Zoom sur l’étiquetage alimentaire

CMCAS Strasbourg-Sélestat-Camieg : Ateliers Prévention Santé-Nutrition. Encadrés par Mélanie Le Morzédec, diététicienne nutritionniste à Strasbourg © Elise REBIFFE

“Ma santé au menu” : la CMCAS Strasbourg-Sélestat et la Camieg décryptent les étiquettes avec Mélanie Le Morzédec, diététicienne nutritionniste à Strasbourg © Elise Rebiffé/ccas

Comment s’y retrouver dans la jungle des informations apposées sur les emballages alimentaires ? C’était l’objet de l’atelier intitulé « Mes étiquettes à la loupe », organisé le 25 mai dernier par l’antenne Alsace de la Camieg et la CMCAS Strasbourg-Sélestat. Une douzaine de bénéficiaires participant au cursus « Ma santé au menu » ont appris à décrypter les étiquettes et à démêler le vrai du faux.

« Arômes naturels de fruits » ; « sans sucre ajouté » ; « 0% de matières grasses » ; « riche en fibres » ; « sans OGM » ; « sans huile de palme » ; « source de calcium » ; « light » ; « sans colorant ni conservateur »… Autant de formules fleurissant sur les emballages qui influencent nos achats mais brouillent notre capacité à évaluer les qualités nutritionnelles des aliments. Réelle information ou véritable arnaque ? Autour de la table, dans les locaux de la CMCAS Strasbourg-Sélestat, une douzaine de ses ressortissants, inscrits au stage “Ma santé au menu”(1), examinent les paquets de différentes denrées manufacturées : yaourts, gâteaux, soupes, viande, charcuterie, plats préparés… Entre les produits allégés en sucre ou en graisse, ceux enrichis en vitamines et minéraux, les aliments « miracles » qui réduisent le taux de cholestérol et ceux promettant vitalité, bien-être et même beauté, comment faire la part des choses ?

Les sept ateliers « Ma santé au menu » proposés par la Camieg (Caisse d’assurance maladie des Industries Electrique et Gazière), en collaboration avec la CMCAS Strasbourg-Sélestat, s’inscrivent pleinement dans ses missions de prévention et d’éducation sanitaires. « Notre objectif vise à amorcer en douceur des changements d’habitudes alimentaires. Pendant ces ateliers, avec l’aide d’un expert, nous fournissons des éléments de connaissance à nos assurés afin qu’ils choisissent en toute connaissance de cause de se nourrir plus sainement », explique Valérie Vetter, chargée de projet prévention santé à l’antenne Alsace de la Camieg.

L’éducation à une alimentation équilibrée commence par le décryptage de l’étiquette et la fameuse déclaration nutritionnelle(2). « Soyez vigilants ! », recommande Mélanie Le Morzédec, nutritionniste qui anime les ateliers. Elle attire l’attention sur ces cartons d’emballage tous plus aguichants les uns que les autres, dont les slogans font miroiter un produit savoureux, excellent pour la santé, de grande qualité et bien sûr fabriqué dans le respect de l’environnement et du bien-être animal. Pas facile néanmoins de passer outre ces arguments de vente fallacieux, qui masquent des informations diététiques, elles, essentielles. Car, en y regardant de plus près, la nourriture transformée ne présente pas souvent les qualités promises sur le conditionnement.

Décryptage d'étiquettes. CMCAS Strasbourg-Sélesta et Camieg : Ateliers Prévention Santé-Nutrition. Encadrés par Mélanie Le Morzédec, diététicienne nutritionniste à Strasbourg © Elise REBIFFFE

Décryptage d’étiquettes © Elise Rebiffé/ccas

Pour devenir un consommateur lucide et avisé, mieux vaut savoir déchiffrer les renseignements notés sur l’étiquette. « Quand vous faites vos courses, vous lisez les étiquettes de chaque produit que vous achetez ? », s’amuse Charles Heintz, agent retraité. « Evidemment non, concède la diététicienne. Mais je les regarde attentivement à la maison. » L’atelier de ce jour, intitulé « Mes étiquettes à la loupe », a pour ambition d’apprendre aux participants à se repérer dans le flot d’informations parfois contradictoires, et aussi de leur donner des astuces pour ne pas se laisser abuser. « Je ne suis pas là pour vous culpabiliser ! assure la diététicienne. Juste pour vous aider à comprendre ce que contiennent les produits industriels que vous consommez. »

Rappelons que l’étiquette, obligatoire et réglementée, contient de précieuses indications sur la nature et la composition de l’aliment (protéines, lipides, glucides…) signalé dans le tableau nutritionnel. Il s’avère donc utile, voire indispensable, d’examiner la liste des ingrédients (qui doit être exhaustive) afin de connaître ses caractéristiques nutritionnelles. En clair, de savoir exactement ce que l’on ingurgite. « Grâce au stage, je fais un peu plus attention à mon alimentation. Quant aux étiquettes, je serai plus attentive désormais », promet Claudine Schwinte, couturière de 51 ans.

