Éducation populaire, mode d’emploi

Le 7 octobre dernier, l’institut de formation des Activités Sociales tenait son assemblée générale et organisait un débat sur le thème de l’éducation populaire. Ici, colo 9-11 ans “Mets les voiles” à Capbreton (Landes), été 2019. ©Pierre Charriau/CCAS

En quoi l’éducation populaire peut-elle changer la société ? C’est la question posée lors de la table ronde clôturant l’assemblée générale de l’Iforep, l’institut de formation des Activités Sociales, le 7 octobre dernier au siège de la CCAS, à Montreuil.

“L’éducation populaire est intimement liée à la question sociale. Au regard du contexte actuel, nous devons permettre l’émergence de discours alternatifs”, déclare Edward Lépine, président de l’Iforep, institut de formation créé en 1972 par la CCAS et le Comité de coordination des CMCAS.

Entouré d’une chercheuse, d’une formatrice et d’un musicien, l’élu s’exprime à l’occasion d’une table ronde organisée à l’issue de l’assemblée générale annuelle de l’institut. Le thème ? “L’éducation populaire dans un contexte de transformation sociale.”

Les mouvements populaires qui ont émergé dans notre pays ces dernières années (gilets jaunes, manifestations pour le climat, Nuit debout, zones à défendre…) ont démontré qu’il y avait un réel désir de redonner du sens à la démocratie en s’appropriant l’espace public afin de repenser collectivement les aspirations et les objectifs de la société.

Malgré cet engouement, l’éducation populaire souffre d’un cruel manque de moyens et les pouvoirs publics peinent à apporter des réponses efficaces aux attentes des citoyens. Dès lors, comment accompagner ces aspirations et les rendre fécondes ?

“Résister au discours imposé”

Trois des quatre intervenants du débat (de dr. à g.) : Edward Lépine, président de l’Iforep, Bénédicte Blanpied, formatrice socio-éducative à l’Iforep, et Léa Laval, doctorante en sciences de l’éducation. ©Charles Crié/CCAS

Cette interrogation n’est pas nouvelle à l’Iforep, organisme qui forme notamment depuis près d’un demi-siècle les équipes d’animation des colos CCAS. Edward Lépine rappelle aussi l’engagement constant de la CCAS, premier programmateur culturel de l’Hexagone, en faveur de l’éducation populaire. Il rend hommage à René Le Guen, ancien président de la CCAS et fondateur de l’institut de formation, dont l’une des grandes ambitions était de favoriser l’émancipation des salariés des Industries électriques et gazières.

“L’éducation populaire consiste à résister au discours imposé, qui tente de nous persuader que le système capitaliste est le seul qui vaille. En investissant le champ de l’éducation populaire, on est en mesure d’offrir une autre vision de ce que pourrait être la société” poursuit le président de l’Iforep.

Mais, au fait, qu’est-ce réellement que l’éducation populaire ? “C’est l’ensemble des pratiques qui permettent de mieux comprendre les mécanismes régissant la société et de se doter des outils critiques nécessaires pour remettre en question les discours dominants”, répond Léa Laval, doctorante en sciences de l’éducation à l’université Paris-VIII, citant une consœur.

Être ensemble, c’est politique !

Les arts constituent un champ privilégié de la critique sociale, comme le montre la présence à cette table ronde de Bernard Lubat, contempteur de la “musique industrielle” et de “l’uniformisation culturelle.” Le musicien revient sur la formidable aventure qui l’a conduit à créer il y a plus de quarante ans le festival Uzeste musical, partenaire de la CCAS, dans son village natal de Gironde.

Avec sa “compagnie transartistique de divagation”, fondée en 1976, Bernard Lubat prône et pratique l’éducation populaire artistique auprès de publics éloignés de la culture.

Pour Bénédicte Blanpied, formatrice socio-éducative et animatrice socioculturelle, l’éducation populaire est avant tout une affaire collective. Selon elle, les responsables de colos sont en première ligne pour la faire vivre.

Elle salue l’initiative Construis ta colo, lancée cette année par les Activités Sociales, qui permet aux 15-17 ans de décider ensemble du programme et de la destination de leur séjour. “Il faut avant tout favoriser le plaisir d’être ensemble. En soi, c’est déjà quelque chose de fort politiquement”, insiste-t-elle.


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mediatheque

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