Championnat du monde de fleuret : place aux jeux !

Le week-end dernier, les Bleus étaient à Paris pour remettre leur titre mondial en jeu©D.Delaine

Les 17 et 18 janvier 2015, les Bleus étaient à Paris pour remettre leurs titres en jeu©D.Delaine/ccas

C’était la première étape de la saison, 19 mois avant les Jeux Olympiques de Rio : les 17 et 18 janvier, les Bleus affrontaient de nouveau l’élite du fleuret mondial au stade Pierre de Coubertin à Paris. Champions du monde et d’Europe 2014, ils ont réussi à tenir leur rang. Et à faire rêver tout un stade.

C’était la première étape de la saison, au Challenge international de Paris (CIP) : l’équipe de France de fleuret masculin remettait son titre en jeu. Le CIP, ce sont 233 tireurs dont les 31 premiers du classement mondial, 40 nations, dont les puissants fleurettistes d’Italie, d’Allemagne et des États-Unis, où l’escrime est une discipline professionnelle. Les français étaient parmi les favoris, après un parcours 2014 jonché de titres et de médailles.

Une ambiance électrique

Chose rare pour ce sport peu médiatisé, dès le matin du premier jour, qui accueille l’épreuve individuelle, les tribunes sont quasi bondées. Elles ne désempliront pas le lendemain, quand ce sera le tour de l’épreuve par équipe. Toute la journée les matchs s’enchaînent inlassablement, rythmés par les encouragements et le bruit des lames qui s’entrechoquent. Alors que plane un mélange de puissants espoirs et de tension extrême, après quelques points litigieux et des soucis de matériel ajoutant à la fatigue des tireurs, chaque touche française est ovationnée, de même que chaque défaite : qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, le stade les soutient.

Bilan du week-end, les Bleus ont brillamment défendu leurs titres et ont offert du grand spectacle, qui s’est achevé avec la médaille de bronze pour Enzo Lefort, tenant du titre mondial individuel en 2014, et une quatrième place par équipes pour la France. Les françaises ont quant à elles décroché l’or et le bronze, à Gdansk (Pologne) où elles tiraient pour les mondiaux.

Entre espoir et tension extrême, les français ont fait un beau parcours®D.Delaine

Entre espoir et tension extrêmes, les français ont fait un beau parcours©D.Delaine/ccas

Fodié Diarra, préparateur physique de l’équipe depuis 2013 et élément clé de la performance des Bleus, tempère : «. On est déçus bien sûr … mais on va se remettre au travail et faire en sorte de retrouver notre place (…) notre place est en haut ! (…) Le soutien du public, c’est important. Il y a beaucoup d’enjeux, et ça aide à tenir, ça booste. Ce sont des marques d’affection et une entraide qui nous touche. C’est une belle attention et une reconnaissance. »

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Chaque fin de match voit une flopée d’enfants se ruer vers les Bleus brandissant des dizaines de programmes, photos ou gants en quête d’un autographe. Parmi eux Ninon, 10 ans, fille d’agent et en route vers le blason rouge en escrime, a non seulement chamboulé sa fête d’anniversaire mais est venue exprès de Bretagne avec son frère Axel et son père Jean-François Coulin pour le championnat.

Serré dans ses mains le livret de la Fédération Française d’Escrime, qu’elle tendra inlassablement aux tireurs après chaque match. Parmi les plus acclamés, Erwan Le Péchoux, 25e mondial, et Enzo Lefort n°3 mondial, qui malgré leur fatigue et leurs déceptions se sont prêté au jeu des photos avant de retourner aux vestiaires.

Très accessibles, les français témoignent du bel esprit de l’escrime, où les tireurs se serrent la main malgré des matchs parfois tendus. Encore inconnus sur la scène internationale en 2013, ils ont été propulsés en tête des classements mondiaux après 8 ans sans médaille. Lâchés par la presse et certains sponsors, les Bleus ont cependant pu compter sur le partenariat de leur fédération avec la CCAS, conclu en 2009.

Un partenariat qui compte

La différence avec un sponsor ? L’engagement, répond sans hésiter Enzo Lefort : « Les sponsors recherchent une visibilité et nous financent. La CCAS s’engage, participe aux événements, met en place des infrastructures [pour l’entrainement]. » Comme à Val d’Isère, où l’équipe de France au complet a pu s’entraîner et s’initier au ski au mois de décembre, juste avant le championnat. Le séjour permet aussi d’avoir l’équipe au grand complet à plein temps une semaine durant, ce qui est rare selon l’entraîneur adjoint Emeric Clos, et constitue un soutien irremplaçable : « Cela permet des échanges où l’on apprend, de faire des stages, de sortir de notre routine, on en profite. Mais on fait aussi découvrir l’escrime aux bénéficiaires. (…) Ce partenariat c’est une force. »

Les mondiaux à peine finis, les français reprennent la route des sélections pour les JO, avec un calendrier très serré : avec une prochaine compétition les 7 et 8 février à Löwe von Bonn (Allemagne), l’équipe de France doit vite récupérer et se remettre en selle. Le fleuret français revit. Comme le dit Emeric Clos : « La seule chose pour exister, ce sont les jeux. »

La Fédération Française d'Escrime a remis aux champions 2014 une arme de prestige gravée à leur nom©D.Delaine

La Fédération Française d’Escrime a remis aux champions 2014 une arme de prestige gravée à leur nom©D.Delaine/ccas

Résultats en individuel
1er: Race Imboden (USA), 2e: Daniele Garozzo (ITA), 3e: Alexander Massialas (USA) et Enzo Lefort (FRA).
Les autres français: Baptiste Mourrain 16e; Jean-Paul Tony Helissey 22e; Maxime Pauty 32e; Jérémy Cadot et Julien Mertine 38e; Guillaume Pitta 47e; Marcel Marcilloux 59e; Vincent Simon 65e; Erwan Le Pechoux 70e.

Résultats par équipes
1e: État-Unis, 2e: Italie, 3e: Russie, 4e: France, 5e: Grande-Bretagne, 6e: Allemagne, 7e: Chine, 8e: Corée.

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