Le monde d’après en BD, par Sylvain-Moizie

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Le monde d’après, c’est pour tout de suite ou après-demain ? Rencontre avec Sylvain-Moizie, à propos de deux séries de planches réalisées pour le Salon du livre d’Arras, en partenariat avec la CMCAS Nord Pas-de-Calais.


Bio express

Sylvain-Moizie est auteur de bandes dessinées. Né à Nîmes en 1978, il habite depuis presque vingt-cinq ans à Strasbourg où il a fait ses études supérieures. Sylvain-Moizie a réalisé deux séries de planches pour le Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale organisé par Colères du présent. Intitulées “Après demain” et “Tout de suite”, ces planches ont été réalisée dans le cadre du partenariat entre la CMCAS Nord Pas-de-Calais et le salon qui se déroule habituellement début mai à Arras.


Comment est né le partenariat avec la CMCAS Nord Pas-de-Calais ?

Le partenariat est né d’une volonté du Salon du livre de mettre en lumière les différentes luttes sociales et économiques actuelles. Le fait que le salon soit devenu virtuel cette année à cause de la crise sanitaire l’a renforcé. J’étais déjà venu au salon à deux reprises, j’avais même créé l’affiche de l’événement il y a deux ans.

François Annycke, le directeur du festival, m’a mis en contact avec différents acteurs de ces luttes afin d’engager des discussions dont le fruit affinerait le contenu d’une bande dessinée contestataire. L’idée était de proposer “les Douze Travaux d’Hercule” concernant douze réformes phares du gouvernement. Le titre est venu d’une phrase d’Emmanuel Macron évoquant un travail “herculéen” à propos des tâches à accomplir. La réforme du secteur de l’énergie en discussion depuis l’année dernière s’appelant également le projet Hercule, tout cela a pris sens. Et la CMCAS était l’institution à contacter, notamment en tant que partenaire du Salon du livre d’Arras.


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Comment avez-vous vécu le confinement ? A-t-il été source d’inspiration pour vos BD ?

J’ai plutôt mal vécu ce moment. Le plus dur était le manque de contacts avec les autres. Même si j’ai l’habitude de travailler dans mon atelier chez moi, l’enfermement mental a été difficile. Le lien avec le festival et d’autres projets m’ont permis de continuer à réfléchir de manière active. Malgré tout, j’en retiens du positif, notamment le fait d’avoir dû apprendre à me recentrer sur moi et mes besoins vitaux.

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Cliquez sur les planches pour les lire dans Calaméo

J’ai réalisé trois planches pour le festival. Ce dernier avait proposé aux auteurs initialement invités de concevoir quelque chose d’original pour nourrir le site du “Jour d’après”. Mon dessin habituel a la bougeotte, autant que je l’ai moi-même. Là, j’ai voulu ancrer le dessin autant que la réflexion. Il en résulte une bande dessinée un peu naïve, mais très sincère. Et sur cette lancée, j’ai réalisé ce qui devait être “les Douze Travaux d’Hercule”. Cela a donné quatre nouvelles planches intitulées “Tout de suite”. Des planches complexes à faire car le confinement m’a bloqué le dos, et j’ai pris du retard. J’ai fini par une nuit blanche, la veille du salon !

Comment êtes-vous devenu auteur de bandes dessinées ?

Je me considère comme un artisan, au sens moyenâgeux du terme, c’est-à-dire qui ne dissocie pas l’art de la manière. Un auteur complet, comme on dit dans le jargon de la bande dessinée, c’est-à-dire qui construit ses histoires et dessine également. Ce que j’apprécie dans le genre de travail qui a été effectué avec Colères du présent, c’est qu’à partir d’une idée de base je propose des choses personnelles, et le projet évolue de cette manière.

À dire vrai, à part lorsque j’étais enfant et que je voulais être maçon comme mon père, j’ai toujours désiré être auteur de bandes dessinées. Passé par un bac arts appliqués à Nîmes, puis par les Arts Déco de Strasbourg, j’ai rencontré des personnes géniales qui m’ont montré un pan de la bande dessinée qui permettait de dire des choses qu’on ne pouvait pas dire autrement.

Ce que je préfère, c’est la petite édition de proximité et le lien avec les gens dans le but de créer un microcosme local. Je réalise actuellement une série de bandes dessinées à retrouver comme emballage de tablettes de chocolat, une fois par mois, en lien avec un ami chocolatier et un libraire. Mais je suis également sur d’autres projets : une deuxième adaptation de roman, une BD adaptée d’un spectacle de la compagnie L’Awantura que l’on devrait retrouver au Salon du livre d’Arras en 2021, sans oublier une BD pastichant les frères Dalton et également tirée d’un spectacle de clowns-portraitistes car je fais également du cirque et du spectacle et j’adore lier les deux activités.

 

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