Télétravail à EDF : quelles limites ?

Pendant le confinement, le télétravail à EDF et Enedis a augmenté de plus de 400 %. ©Getty Images

45 000 agents EDF ont travaillé à domicile pendant le confinement. Une expérience exceptionnelle qui a bousculé les collectifs. La crise sanitaire qui a assigné à domicile une grande partie des salariés au printemps dernier a contraint les entreprises à revoir entièrement leur organisation du travail.

“À EDF, nous sommes passés de 8 000 télétravailleurs réguliers à plus de 40 000 travailleurs à domicile à plein temps”, constate Jean-Baptiste Obéniche. Pour le responsable du département performance au travail au sein de la direction des ressources humaines (DRH) du groupe, cette expérience exceptionnelle ne peut pas être considérée comme du télétravail “normal”.

À EDF, celui-ci correspond en effet à un ou deux jours par semaine, il suppose le volontariat du salarié et une préparation des équipes en amont. Des conditions gravées dans l’accord collectif signé à l’unanimité en février 2016 entre la direction d’EDF et les syndicats.


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Pourtant, les premiers retours d’expérience sur cette période de confinement révèlent une franche adhésion des salariés de l’entreprise au travail à distance. “Sept salariés sur dix se montrent satisfaits par rapport au travail à domicile, notamment ceux qui ne l’avaient jamais pratiqué”, affirme Jean-Baptiste Obéniche, s’appuyant sur les résultats d’une enquête réalisée par la DRH auprès de 10 000 salariés.

De leur côté, les syndicats affûtent leurs arguments en vue de la renégociation de l’accord sur le télétravail lancée début septembre. Si les avantages de ce nouveau mode de travail sont largement reconnus – réduction du temps de transport, amélioration de la qualité de vie, plus grande autonomie –, il comporte également des risques non négligeables.


Infographie : agence Faubourg, éditée par Tiffany Princep/CCAS

Maintenir le lien social

Le premier des risques est l’affaiblissement des collectifs de travail. La visioconférence ne remplace pas le contact quotidien entre collègues. Très favorable, tout comme la CFDT, au développement du télétravail, l’Alliance CFE Unsa Énergies souhaite “élargir le nombre de salariés éligibles et le nombre de jours télétravaillés”. Mais la centrale des cadres juge aussi nécessaire de “repenser le travail à distance comme une organisation du travail à part entière, en privilégiant une approche collective et non plus uniquement individuelle”.

Pour sa part, l’Ufict-CGT, qui a mené sa propre enquête auprès de 5 200 cadres et agents de maîtrise des IEG, pointe certaines dérives révélées pendant l’état d’urgence : “72 % des agents se plaignent d’un manque de contact physique avec leurs collègues” et “43 % dépassent leurs horaires de référence”.

“Le télétravail à temps plein n’est pas envisageable”, tempère Jean-Baptiste Obéniche. “On a tous envie de se revoir dans les équipes. Maintenir le lien social est aussi essentiel pour éviter les risques psychosociaux. Nous devons répondre aux besoins en performance de l’entreprise comme aux aspirations professionnelles et personnelles des salariés.” Objectif : apprendre à “travailler autrement, manager autrement”, conclut-il, reprenant le slogan du projet dans lequel la DRH est engagée depuis la sortie du confinement.

 

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