Une journée d’étude organisée le 22 octobre par l’Institut d’histoire sociale Mines-Énergie (IHSME) a permis de revenir sur les origines, l’évolution et l’actualité du « par et du pour ».
« En 1946, nous avions de l’argent – grâce au 1 % – et des bâtiments, issus de la nationalisation des œuvres sociales des anciennes sociétés privées. Ne manquaient que des hommes et des femmes. C’est ainsi qu’est née l’idée que les Activités Sociales seraient prises en charge par les électriciens et gaziers eux-mêmes« , résume Pierre Rumeau, président de la CCAS de 1980 à 1990. Le Conseil central des œuvres sociales (CCOS, ancêtre de la CCAS), qui se met en place durant l’année 1947, a en effet besoin, et vite, d’un important personnel spécialisé pour mettre en œuvre ses ambitions : animateurs sportifs, moniteurs, directeurs de centre… Mais, dans la France ravagée de l’après-guerre, aucune formation ne prépare à ces métiers. La seule solution est donc que le personnel d’EDF et GDF organise lui-même sa propre formation pour assurer ces tâches, ce qui est fait dès juillet 1947 dans un château de Bouray-sur-Juine (Essonne).
« J’avais besoin que mon travail soit en rapport avec mes valeurs »
Contrainte liée aux circonstances, le choix d’activités sociales organisées par le personnel est aussi une volonté politique, visant à donner à chacun la possibilité de prendre des responsabilités, de s’émanciper à travers la formation et le travail. Le colloque a été l’occasion d’entendre les émouvants témoignages de deux femmes que des décennies séparent.
« Les Activités Sociales ont donné un sens à mon travail à GDF. Quand je revenais dans l’entreprise, je ne voyais plus mon travail comme avant car, dans les Activités Sociales, j’avais appris à être pleinement responsable« , a raconté Françoise Ferrari, en inactivité depuis vingt-six ans après un long et riche parcours dans les Activités Sociales.
Quant à Christelle Lévy-Robert, la quarantaine, elle ne trouvait plus de sens à son métier de conseillère clientèle chez EDF il y a quelques années. « J’avais besoin que mon travail soit en rapport avec mes valeurs. Or j’éprouvais un sentiment de vide« , a-t-elle expliqué. Elle est sortie de cet état d’esprit en s’engageant dans une série de formations liées aux Activités Sociales, en commençant par celle de monitrice éducatrice.
« ‘Le par et le pour’ est toujours resté un objectif, et pas forcément une réalité très ancrée »
Les intervenants au colloque ont plusieurs fois souligné que les détachements d’agents vers les Activités Sociales sont de plus en plus rares, tout en refusant la nostalgie d’un âge d’or qui n’a jamais existé. « ‘Le par et le pour’ est toujours resté un objectif, et pas forcément une réalité très ancrée« , a rappelé Michèle Rioland, présidente de l’Institut d’histoire sociale Mines-Énergie.
Selon Anthony Juan, « évoquer la montée de l’individualisme dans la société et l’élévation du niveau de qualification des agents des IEG pour expliquer les difficultés à faire vivre ‘le par et le pour’ est juste, mais insuffisant”. L’actuel président de la CCAS a invité la trentaine de participants à la journée à « faire en sorte que [les] Activités Sociales fassent briller les yeux de tous les bénéficiaires, comme elles le font déjà souvent« . Un prochain numéro des « Cahiers de l’Institut d’histoire sociale Mines-Énergie » rendra compte de l’ensemble des travaux de ce riche colloque.
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