Le « Transfo », futur étendard de la liberté de la presse ?

Le "Transfo", futur étendard de la liberté de la presse ? | Journal des Activités Sociales de l'énergie | 62443 Projet de la maison des medias libres Paris

Un ancien poste de transformation électrique du 11e arrondissement de Paris pourrait accueillir une Maison des médias libres. ©Samy Archimède/CCAS

Une soixantaine de médias, emmenés par Mediapart et Bastamag, veulent créer une Maison des médias libres dans un ancien poste de transformation EDF, à Paris.

Il faut traverser le terre-plein planté de grands acacias pour découvrir cet imposant bâtiment de béton bardé de larges fenêtres. Au centre, un porche vitré monumental révèle la vocation industrielle de l’édifice. Après avoir fourni de l’électricité aux Parisiens pendant plus d’un demi-siècle, le poste de transformation de Nation a définitivement stoppé son activité au milieu des années 1990. Mais la ville de Paris a décidé de donner une nouvelle vie au bâtiment construit en 1929.

L’ancien transfo situé au 67-69 boulevard de Charonne, entre Nation et le Père-Lachaise, est l’un des 34 sites à réhabiliter dans le cadre de l’appel à projets « Réinventer Paris » lancé par la municipalité en mai 2017. Pour donner une nouvelle vie au transformateur d’EDF, plusieurs projets sont en lice, dont un particulièrement novateur : « Le Transfo, Maison des médias libres ».

« Un lieu dévolu à la liberté de la presse »

Les défenseurs de ce projet, une soixantaine de médias dont Bastamag, Mediapart et Alternatives économiques, veulent faire du « Transfo » un lieu démocratique dévolu à la liberté de la presse. « Il n’existe pas à Paris d’espace ouvert au public incarnant cette liberté fondamentale, si fragile et si malmenée de nos jours », constate Edwy Plenel, président de Mediapart. Ce lieu doit aussi faciliter la rencontre entre les médias et les citoyens au travers d’expositions, de formations, de conférences, de débats…

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Les médias intéressés revendiquent leur indépendance vis-à-vis des puissances financières. ©Samy Archimède/CCAS

Les bureaux du « Transfo » seraient occupés au quotidien par des médias qui partagent le souci d’une information « indépendante, exigeante et de qualité ». Quant au projet architectural en lui-même, « il s’inscrit dans la continuité », assure Agnès Rousseaux, coordinatrice de Bastamag, qui ajoute : « Nous tenons à préserver le caractère industriel du site. »

Enfin, une attention particulière serait portée aux enjeux du numérique, poursuit Agnès Rousseaux, qui voit aussi dans le « Transfo » un clin d’œil à l’histoire : « C’est un peu un symbole de la révolution industrielle qui pourrait demain servir à la prochaine révolution, celle de l’information numérique. »

Décision de la mairie à la fin de l’année

Outre les médias, d’autres structures soutiennent cette aventure : des diffuseurs et producteurs (dont Premières lignes, le producteur de « Cash investigation »), des éditeurs (dont le Seuil et La Découverte), des structures professionnelles de l’édition et de la formation, des structures associatives et d’éducation populaire. Le 16 octobre, une trentaine de personnalités ont signé dans « le Monde » une tribune de soutien au « Transfo ». La mairie de Paris doit annoncer à la fin de l’année quel avenir elle souhaite donner à ce patrimoine industriel. Si le projet de Maison des médias libres était choisi, il pourrait voir le jour d’ici à 2022.

Voir la présentation du projet

Le Transfo – Maison des médias libres est porté par :

des médias indépendants : Acrimed, Accropolis, Alternatives économiques, Amicus Radio, Arrêt sur images/Hors-Série, Art Kiosque/Almanach Soldes, Bastamag, Brief.me, Contexte, The Conversation, Le Courrier des Balkans, Les Croissants, Daria-Collectif Youtubeurs, Les Écrans terribles, Éditions du 12 juillet/Les Cahiers du football, Esprit, Fumigène, Les Glorieuses, Le Journal minimal, Les Jours, Kaizen, Là-bas si j’y suis, Live Magazine, Mediapart, MediaPi, Mediacités, Le Monde diplomatique, My Way films, Orient XXI, Osons Causer, Philosophie Magazine, Politis, Radio Campus France, Regards, Reporterre, La Revue dessinée, revue XXI et revue 6 mois, Siné mensuel, La Télé libre, Sans A, Saphir News, Sciences critiques, Sciences humaines, Scrinéo, So Press (So Foot, Society…), StreetPress, TOPO, VoxEurop SCE, Youpress.
des diffuseurs et producteurs  : Cairn.info (revues et livres numériques), Premières lignes (« Cash investigation »), Tënk (films documentaires).
des éditeurs de livres : Agone, Les Arènes, Les liens qui libèrent, Les Petits Matins, éditions du Seuil, La Découverte.
des structures professionnelles de l’édition et de la formation : Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil, qui réunit 150 éditeurs de presse), Alliance des éditeurs indépendants (qui réunit 500 éditeurs dans plus de 50 pays), EMI-CFD.
des structures associatives et d’éducation populaire : Alliance internationale de journalistes, Bibliothèques sans frontières, Dardard, Éveil, Fonda, Ent’revues, Maison des lanceurs d’alerte (créée à l’initiative d’une vingtaine d’ONG, dont Amnesty International, Anticor, Greenpeace, Ligue des droits de l’homme, Sciences citoyennes, Transparency International France), Zone d’expression prioritaire.
des ateliers d’artistes : Les ateliers d’artistes de Belleville, Les ateliers d’artistes du Père- Lachaise, Les ateliers d’artistes de Ménilmontant.

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