En route pour la colo : au cœur du convoyage

Les enfants sont accompagnés de la gare de l’Est à la gare de Lyon, à Paris. ©E.Raz/CCAS

En 2016, près de 22 000 enfants âgés de 6 à 14 ans ont été accompagnés par des agents bénévoles jusqu’à leur colo. Pour la CCAS et les CMCAS, le convoyage est un long travail d’organisation. Pour les enfants, il est synonyme de début des vacances. Reportage le 12 février avec un groupe d’enfants accompagnés par deux bénévoles de la CMCAS de Charleville-Mézières jusqu’au centre de vacances de Mouthe, dans le Jura.

9h40, au cœur des Ardennes. Le hall de la petite gare de Charleville-Mézières (Ardennes) est encore bien calme. Un petit garçon attend avec sa maman. Il a 10 ans et s’appelle Corentin. “Je me suis levé tôt pour le voyage. Je suis content même si j’ai un peu peur de quitter ma maman”, confie-t-il. C’est la première fois qu’il va en vacances sans ses parents. Levé depuis 6h45, il est impatient de partir.

Un long voyage, c’est ce qui attend ces jeunes âgés de 9 à 11 ans. Mais le jeu en vaut la chandelle. À la clé : une semaine de colo où les enfants vont skier et s’amuser. Ils seront sept à commencer leur voyage à Charleville-Mézières. D’autres les rejoindront à Reims, puis à Paris. Ils se rendent à Mouthe. Ce village du Doubs est connu pour être le plus froid de France. On l’appelle “la petite Sibérie”.

10 heures. Les convoyeurs, qui accompagnent le groupe, commencent leur mission. Mais elle ne peut débuter sans les précieux gilets bleus de la CMCAS. Leur première tâche : accueillir les parents et leur faire signer la prise en charge. Les convoyeurs sont désormais responsables des enfants.


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Des retrouvailles en gare

Ce matin, il y a ceux qui s’en vont pour la première fois, mais il y a aussi les habitués. Et la colo est l’occasion de se retrouver. Aurélien a appelé son ami Matthieu qu’il a rencontré il y a quelques années, grâce à la CCAS. “Quand il a su que Matthieu était de la partie, mon fils était encore plus heureux de se rendre à Mouthe”, explique son père, Loïc. Aurélien part depuis qu’il a 5 ans. “Il a attrapé le virus des colos”, rajoute Loïc.

Durant le trajet en TGV, les enfants s’amusent avec leurs smartphones. ©E.Raz/CCAS

“On est voisines et déjà copines. On se connaît depuis qu’on a 3 ans”, racontent Lou, 9 ans, et Manon, 10 ans. Lou est l’une des plus jeunes enfants convoyés aujourd’hui. C’est la première fois qu’elle fait un convoyage : “Je n’ai pas peur de m’ennuyer. J’ai pris de quoi m’occuper et je vais me reposer.” Et ce long voyage ne l’effraie pas : “Je suis aussi rassurée car il y aura des copines avec moi et les convoyeurs vont m’aider à m’organiser.”

Thomas Zanelli, président de la SLVie Ardennes Sud, est aussi présent à la gare. Pour lui, le convoyage est fondamental : “Ce n’est pas donné à tous les enfants d’aller en colo. On doit absolument conserver la richesse du convoyage.” Vu le contexte actuel, sa motivation est d’autant plus grande : “Quand on voit toutes les réformes et les restrictions budgétaires, c’est assez inquiétant. Mais on va se battre.”

Les premiers trains

Il est déjà temps de se dire au revoir. François, le convoyeur responsable, rappelle la troupe à l’ordre : “Bon, on ne va quand même pas rater le train !” s’exclame-t-il. La famille de Manon est triste de la voir partir. Pour Elisa, se séparer de sa grande sœur s’annonce très difficile. Manon essaie de la consoler : “Tu pourras aller dans ma chambre et même jouer avec ma Nintendo DS.” Côté parents, il est parfois aussi difficile de couper le cordon. “C’est important que les enfants vivent des expériences seuls, ça les fait grandir”, selon Laurent, le papa.

Premier train. Direction Reims. Les convoyeurs s’assurent que tous les jeunes sont présents. Malgré tout, François n’est pas stressé : “Cela fait trente ans que je fais ça. Je n’ai pas d’appréhension. Je me propose à chaque fois.” Le deuxième convoyeur, Jean-François, est également serein. Il a conscience de l’importance de sa mission : “C’est sûr que la responsabilité est grande. Les parents nous confient leurs enfants. C’est à nous de les accompagner en toute sécurité.”

