Colo transfrontière : à l’assaut de la Suisse

Randonnée transfrontalière en VTT et avec ânes bâtés entre la France et la Suisse, octobre 2017. ©Joseph Marando/CCAS

Pour la première fois, des ados 15-17 sont partis de Mouthe, dans le Doubs, pour rejoindre la Suisse, lors des dernières vacances d’automne. Ils n’ont pas seulement franchi une frontière terrestre au cours de ce séjour itinérant, ils ont aussi dépassé leurs limites.

C’est à 350 mètres de la Suisse, nichés à 1 148 mètres d’altitude, que les quinze ados de la colo transfrontalière se sont retrouvés en cette soirée d’octobre. Feu de cheminée, éclairage à la bougie, à la Petite Échelle, on se croirait dans un tableau de Georges de la Tour, avec les cris et les rires en plus.

Saucisse de Morteau, limonade la Mortuacienne… dans ce restaurant-chalet, on ne déguste que des spécialités locales. Les ados y expérimentent le tourisme responsable. Le lieu est dépourvu d’électricité, de réseau téléphonique et de connexion Internet. Ce soir, ils s’installeront dans l’une des yourtes aménagées à l’extérieur, dans la pénombre de la nuit. Au centre de cette habitation typique venant de Mongolie trône un poêle chauffant la pièce circulaire. Les couleurs sont vives, chaudes, l’ambiance appelle au bien-être et à la joie. Les ados dormiront dans des dortoirs. Il y aura une yourte pour les filles, une yourte pour les garçons.

Ces jeunes âgés de 15 à 17 ans sont arrivés il y a trois jours, à Mouthe, connue comme la petite Sibérie française, en raison de ses températures extrêmement froides. Depuis, ils n’ont pas séjourné deux fois dans le même endroit. Le voyage est itinérant.

Les ados profitent de leur repas à la Petite Echelle, après une journée de marche. ©Joseph Marando/CCAS

Tous à l’abri !

“Si j’ai choisi ce séjour, c’était pour aller en Suisse. Je voulais voir la différence par rapport à la France”, explique Ambre, 16 ans. “Moi je suis venue pour les paysages”, précise Thaïs, 15 ans. Apprivoiser des endroits différents tous les soirs, il n’y a rien de mieux pour connaître une région.

Cette colo transfrontalière, c’est aussi la colo de l’aventure. Cani-rando, circuit en vélo ou à pied, l’objectif est de fournir un véritable effort. Les organisateurs souhaitent développer un esprit de groupe et permettre aux jeunes de dépasser leurs limites. La veille, ils ont dormi dans un abri de défense civile, en Suisse. “On n’avait jamais fait ça, c’est spécial”, témoigne Ambre.

Cheminer avec des ânes

L’itinérance, c’est aussi le moyen de se faire de nouveaux amis. Les jeunes vont apprendre à guider des ânes de bât pour se rendre au mont d’Or, un sommet du Jura. “Si les ânes décident de vous suivre, c’est parce qu’ils en ont envie”, explique Christian, l’un des animateurs qui organisent le séjour. Le ton est donné. Les jeunes doivent développer la confiance de ces animaux pour réussir à les faire avancer.

“Une relation, ça se construit, ça se nourrit”, énonce Christian. Finalement, apprivoiser ces animaux suppose gentillesse et don de soi. En ce matin d’octobre, les jeunes devront guider sept ânes. Parmi eux, un bébé, Gaston. Il a seize mois et ne pourra rien porter. Mais Gaston doit s’habituer à marcher avec les autres membres du groupe. Cela fait partie de son éducation.

Les jeunes profitent de leurs nouveaux amis, Léa en particulier. ©Joseph Marando/CCAS

Les premiers temps de l’échange sont décisifs. Les ados doivent préparer avec soin leurs nouveaux amis. “Vous devez tout faire pour renforcer la sympathie qu’ils peuvent ressentir à votre égard.” Première étape : le brossage. Les ânes ont pour habitude de se nettoyer avec de la boue. La brosse sera pour eux comme une caresse. Et les ados s’y prêtent avec soin. “Ils sont trop mignons !”, entend-on ici et là.

Même si certains étaient un peu impressionnés au départ, des liens se créent rapidement. Les adolescents s’attachent à ces animaux qu’ils n’ont pas l’habitude de voir. Ils sont deux ou trois maîtres d’apprentissage par animal. Le départ pour le nouveau refuge de la nuit se fait en fin de matinée. Les jeunes ramèneront leurs nouveaux amis le lendemain matin.

Sur la route, la bonne humeur est là, ça chante, ça rit. Thaïs est seule avec Bambou. “Et sinon, ça va ?” lance-t-elle à ses camarades à la traîne, comme pour les rappeler à l’ordre. Établir une relation avec ces animaux, c’est aussi finalement un moyen de se rapprocher de ses comparses humains.

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