes études de pilote, au cours desquelles il faut totaliser un certain nombre d’heures de vol, pour passer aux étapes suivantes. Mais je n’avais choisi ni l’avion, ni l’équipage, et nous avons volé avec un instructeur. J’ai beaucoup appris mais je me sentais trop encadrée et pas assez autonome. Aussi, cette année, j’ai souhaité être actrice du début à la fin.

Et comment y parvient-on ?

Avec beaucoup de soutien ! Surtout celui de l’Aneg, via Daniel Maitrerobert, son président, qui, dans le cadre du projet que chaque participant doit élaborer pour le raid, nous a fourni des livres scolaires pour les enfants des écoles de Dakar, mais nous a aussi permis de louer un avion à moindre coût (auprès de la section sport aérien Languedoc). Il faut savoir qu’un tel projet se prépare un an à l’avance, avec tout ce que cela demande comme logistique… et qu’il y a toujours des écueils à franchir. Et Daniel nous a soutenues du début à la fin.

Un tel appui vous donne des ailes ?

On se sent beaucoup plus investies, c’est sûr. D’ailleurs, lorsque nous avons eu une panne d’alternateur au nord du Maroc, au retour, et que nous n’avions plus du tout d’électricité à bord – un comble pour un appareil d’électriciens [rires] – malgré les conseils du staff qui nous incitait à laisser l’avion sur place, nous n’avons pas renoncé. Pour deux raisons : par refus de l’échec, et par respect à la fois pour l’Aneg et pour notre projet.

Une panne qui a jalonné votre retour finalement ?

Oui, puisque les dix dernières heures de vol se sont effectuées “en patrouille”. Nous étions en quelque sorte un avion fantôme, guidé jusqu’à Montpellier par l’équipage d’un autre appareil (c’est ça, aussi, l’esprit de groupe !), avec lequel nous communiquions grâce à une radio portable.

De g. à dr. : Christian Jalicot, président de la Section de sports aériens (SSA) Languedoc, gestionnaire de l’avion ; Charlotte Marin et sa copilote Kelly Bianchi ; Daniel Maitrerobert (président de l’Aneg). ©Daniel Maitrerobert/Aneg

Avec le recul et l’expérience, qu’est-ce qui vous lie à cette philosophie du raid basé sur l’humanisme et le rapprochement entre les peuples ?

C’est sans doute la façon de piloter autrement ! Par exemple, en voltige, il n’y a que le côté sportif qui prime, alors que là, c’est le volet découverte, humanitaire et humain qui est mis en exergue. Décoller, s’éloigner et voler vers d’autres horizons pour faire des rencontres, découvrir à chaque escale des pays, d’autres cultures et se coucher tous les soirs dans une ville différente, voire un autre pays, est d’une intensité et d’une richesse incomparables. Et puis, c’est aussi l’esprit d’ouverture de ce raid qui me séduit. Ce qui nous permet de côtoyer des anciens pilotes de Concorde, de chasse, de l’armée de l’air, les petits descendants de Saint-Exupéry, mais aussi des non-brevetés, simples passagers, ou encore, pour la première fois, cette année, deux personnes handicapées en fauteuil qui ont fait toute la traversée.

En tant qu’entraîneuse de natation au MUC (Montpellier Université Club) pour les enfants, une autre de vos passions, vous aviez un regard particulier sur la jeunesse ?

Oui, forcément ! J’ai cette envie et ce besoin d’éduquer des enfants, sans doute dus à mon vécu en tant que fille d’agent. En effet, j’ai grandi avec les centres de vacances de la CCAS, où j’ai pu pratiquer plein d’activités, sans parler des colos, très formatrices pour le relationnel et l’émancipation. Rendre la pareille, en quelque sorte, est logique. Et ce besoin de contact avec les enfants, même en étant pilote par la suite, je m’arrangerai toujours pour l’avoir. Aussi, en Afrique, et plus particulièrement à Saint Louis au Sénégal, où je suis retournée dans un orphelinat fondé par une Française et qui héberge des enfants de 4 à 18 ans, l’émotion était grande. Mais quel plaisir d’avoir deux gamins derrière dans l’avion, qui vivent là un baptême de l’air synonyme de partage d’un moment inoubliable. Après, on a beaucoup de mal à se quitter !

Cette aventure a-t-elle renforcé vos liens avec l’Aneg ?

Cela conforte en tout cas l’idée que je me fais de ce club, que j’ai découvert en commençant le pilotage. Je trouve génial que les agents puissent bénéficier de tout ça et de pouvoir voler à moindre coût. Et cet hiver je vais d’ailleurs m’essayer au planeur avec eux.


L’Aneg, en route pour le 7e ciel

Depuis près de 50 ans, l’Aéroclub national des électriciens et gaziers met son matériel et les compétences de ses encadrants, tous bénévoles, au service des amoureux d’objets volants de toute nature. Créé en 1970, l’Aneg sillonne les tarmacs grâce aux Sections de sports aériens (SSA) rattachées aux CMCAS, qui regroupent aujourd’hui plus de 1000 adhérents. Au cours des décennies, le club a diversifié ses propositions d’activité pour faire découvrir aux agents des Industries électriques et gazières tous les modes de vol possibles : parachutisme, vol paramoteur, ULM, aéromodélisme ou encore vol à voile.

Contacter l’Aneg :
Aéroclub national des électriciens et gaziers (Aneg)
8 rue de Rosny
BP 629 93104, Montreuil Cedex
Ou postez un message en ligne

Site internet : aneg.org

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