Handisport : Clément Cambeilh, agent EDF et entraîneur, en route pour Tokyo

Clément Cambeilh, 24 ans, emmène l’équipe de France d’escrime paralympique aux Jeux de Tokyo, qu’il entraîne depuis septembre 2018. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Entre les Activités Sociales et la Fédération française handisport, partenaires depuis 2008, les liens ont toujours été étroits. Avant les Jeux paralympiques de Tokyo l’été prochain, nous avons rencontré Clément Cambeilh, ancien escrimeur de haut niveau, préparateur méthode au CNPE du Blayais et entraîneur adjoint de l’équipe de France d’escrime paralympique, qui met son ingéniosité au service de la sensibilisation au handisport.

À seulement 24 ans, il fait preuve d’une maturité remarquable. Doté d’un palmarès étoffé, au niveau national et international, Clément Cambeilh, ancien membre de l’équipe de France d’escrime, a déjà “plusieurs vies”. Vice-président de club, à la tête d’une structure nationale d’entraînement, entraîneur adjoint de l’équipe de France, le préparateur méthode au service machine tournante électrique du CNPE du Blayais est en permanence dans “l’action réaction”.

Il y a cinq ans, suite à son embauche définitive après deux ans d’alternance au CNPE du Blayais, il quitte son club d’origine de la section paloise d’escrime pour la Gironde. Troquant le statut de champion avec celui des Industries électriques et gazières. Las de faire “les allers et retours” et surtout conscient des limites de sa discipline, le natif de Pau ne tergiverse pas, malgré les promesses d’un avenir parisien. “J’aurais pu intégrer l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). Mais l’escrime n’est pas un sport professionnel ! Et par la suite, j’avais du mal à allier compétition et travail, même si la centrale m’accordait quelques jours pour me rendre aux épreuves. J’ai donc privilégié ma carrière professionnelle.”

La rencontre avec le handisport

Rêve sportif envolé pour certains, mais pas pour Clément. Voué à rebondir pour atteindre sa cible. Son idée fixe, qui a germé à Pau à l’époque, il va la concrétiser à Bordeaux. “Là-bas, j’ai très vite été sensibilisé au handicap puisque mon préparateur physique était en fauteuil roulant. Il s’est d’ailleurs mis à l’escrime par la suite. Lorsque je suis arrivé à Bordeaux, j’étais en quête d’un club. J’ai choisi le Club athlétique municipal (CAM) où Romain Noble, cheminot de métier, médaillé d’argent aux Jeux paralympiques de Londres, s’entraînait. Il préparait les Jeux de Rio.” “Sparring-partner” du futur médaillé d’or, Clément débute ainsi l’aventure handisport. En entraînant tous les soirs celui qu’il accompagnera au Brésil, pour une “équipée hors du commun”. Avec, à la clé, un sacre collectif à l’épée.

Formé à la section d’escrime de Pau, dont il est originaire, Clément Cambeilh est deux fois champion de France seniors. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Talentueux, opiniâtre, le jeune agent EDF ne laisse personne indifférent. Ses préceptes interpellent son club, en priorité. “Au bout d’un an, on m’a proposé de prendre la présidence du CAM. J’ai naturellement accepté. Avec la volonté de fusionner les pratiques handicaps et valides.” Et pour cela, le jeune homme n’hésite pas à révolutionner les principes. À imposer sa vision du sport et sa notion de club, surannée pour certains, si évidente pour lui…

“Pour moi, un club, c’est une famille avec des valeurs de solidarité, de partage, d’éducation. D’ailleurs, j’invite certains jeunes à venir faire leurs devoirs dans la salle avant l’entraînement, plutôt que de les laisser errer… Afin qu’ils se retrouvent aussi et cimentent un collectif. On n’est pas dans une démarche consumériste ! Ensuite en mélangeant les pratiques valides et handicaps, outre sur le plan humain, chacun y trouve des vertus et des valeurs, notamment celle de l’entraide qui crée la cohésion du groupe et engendre des performances. Sur un plan technique, pratiquer en fauteuil pour un valide, par exemple, l’aide à travailler la vitesse de main qui augmente forcément car on est très proche sur les fauteuils.”