À peine assise, Lou envoie déjà un texto à sa maman : “Elle est rassurée de savoir que je suis bien installée dans le train.” Ce premier trajet est la première occasion de se rapprocher. Jeux de cartes, coloriage, musique, les amitiés commencent à se nouer.

Une heure plus tard, premier arrêt à Reims. Trois autres enfants rejoignent le groupe. En descendant sur le quai, on retrouve l’équipe de la CMCAS de Reims et les parents. Mais il faut déjà remonter dans un autre train vers Paris. “Il faut être très vigilant quand on change de train”, raconte Jean-François.

Paris, transit en gare

12h30, arrivée à Paris Gare de l’Est. Marylin et Cécile, bénévoles d’une CMCAS parisienne, attendent au bout du quai. Elles doivent accompagner la petite équipe jusqu’aux véhicules de transit. Paris est une étape importante du convoyage. Les transits entre les gares cristallisent une angoisse pour des parents qui ne sont pas habitués à la capitale. “Je m’inquiète un peu au niveau des changements à Paris”, confiait une maman ce matin, en gare de Charleville-Mézières. “Mais j’ai confiance dans les accompagnateurs.”

Tout est organisé à la minute près. Deux véhicules attendent les enfants et leurs accompagnateurs pour se diriger vers la gare de Lyon. Le trajet permet à tous de profiter de la ville Lumière. Une nouvelle étape est passée. En gare de Lyon, Manon s’enthousiasme : “Le trajet était trop bien, c’était classe, je finis d’envoyer un message à ma mère pour lui dire.”

Le dernier trajet

13h30. Dans le train pour Frasne, dans le Jura. Les lourdes valises sont rangées, c’est le moment de manger et de se détendre. Les convoyeurs aussi peuvent souffler. “Elle est pas belle, la vie !” s’amuse François, un sandwich bien mérité à la main. Une bonne partie du trajet a déjà été faite.

Les 16 enfants qui s’apprêtent à vivre leur colo sont désormais réunis. Ils ne pouvaient pas être plus nombreux, sinon il aurait fallu trois accompagnateurs. Partagés entre fatigue et excitation, les jeunes parlent, mangent des bonbons ou s’amusent à faire des ombres chinoises.

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16h30. Gare de Frasne. C’est bientôt la fin du voyage. Plusieurs bus de la CCAS attendent. Le temps de prendre une dernière photo. Les enfants commencent à discuter de l’attribution des chambres. Qui va dormir avec qui ?

Dernière étape : le bus qui va vers Mouthe. Des petites parcelles de neige apparaissent çà et là sur le trajet. Corentin est émerveillé : “il y a de la neige partout, je veux habiter là.” Arrivés au centre, les enfants sont étrangement calmes. Contents d’être au pied des pistes, ils aimeraient déjà aller skier. François remet les carnets sanitaires au moniteur. La mission des convoyeurs est terminée pour aujourd’hui, ce sont désormais les moniteurs qui sont responsables des jeunes.

Mais ce n’est pas encore fini pour les enfants. Ils doivent monter leurs valises dans leur chambre, avec l’aide des moniteurs. Toute l’équipe peut ensuite profiter d’une collation. Pour les convoyeurs, le repos sera de courte durée. Demain, ils repartent à Charleville-Mézières. François et Jean-François traverseront à nouveau la France vendredi prochain. Ils viendront chercher la petite équipe pour leur trajet de retour.


Le convoyage, une organisation titanesque pour la CCAS

Environ 22 000 enfants convoyés, 2 300 convois et plus de 6 000 convoyeurs bénévoles… voilà ce que représente le convoyage en 2016. Pour faire face au mieux à cette mission et demande, la CCAS met en place un pôle convoyage en 2009. Une équipe de 16 personnes est dispatchée dans toute la France.

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Grâce au logiciel Mistrale, l’ensemble du trajet, le nom et le nombre des convoyés et convoyeurs sont prévus de manière stricte. L’objectif de la création du Pôle convoyage : mieux mutualiser les voyages et améliorer les relations avec SNCF groupe. Le partage des tâches s’opère aujourd’hui entre la CCAS, qui s’occupe des voyages et des billets de train, et les CMCAS et territoires qui font le lien avec les parents, les bénévoles et les centres de vacances.

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