« Qu’en est-il des plats préparés ? », interroge Monique Riegert, agent EDF. « A proscrire ! s’exclame la diététicienne. Les matières premières sont gonflées de sel et d’eau pour augmenter le poids au kilo, donc le prix… » Pour manger équilibré, mieux vaut cuisiner soi-même, et avec des produits biologiques ou issus de l’agriculture raisonnée. Les arnaques sont légion dans l’industrie alimentaire qui tronque sciemment la réalité sur la provenance et la transformation des marchandises. Les plus fréquentes résident sans doute dans les denrées dites naturelles ou allégées. « Quand on parle de produit allégé, ça ne concerne qu’un seul ingrédient : le sucre ou la matière grasse. Si on diminue le sucre, on compensera par de la graisse ou des additifs », prévient Mélanie Le Morzédec. « Moins il y a d’ingrédients dans un produit, moins il a été trafiqué ! » résume Marie-Thérèse Link, venue avec Pierre, son mari, agent EDF en retraite.

Décryptage d'étiquettes. CMCAS Strasbourg-Sélesta et Camieg : Ateliers Prévention Santé-Nutrition. Encadrés par Mélanie Le Morzédec, diététicienne nutritionniste à Strasbourg © Elise REBIFFFE

Décryptage d’étiquettes © Elise Rebiffé/ccas

S’il y a un message à retenir, c’est celui-là. Marie-Thérèse et Pierre ont répondu à « l’invitation de la Camieg » et s’en disent très satisfaits. « A chaque fois, nous avons appris quelque chose. Nous cultivons notre potager. Mais après la maladie de Pierre, on voulait savoir si on mangeait sainement », raconte le couple. Anne Schwartz, agent gestionnaire en contentieux à Electricité de Strasbourg, s’étonne et regrette qu’il y ait aussi peu d’actifs. « Je suis venue chercher des conseils, des recettes pour améliorer mon quotidien. C’était super-intéressant et très instructif ! », assure-t-elle. « Nous sommes venus avec l’idée d’apprendre à mieux nous nourrir, à ne pas grossir et à rester en pleine forme », annoncent Marie et Jérôme Fritz. « Jusqu’à présent, je ne m’intéressais pas aux étiquettes. Mais maintenant, je vais lire attentivement le tableau nutritionnel, affirme Jérôme, retraité d’Electricité de Strasbourg. J’ai mesuré la perfidie avec laquelle l’industrie alimentaire abuse les consommateurs. »

Pour clore la séance, les participants sont invités à déguster un marbré industriel et un fait maison. D’emblée, la succulente odeur de chocolat du cake artisanal échauffe les papilles. A l’unanimité, il remporte les suffrages. Un plat cuisiné maison sera toujours plus succulent et plus sain qu’un plat industriel !

 

(1) « Ma santé au menu », cursus s’articulant autour de l’alimentation, comprenait sept ateliers qui se sont déroulés, de janvier à juin, dans les locaux de la CMCAS Strasbourg-Sélestat. Le stage était organisé par l’antenne Alsace de la Camieg pour les bénéficiaires de la CMCAS locale. Avec le soutien de la Draaf (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la Forêt Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine), « Ma santé au menu » a obtenu le label « Notre modèle a de l’avenir » du Programme national pour l’alimentation.

(2) La déclaration nutritionnelle, souvent présentée sous forme de tableau, contient des informations obligatoires telles que : la valeur énergétique en Kj ou Kca, la quantité de matières grasses et d’acides gras saturés, la quantité de glucides et de sucres, la quantité de protéines, la quantité de sel. A partir de décembre 2016, une nouvelle réglementation sera mise en place : tous les emballages alimentaires devront présenter le même tableau nutritionnel dans les pays de la Communauté européenne.

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