En août, à Ramondens (Aude), les enfants des agents ont côtoyé des enfants accompagnés par le Secours populaire : ceux-ci étaient accueillis dans le cadre d’un séjour Village Copains du monde, notamment de jeunes Salvadoriens et Malgaches. Un moment propice pour rencontrer et découvrir l’autre.
Le château de Ramondens, situé au pied de la montagne Noire, dans le sud du Tarn, a tout de l’endroit d’où l’on ramènera de formidables souvenirs de colo. Non seulement le bâtiment de pierre a fière allure avec son donjon et sa tourelle, mais le parc ombragé d’arbres majestueux, où pâturent une douzaine de chevaux, s’offre comme un terrain de jeux idéal.
En cette semaine de la mi-août, 74 jeunes de 9 à 17 ans vivent les derniers moments de leur séjour dans ce site. La plupart suivent l’un des séjours thématiques proposés par la CCAS : « Évasion équestre », « Aventures dans les arbres », « Cré-Action » (autour de la musique) ou encore « Village Copains du monde ». Parmi eux, une vingtaine de jeunes, dont huit venus de l’étranger, sont accueillis par le biais du Secours populaire, partenaire de longue date de la CCAS. Bien souvent, pour eux, il s’agit de la première colo.
Colo 12-14 ans à Ramondens, dans l’Aude, août 2026. ©Philippe Marini/CCAS
Sensibiliser aux droits de l’enfant
Dans l’après-midi du 13 août, tous les jeunes sont réunis pour un grand jeu sur le thème des droits de l’enfant. Répartis en petites équipes, ils participent à des épreuves ludiques très diverses. Cela va d’un quiz sur les gestes du secourisme à une initiation au cécifoot (handisport adapté aux personnes non voyantes) ou à une séance de théâtre-forum sur la lutte contre les discriminations. Sans oublier des activités plus créatives comme un atelier de chanson. À chaque fois, il s’agit de reconnaître quel droit de l’enfant est abordé : droit à l’expression, droit à l’alimentation, droit à la santé, etc. Ce parcours est un excellent moyen pour que les jeunes se mélangent encore plus, qu’ils soient petits ou grands, jeunes de France ou étrangers.
C’est ainsi qu’au fil de moments du quotidien les enfants ont fait connaissance et que se sont intégrés les quatre jeunes Malgaches accompagnés par Yvon Razafimanjato, de l’association Les Enfants de Madagascar, et les quatre jeunes Salvadoriens, venus grâce à la coopérative Canasta Campesina, représentée par Diana Noelia Vasquez Deléon. Les moments informels tout comme les activités partagées ont créé des rapprochements, entre autres le foot, la piscine ou la grimpe dans les arbres – laquelle requiert que chacun soit assuré par une corde tenue par un camarade.
Colo 12-14 ans à Ramondens, dans l’Aude, août 2026. ©Philippe Marini/CCAS
« On voyage un peu, sans se déplacer »
Pourtant, il n’est pas toujours facile de se comprendre, notamment quand la langue fait obstacle, comme c’est le cas avec les jeunes Latino-Américains. Il faut donc souligner l’initiative des jeunes français : au cours d’une de leurs réunions, ils ont décidé de se charger de traduire les menus et la signalétique du lieu. Il leur tenait à cœur, en effet, d’offrir des repères à leurs petits camarades non francophones. Ils n’ont pas épargné leurs efforts pour que ces informations soient affichées en quatre langues : espagnol, malgache, arabe et français.
Tim, 17 ans, qui vit sa dernière colo, ne parle pas espagnol. Pour autant, il a apprécié la présence des enfants étrangers : « Je n’ai pas pu avoir de conversation avec les Salvadoriens. Pourtant, je trouve ça enrichissant de rencontrer des gens d’une autre culture. On voyage un peu, sans se déplacer », explique le jeune Lyonnais.
Aubane Saboureau, chargée de projet au Secours populaire de Toulouse, rappelle l’origine de l’initiative Village Copains du Monde : « Pour le Secours pop, c’est une manière de prolonger le mouvement Copains du Monde, qui valorise l’action d’enfants engagés dans des actions de solidarité toute l’année. En offrant des vacances à des enfants de France et d’ailleurs, le but est aussi de créer le dialogue entre les cultures et de mettre en pratique l’égalité. »
Pour les encadrants du séjour, traiter à égalité les enfants d’où qu’ils viennent constitue justement un principe clé quand ils les invitent à devenir réellement « auteurs et acteurs » de leur séjour. « Nous veillons à ouvrir des espaces où les enfants puissent se rencontrer, et nous les encourageons à prendre des initiatives, déclare Morgane Sormani, directrice du séjour. Cela dit, nous respectons aussi le caractère de chacun. Certains sont en effet solitaires ou réservés, et veulent simplement profiter de leur première colo. Ils en ont le droit ! »
Venu du Salvador, Lucas, 13 ans, a voulu partager sa passion de la peinture, qu’il pratique depuis l’âge de 5 ans. Il a ainsi animé deux ateliers de création artistique, auxquels ont participé des enfants de tous âges. De leur côté, trois jeunes filles d’origine marocaine ont tenu à animer un atelier de cuisine pour faire découvrir à leurs camarades l’art de confectionner des samoussas. Des mets dont tout le monde s’est régalé à l’heure du dîner.
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