Des méthodes originales pour développer le handisport

Action-réaction ! Telle est réellement la posture de celui qui a aujourd’hui définitivement posé le sabre pour atteindre son objectif : celui de sensibiliser à la question du handicap, de le montrer sans tabou, et de développer la pratique handisport. Souvent avec panache et mise en scène ! Comme en 2018, lorsqu’il organise les Championnats de France d’escrime handisport et le premier Critérium déficients visuels. L’ingénieur fait dans l’ingéniosité : “en parallèle aux championnats, j’ai organisé un événement hip-hop en fauteuil et une sensibilisation au handicap en général”.

Plus tard, il ose l’improbable de manière insolite, lorsqu’il décide de faire des démonstrations d’escrime en fauteuil (filmées) dans un bar bordelais, ou encore sur la dune du Pilat… histoire de démontrer que rien n’est inaccessible.

Le Club athlétique municipal de Bordeaux, dont Clément Cambeilh préside la section escrime, est le premier à créer une structure spécifiquement dédiée aux escrimeurs et escrimeuses handisport de haut niveau. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Ses méthodes plaisent. Et du côté de la Fédération française handisport, son sens “tactique” et son engagement ont un écho forcément positif. “Suite aux Championnats de France, la FFH m’a demandé de créer une structure associée au Projet de performance fédéral handisport, c’est-à-dire un lieu d’entraînement dédié à l’équipe de France qui permette de regrouper les tireurs (pratiquants de l’escrime), de mettre du matériel à disposition, de faire de la préparation physique, comme ça se fait à l’Insep.” Rattachée au club, reconnue par le ministère des Sports et la fédération, la structure, unique en France, a ouvert en septembre dernier.

Un mois plus tard, Clément y a invité tout son service de la centrale à venir pratiquer l’escrime en fauteuil aux côtés de “son équipe de France”. Insatiable, il continue ainsi d’œuvrer en faveur du handisport. De propager son énergie et sa créativité. Sans aucune limite, malgré les entraves.

Lui, le bénévole, qui, à force de détermination, vient tout juste d’obtenir son détachement auprès de sa direction pour encadrer – “avant, je prenais sur mes congés” – est insaisissable lorsqu’il évoque les objectifs pour les Jeux paralympiques de Tokyo, l’été prochain. “Il faut que l’on revienne avec des médailles, en or bien sûr. Et miser sur nos forces ! De toute façon, nous ne sommes pas professionnels par rapport à certaines nations. Et ce qui fait bien souvent la différence, c’est notre insouciance qui caractérise notre talent et nous permet d’être performants à l’instant présent. Et de le vivre à fond !” Carpe diem, Clément.

L’engagement des Activités Sociales : sensibiliser au handisport

 

En cette année paralympique, les Activités Sociales de l’énergie axent leur partenariat avec la Fédération française handisport sur la formation. Objectif à long terme : dispenser la formation FFH “Accueillir une personne en situation de handicap lors d’une activité physique ou sportive” à tous les partenaires intervenants pendant les vacances sur les semaines Soyez sport.

1 Commentaire
  1. VINCENT LECLERC 4 mois Il y a

    Bonjour, votre article est passionnant et montre comment le Handisport se montre de plus en plus pour le plaisir des spectateurs mais surtout la fierté des athlètes, comme Clément. Je suis en région parisienne en contact avec Yvan Wouandji, de l’ équipe française de Cécifoot, qui vise également un podium à Tokyo (c’est ce qu’on leur souhaite). Pensez-vous que l’on puisse aider cette structure de Cécifoot qui s’entraine sur Bezons ? je fais des démarches en interne vers ENGIE T1 puisque j’y travaille mais explore toutes les pistes

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