Voiture électrique : EDF, entreprise d’avenir ?

Pour développer la mobilité électrique, EDF compte sur la conversion de son parc automobile d’ici à 2030, et l’installation de bornes de recharge via sa filiale Sodetrel. ©EDF/Jean-Lionel Dias

En décembre dernier, le groupe EDF annonçait qu’il allait convertir la majeure partie de sa flotte automobile à l’électrique d’ici à 2030. Une première en France, qui s’inscrit dans un mouvement mondial. Et qui permet à EDF de valoriser sa filiale Sodetrel et ses bornes de recharge rapides.

Une première en France. En décembre dernier, le groupe EDF annonçait son adhésion à l’initiative EV100 portée par l’association américaine The Climate Group. Ce faisant, EDF s’engage, d’abord en France puis dans le monde, à convertir l’ensemble de sa flotte automobile (en dessous de 3,5 tonnes) à l’électrique d’ici à 2030. Ce qui va dans le sens d’un mouvement largement engagé au niveau mondial, EDF rejoignant des entreprises comme Ikea ou Deutsche Post DHL.

Les flottes d’entreprises représentent un enjeu décisif dans la perspective d’une conversion massive à la motorisation électrique. En France, elles pèsent un peu plus de 30 % des nouvelles immatriculations annuelles, soit 801 828 véhicules vendus en 2017. Dans ce marché en forte croissance, la part des véhicules électriques reste très faible : 11 811 véhicules seulement en 2017 (ainsi que 18 766 hybrides). Mais le chiffre a bondi de 25 % en un an.

Un rôle de levier

Cette progression est scrutée de près par les constructeurs automobiles pour deux raisons. D’une part, les commandes d’entreprises portent le plus souvent sur des volumes importants de véhicules, anticipés des années à l’avance, et régulièrement renouvelés. Les grands groupes gardent rarement leurs véhicules plus de trois ou quatre ans, sachant d’expérience que le coût de l’entretien devient par la suite prohibitif. D’autre part, la conversion de grandes entreprises à la motorisation électrique pourrait jouer un rôle de levier, les salariés qui se sont habitués à rouler électrique au travail choisissant ensuite cette motorisation pour leur véhicule personnel. Comme l’écrit The Climate Group, “en définissant leurs futurs besoins d’achat de véhicules électriques sur une échelle de temps ambitieuse, les entreprises peuvent conduire le déploiement de masse et rendre les véhicules électriques plus rapidement abordables dans le monde entier”.

“Nous croyons à la place et au développement de la mobilité électrique dans les villes et les territoires. Pour nous, rejoindre l’initiative EV100, c’est la démonstration de cette conviction.”
Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF (source).

Pour les entreprises, le passage de la flotte de véhicules à l’électrique est souvent une bonne affaire. Différentes aides fiscales, dont l’exonération de la taxe sur les véhicules de société, y incitent. Les considérations d’image entrent aussi en jeu : dans une période où, en particulier dans les jeunes générations, la sensibilité à la lutte contre la pollution de l’air et à la réduction de l’empreinte carbone va croissant, afficher son choix de la motorisation électrique peut aider à recruter de jeunes diplômés. Ajoutons que les coûts d’entretien du véhicule électrique sont inférieurs à ceux des véhicules essence ou diesel, du fait de l’absence de système d’alimentation en carburant, de circuit de refroidissement ou de pièces d’usure comme les filtres et les bougies, ce qui fait que le surcoût à l’achat, lié au prix des batteries, est vite compensé.

L’autonomie en question

Un bémol cependant, l’autonomie, qui reste limitée : 300 kilomètres pour la Zoé de Renault, modèle le plus vendu en France, et moins de 200 kilomètres pour l’utilitaire Kangoo ZE. On imagine mal un livreur ou un technico-commercial, qui parcourt chaque année plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de client en client, rouler à l’électrique.


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Le verrou qui bloque le développement du véhicule électrique reste donc toujours le même, qu’il s’agisse des flottes d’entreprises ou des véhicules particuliers : l’autonomie et la densité du réseau de points de recharge. Et c’est sans doute là que le groupe EDF joue une carte précieuse. En convertissant sa flotte d’entreprise à l’électrique, il valorise du même coup son offre en matière de bornes de recharge en moins d’une demi-heure proposée par sa filiale Sodetrel, qui a notamment mis en service 200 bornes sur les autoroutes françaises. Soit une tous les 80 kilomètres… ce qui commence à se rapprocher de la densité du réseau des stations-service.

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