Chez EDF aussi, le “boulet” du gel des salaires

Manifestation lors de l’assemblée générale des actionnaires des groupes EDF salle Pleyel à Paris, le 18 mai 2017. ©B.DeCamaret/CCAS

Comme chez Engie la semaine précédente, une intersyndicale appelait, le 18 mai, à un rassemblement lors de l’assemblée générale des actionnaires d’EDF. En ligne de mire, l’austérité salariale et les baisses d’effectifs, alors que les agents sont très sollicités par le grand carénage ou le développement des énergies renouvelables.

“On ne donne pas d’augmentation aux salariés et on continue de rémunérer les actionnaires.” Venu avec quelques collègues du CNPE de Cruas-Meysse (Ardèche), Thierry Maurot, délégué syndical CGT, a répondu à l’appel au rassemblement lancé par l’intersyndicale (FO, CFE-CGC, CGT, CFTC) pour l’assemblée générale des actionnaires d’EDF, le 18 mai à Paris. Les mots d’ordre sont les mêmes que la semaine précédente chez Engie : s’opposer au “gel du SNB et [à la] réduction des augmentations individuelles”, ainsi qu’aux “plus de 7 000 suppressions de postes” dans les Industries Électrique et Gazière.

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Heures supplémentaires et travail dans l’urgence

Au CNPE de Cruas-Meysse, “on a des baisses d’effectifs et des organigrammes par service qui ne sont pas respectés”, alors que “l’activité a augmenté”, notamment en lien avec le grand carénage, dénonce Thierry Maurot. “Cela crée des tensions, la colère monte”, assure-t-il. Cette année, à nouveau, des départs en retraite ne seront pas remplacés : “On va perdre encore une centaine de postes sur un total de 1 400 environ.” Thierry Maurot prend l’exemple du service informatique, où récemment, “sur cinq départs, deux seulement ont été remplacés”. Conséquence : “Les gens ont tendance à faire des heures supplémentaires pour compenser et on priorise les urgences, alors qu’on devrait avoir une vision de long terme.”

Sentiment partagé par Denis Lachene, représentant syndical FO, qui travaille au service recherche-développement. “EDF a un plan stratégique très ambitieux de basculement vers les énergies renouvelables, ce qui demande une recherche importante. Or, on fait avec les moyens qui restent, car on a supprimé des fonctions supports : des postes d’administratifs, de correspondants informatiques, de gestion… Ce travail se répercute donc sur les chercheurs, qui n’ont plus le temps de faire leur travail de chercheur”, résume-t-il. Il est même très inquiet : “On constate un nombre d’arrêts de travail beaucoup plus important qu’avant, des situations de burn out… On craint d’arriver à la situation de France Télécom.”

“Il faut refuser les CDI non statutaires”

Une délégation intersyndicale (CGT et FO) a été reçue par la direction d’EDF. À l’issue de l’entrevue, Philippe Page Le Merour, délégué syndical central CGT, lance que “l’électricité, produit de première nécessité, devrait être entièrement sous maîtrise publique, sans actionnaire”. Il souligne les effets pervers d’une cotation en Bourse, avec une hausse de 8 % du cours de l’action après la nomination comme Premier ministre d’Édouard Philippe et, deux jours plus tard, une baisse de 6 % lorsque Nicolas Hulot est désigné ministre de la Transition écologique et solidaire. Il prédit par ailleurs une poursuite de la mobilisation contre le gel du SNB, que la direction traînera “comme un boulet”. Il insiste aussi sur la nécessité de “refuser les CDI non statutaires”, qui, entre autres, ne donnent “pas accès à la Camieg ni aux Activités Sociales de l’énergie”. Il les estime à une cinquantaine, créés tout récemment, “essentiellement dans la maîtrise et un peu dans l’encadrement”.

“On accentue la désertification”

Rémy Scoppa, secrétaire général adjoint de FO Énergie et Mines, revient sur le gel du SNB : “Si les efforts ne sont supportés que par les agents et salariés, cela pose problème. Il faut aussi que les actionnaires et les hauts salaires de l’entreprise fassent des efforts.” Il aborde également la question des fermetures de sites : centrale de Fessenheim, barrages hydrauliques, boutiques commerciales, sites de distribution… “On accentue ainsi la désertification, ce qui joue sur l’idée de nation et de citoyenneté. On ne règle pas tout par le télétravail, il faut aussi de la présence physique”, confie-t-il.

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