Regards sur le doc : le meilleur du Figra à Marinca

©DR

Pour la sixième année consécutive, le Figra se délocalise en Corse, dans le centre de vacances de Marinca du 22 au 24 juin 2017. Partenaire de la CCAS, il propose six films sélectionnés parmi les documentaires les plus remarqués de l’édition 2017.

Un coup de poing dans l’estomac. Voilà l’impression la plus fréquemment ressentie par les spectateurs lors d’une projection du Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société (Figra). Et pour cause : exploitation humaine, scandales environnementaux, drame des migrants morts en Méditerranée… Les sujets d’indignation ne manquent pas. A Marinca, sont projetés cette année six films qui témoignent du regard clinique, incisif de ce festival sur la réalité du monde.

Regards sur les fléaux de notre société

Les six films programmés braquent les projecteurs sur des tragédies qui frappent différents pays. Trois d’entre eux retiennent particulièrement l’attention. Tout d’abord, Kurdistan, la guerre des filles, de Mylène Sauloy, Prix spécial du jury + de 40 minutes et le prix du public 2017 au Figra, nous plonge dans l’univers des Unités de défense féminines de l’armée kurde, pièce essentielle du dispositif de lutte contre Daech (l’organisation Etat islamique, ndlr). Kalach à l’épaule, treillis joliment accessoirisés de foulards bariolés, ces combattantes ont délogé les djihadistes de la province irakienne du Sinjar. C’est ce fait d’armes qui les a fait émerger aux yeux de l’Occident. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elles tentent avant tout de promouvoir une société égalitaire démocratique, multiconfessionnelle et multiethnique au cœur du modèle de civilisation patriarcale du Moyen-Orient. Un combat sans concessions, qui donne à réfléchir sur les faiblesses de notre propre organisation sociale.

Mention spéciale du jury + de 40 minutes 2017 dans la catégorie Compétition internationale du Figra, Zone rouge, histoire d’une désinformation toxique, de Laëtitia Moreau et Olivier Dubuquoy, revient sur le scandale des boues rouges déversées en Méditerranée par l’exploitation de l’usine de bauxite de Gardanne, (Bouches-du-Rhône). Il y a quelques mois, l’ex-ministre de l’écologie Ségolène Royal et l’ancien Premier ministre Manuel Valls se sont violemment affrontés à ce sujet. Mais l’affaire court depuis plus de cinquante ans, opposant les écologistes au gouvernement, les pêcheurs aux sociétés minières, la population aux industriels.

La direction de l’usine s’ingénie en effet par divers stratagèmes à démontrer l’innocuité du rejet de ces déchets toxiques dans la Grande Bleue. À l’heure de la signature de l’accord de Paris sur le climat ou de la lutte contre les perturbateurs endocriniens, comment une telle entreprise de désinformation peut-elle encore se poursuivre ?

Capture d’écran du documentaire “Les enfants volés d’Angleterre” ©DR

Adoptions sur Internet

Enfin, Les Enfants volés d’Angleterre, de Pierre Chassagnieux et Stéphanie Thomas, prix Scam de l’investigation 2017 au Figra, lève le voile sur une réalité sociale méconnue de la Grande-Bretagne des années 2000. Aujourd’hui, les parents aisés en mal d’enfant peuvent sélectionner des profils sur les sites Internet d’agences spécialisées, en vue d’une adoption. Couleur des yeux et des cheveux, âge, sexe, taille… Un système hybride, à mi-chemin entre le processus sélectif de procréation du Meilleur des mondes, d’Aldous Huxley et le marché des sites de rencontres.

Le procédé, déjà contestable en lui-même, incite financièrement les services sociaux à retirer les enfants à des familles “soupçonnées de maltraitance”, sans qu’il y ait de preuves formelles. Dans les faits, ces enfants sont souvent arrachés à des parents “présumés inaptes à les élever”, car trop pauvres, trop fragiles, trop malades.

Les réalisateurs ont enquêté plusieurs mois durant pour mettre au jour les mécanismes de ce système délirant et inhumain.

Trois autres films sont également au programme : Gaza : la grande évasion de Thomas Dandois ; Électricité, le montant de la facture de Cécile Allegra et Patrick Dedole ; Syrie, retour à Alep, de Marcel Mettelsiefen. Chaque projection sera suivie d’une rencontre avec les réalisateurs.
Télécharger le programme

Infos pratiques
Regards sur le doc, du 22 au 24 juin 2017.
Centre de tourisme CCAS Marinca, Porticcio, Corse.
Tél. : 04 95 25 21 00. Fax : 04 95 25 15 44.
Renseignements : Direction de la culture, des activités physiques, sportives et de Loisirs, 8, rue de Rosny, BP 629, 93104 Montreuil Cedex. Tél. : 01 48 18 65 70.

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