De nouvelles énergies pour le syndicalisme

Quel sens les jeunes donnent aujourd’hui à l’engagement syndical ? Après les attentats de Paris, cinq jeunes agents expriment librement leur vision de l’engagement syndical et politique. Leur parole brute et vraie sonne particulièrement juste, et fait la jonction entre luttes syndicales, luttes sociales et politiques. 

Présentation1« Le collectif, c’est une valeur essentielle : le respect de l’autre, c’est ce qui va faire avancer la société. On ne peut pas rester enfermé, tout seul. [La force du syndicalisme, c’est] avant tout le collectif, la démocratie, le respect de l’autre ; c’est aussi le fait qu’on prône de défendre tous les salariés, sans aucune discrimination. » « Les attentats m’ont personnellement bouleversée, mais je ne suis ni plus ni moins engagée : car toutes les valeurs défendues (…) ont toujours été évidentes. Même si aujourd’hui ces valeurs sonnent de façon très particulière et très juste. Les valeurs [comme] le respect, l’égalité, lutter contre toutes les discriminations (l’amalgame peut être si facile…), la solidarité, la liberté d’expression et d’information, la liberté de penser… il faut bien évidemment les rappeler, mais je pense que cela se situe dans la continuité de l’action qu’on mène tous les jours. »

Kévin« Aujourd’hui il faut pouvoir se réunir pour être plus fort, avoir chacun ses convictions pour pouvoir avancer ensemble. [Les valeurs du syndicalisme], c’est la démocratie, le fait que chaque personne puisse exprimer son point de vue, son choix, ses idées. (…) C’est facile de parler aux gens qu’on connait bien. Simplement aujourd’hui je découvre beaucoup d’autres personnes, et cela permet de faire des rencontres, de discuter, de partager ses opinions, et d’avancer. » « Il faut continuer à défendre la liberté de la presse, la liberté de penser, et surtout, suite à ces derniers événements, combattre encore et de nouveau le racisme »

MohamedLes valeurs du syndicalisme, c’est de « !pouvoir défendre les plus démunis, les moins favorisés, ou les nouveaux entrants qui ne connaissent pas forcément leurs droits, mais aussi leurs devoirs… On vit dans une société qui est très “connectée”, donc quelque part, on cultive l’individualisme. Adhérer à un syndicat permet de sortir de cet anonymat, de sortir de ce monde virtuel pour le réel. !» « !Suite à ces événements malheureux, on a assisté à un vent de solidarité, d’union, nationale et internationale, ce qui pour nous, les organisations syndicales, est un vrai signe d’encouragement pour les valeurs que nous défendons, car l’union fait la force. !»

Romain« !Je suis content d’avoir autour de moi des gens différents. Au syndicat, tu viens avec tes idées, ta façon d’être, et il y a très peu de barrières. » « On n’est pas tous compatibles. Il faut savoir laisser les gens vivre avec leurs choix, tant qu’ils ne cherchent pas à les imposer. (…) Mais vivre ensemble avec de l’injustice, ça ne peut que se passer très mal. Avec une égalité, où “un égale un”, on peut vivre ensemble. Si demain il n’y avait moins d’inégalité et d’injustice, les gens n’auraient plus rien à se reprocher ! » « La radicalisation, ce sont des gens qui n’ont plus d’espoir !» « L’école t’apprend les bases. Mais pour m’émanciper intellectuellement, avoir un esprit critique, pour apprendre au niveau humain et sur moi-même, je suis passé par la lecture, par les collègues du syndicat qui ont une certaine culture. Ça passe aussi par la rencontre avec des collègues en souffrance, ça apprend simplement à être plus humain! »

AdilSuite aux attentats, « les valeurs à réaffirmer ? En premier, la tolérance : il faut remettre la tolérance au centre, et comprendre qu’on n’est pas au centre du monde. Le problème c’est d’abord que les terroristes n’ont pas toléré les caricatures. La solidarité ensuite, qui s’est exprimée dimanche [lors de la marche républicaine, à Paris]. Mais il ne faut pas que cela conduise à des lois liberticides. Enfin, la liberté d’expression. Ce sont des valeurs qui sont au principe de ce qu’on défend. (…) Mais ceux qui étaient militants le resteront, ceux qui ne l’étaient pas ne le deviendront pas.» « La lutte des classes c’est une réalité. Ça n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui. Donc non, le syndicalisme n’est pas ringard, c’est d’actualité, et j’espère que ça va rester d’actualité pendant longtemps. »

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