Véronique Lartaud (Codegaz) : vingt ans au service de l’aide au développement

Véronique Lartaud, présidente de l’association d’aide au développement Codegaz, ici à Koudougou, au Burkina Faso en 2019, dans le cadre d’un programme pluriannuel d’accès à l’eau mené dans la province du Boulkiemdé. ©Véronique Lartaud/Codegaz

À 60 ans, Véronique Lartaud, ancienne ingénieure à Engie et présidente bénévole de Codegaz, revient sur les missions d’aide au développement de l’association qu’elle mène à travers le monde avec professionnalisme, enthousiasme et humanité.


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Rester active et utile et donner un sens à la retraite… En 2008, c’est remplie d’énergie que Véronique Lartaud quitte son poste au sein d’Engie. Ingénieure de formation, l’ancienne pensionnaire de l’École des mines d’Alès a toujours fait preuve d’empathie. Au confort et à l’individualisme, elle préfère le contact humain. Elle qui, depuis l’adolescence, possède cette propension à transmettre et aider les autres cultive cette vocation avec passion, quarante-cinq ans après avoir passé son brevet de secouriste à la Croix-Rouge, association avec laquelle elle a ensuite enchaîné trois années de bénévolat.

Un temps membre des Blouses roses, ces “bénévoles de l’hôpital qui apportent de l’humanité aux patients”, professeur de maths bénévole à domicile auprès d’enfants souffrant de troubles psychiatriques, convoyeuse pour la CCAS pendant cinq ans, Véronique Lartaud est aussi la présidente de Codegaz après en avoir été la secrétaire générale.

Une première mission au Burkina Faso

Son aventure à Codegaz prend forme en 2010, après douze années passées à s’occuper de ses enfants, notamment de la dernière, alors en bas âge, lorsqu’un ami lui parle de Jean-Pierre Clément, son ancien camarade d’école et vice-président de l’association de gaziers bénévoles. “Je pense que j’en avais besoin. Il fallait combler un certain manque d’activité.”

Véronique s’engage sans hésitation. Sa première mission l’entraîne sur un continent familier, une Afrique découverte dans sa jeunesse : “J’y étais déjà allée dans un autre contexte… Mais là, nous sommes partis au Burkina Faso, mon mari et moi, pour suivre une formation dispensée par un collègue de l’association. Au départ, on se doit d’être humble… on écoute, on apprend, même si, en tant que géologues, on sait à peu près ce qu’on doit faire.”

Envoûtée par l’odeur “si particulière” qui flotte à l’aéroport de Ouagadougou, par l’ocre des maisons et surtout par la bienveillance de la population, la bénévole va effectuer au total huit voyages pour superviser divers forages, rénovations et constructions d’écoles.

“On applique les mêmes règles de sécurité apprises à Gaz de France.”

Boostée par l’enjeu (“même si c’est fatigant”), c’est avec fierté que la retraitée évoque ses actions tangibles, entre “solidarité, respect des populations, sans aucun sentiment de supériorité, et beaucoup de discipline”. Parole d’ingénieure. “De par notre métier, nous sommes structurés, et on applique les mêmes règles de sécurité apprises à Gaz de France. C’est très important dans ces régions, où tous les risques sont calculés. De plus, à Codegaz, il y a un suivi des réalisations, pour nous assurer de la pérennité de notre travail, notamment pour les forages qui nécessitent une action coordonnée et collégiale.”

Des enfants attendent leur tour pour pomper l’eau d’un forage, réalisé dans le cadre d’un projet d’alimentation en eau et d’assainissement dans trois communes de la province de Boulkiemdé, au Burkina Faso, en 2017. Un projet co-financé par la CCAS. ©Véronique Lartaud/Codegaz

Le Cambodge, le Bénin, le Togo, l’Égypte… autant de destinations où l’ancienne gazière a œuvré en faveur des autochtones, et quelque part pour elle aussi, en puisant dans les échanges salutaires, comme pour mieux parfaire ses missions. “Bien sûr que, quelquefois, on s’autorise des visites touristiques ; mais le plus enrichissant, c’est bien d’échanger, de débattre avec les locaux, pour être en phase avec leurs besoins.”

Comme lors de sa dernière mission, toujours au Burkina Faso, pour le premier projet, qu’elle a elle-même initié, de bâtiment pour l’hôpital de Ouagadougou. Sorte de clin d’œil à sa passion pour la psychiatrie… “Nous y sommes allés, en collaboration avec des psychiatres parisiens qui travaillent depuis des années avec la structure locale, pour réaliser le devis de la salle d’attente d’une psychiatre, qui a ainsi pu superviser les plans.”

“Continuer coûte que coûte l’action de Codegaz”

Une fierté pour Véronique Lartaud et ses camarades, bénévoles d’une association trentenaire, dont l’avenir repose sur leur engagement et sur les financements qu’ils parviennent à obtenir. “Nous allons continuer coûte que coûte l’action de Codegaz. Il est impossible de faire table rase du passé, de notre historique. Nous avons des projets, des bailleurs de fonds nous suivent, car nous sommes utiles et reconnus pour notre savoir-faire.”

Et comme pour mieux convaincre les plus réfractaires à la solidarité et entraîner aussi les plus timorés vers l’engagement, elle se souvient de cette mission menée en 2016 à Notsé, au sud du Togo, “une région pas évidente”, lorsque l’équipe a trouvé de l’eau pour alimenter un orphelinat : “après un travail harassant et une première expérience infructueuse, nous avons demandé la permission à notre superviseur en fonction du budget du projet, finalement accordée, d’effectuer un deuxième forage. Et là, à 100-120 mètres de profondeur, nous sommes enfin tombés sur un débit d’enfer ! Tout le monde s’est mis à danser… Les femmes en ont tout de suite profité pour faire la lessive. Ce fut un grand moment ! C’est ça, aussi, la richesse du bénévolat et le sens de la solidarité, basé sur le respect, la rencontre et le mélange des cultures.”

En mai 2016, les bénévoles de Codegaz, l’équipe locale de forage et les habitant·es de Notsé, au sud du Togo, célèbrent le jaillissement de l’eau, destinée à alimenter l’orphelinat et l’école de la communauté religieuse voisine. ©Véronique Lartaud/Codegaz


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Fondée en 1989 par des salariés de Gaz de France, Codegaz est une association apolitique et aconfessionnelle d’aide au développement sans but lucratif, reconnue d’utilité publique. L’action de Codegaz est multidomaine (accès à l’énergie, à l’eau et à l’assainissement, accès à la santé et à l’enseignement, lutte contre la malnutrition…) et s’attache à rendre les bénéficiaires autonomes dans le temps.

Vous pouvez contribuer à l’action de Codegaz à divers niveaux : faire un don, mais aussi adhérer et/ou vous engager bénévolement auprès de l’association.

Contacter l’association : contact@codegaz.org / 06 61 65 95 50
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Site Internet
: www.codegaz.org

 

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