“La musique n’est pas mon remède, la musique est ma maladie”

Martin Luminet, lauréat 2020 du Chantier des Francos. ©Christophe Cussat-Blanc/CCAS

Avec ses chansons qu’il qualifie de “violemment sensibles”, le jeune lyonnais Martin Luminet rencontre un beau succès critique avec son premier album. Le 9 juillet dernier, il a également séduit les bénéficiaires présents au Camping Le Soleil lors du “before Activités Sociales” des Francofolies de La Rochelle.

Comment avez-vous perçu ce concert “en mode camping” et son public ?

J’ai déjà joué en prison, dans des hôpitaux, jamais dans un camping. Je m’intéresse d’abord au public devant lequel je vais jouer, avant de me préoccuper du cadre du concert. Cela me permet de ne pas avoir d’a priori et j’ai perçu autant d’émotion ce jour-là, que lors de mon concert le lendemain au Théâtre Verdière. Je trouve vraiment “challengeant” de jouer dans des lieux qui n’ont pas été prévus pour des manifestations culturelles.

Vous aimeriez “tourner” dans des villages vacances ?

On me l’a proposé et j’ai déjà dit oui ! J’ai besoin de jouer devant des inconnus pour éviter de me confronter uniquement à des gens qui me ressemblent. Et on ne peut avoir que de bonnes surprises ! Le risque, c’est de ne pas plaire. Chacun a le droit de partir s’il le souhaite, et la bonne surprise, c’est de se rendre compte que l’on n’est pas si différents. J’écris des textes d’amour “basiques”, qui je pense, parlent à tous, sans distinction d’âge, ou de classes sociales.

J’aime amener la culture dans des endroits insolites

Que vous a apporté le fait d’avoir été sacré “révélation” du dispositif du Chantier des Francos en 2020 ?

Je me suis senti très privilégié d’avoir fait partie de la dizaine d’artistes sélectionnés. Sans cet accompagnement hyper concret, je n’aurais pas traversé la période du Covid de la même manière. Ils m’ont aidé à conserver une confiance en moi ou conseillé sur l’utilisation des réseaux sociaux…

“La vie est un film d’erreurs” avez-vous écrit, et votre appétence pour l’image est telle, que vous avez réalisé des clips pour d’autres artistes comme Mademoiselle K ou Terrier…

Oui, je suis passionné de cinéma depuis mes études et mon écriture s’inspire plus du langage filmique que de la littérature. J’écris en pensant dialogues ou scènes et les images ne sont jamais très loin. Mon rêve serait d’adapter un disque au cinéma, comme l’ont fait Christophe Honoré et Alex Beaupain avec “Les Chansons d’amour” : mon film préféré, à qui je dois sans doute de faire des chansons…

Au Camping Le Soleil, vous avez joué en co-plateau avec le rappeur Hippocampe Fou. Dans vos textes, pensez-vous que vous aussi, vous écrivez des “punchlines” ?

La punchline est un exercice technique très intéressant, lorsque l’on parvient à exprimer une idée complexe en très peu de mots. Pour moi, en chanson, c’est Souchon qui parvient en une phrase à te retourner une situation et le bide par la même occasion. “Foule sentimentale”, par exemple, quelle sacrée punchline !



 

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