Les électriciens mobilisés contre la fermeture de Fessenheim

© Thierry Marck

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Mercredi 14 septembre se déroulait une importante réunion d’information sur la fermeture du centre nucléaire de production d’électricité de Fessenheim (Haut-Rhin). Réunis devant l’immeuble Carré Vert à Levallois-Perret, des centaines d’électriciens ont manifesté leur opposition à cette promesse de campagne du candidat François Hollande, à l’appel des syndicats.

Mercredi dernier, la direction d’EDF SA avait convoqué le comité central d’entreprise (CCE) à une réunion d’information sur l’accord d’indemnisation de fermeture de la plus ancienne centrale de France. A Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), siège du CCE, les élus ont été rejoints par une délégation de 850 salariés du site de Fessenheim – 80% d’entre eux étaient en grève ce mercredi, à l’appel des syndicats CGT, CFDT, FO et CFE-CGC – ainsi que d’élus de la petite ville du Haut-Rhin et de salariés de divers autres sites. Tous et toutes étaient venus manifester leur opposition à la fermeture de la centrale, “contraire à toute logique : technique, industrielle, sociale, économique et climatique”, comme l’affirmait sur place Fréderic Letty, délégué central de la CFE-CGC. Plus de 2000 emplois seraient en effet directement menacés par la fermeture de la centrale, inaugurée en 1977, et à laquelle l’autorité nucléaire vient pourtant de donner l’autorisation de fonctionner pour les dix prochaines années. En août dernier, l’Etat français et EDF semblaient être tombés d’accord sur une indemnisation de l’opérateur à hauteur de 400 millions d’euros. La Commission des finances de l’Assemblée nationale, l’avait, elle, estimé à un milliard d’euros, en 2014.

Pour Jean-Luc Cardoso, délégué syndical CGT de Fessenheim : “EDF, en ce moment, “c’est allô, quoi ?” !”

“On est sur une décision politicienne. Je ne dis pas “politique”, parce que la politique, c’est noble. Un acte politique véritable serait d’ouvrir un vrai grand débat en France sur la politique énergétique et industrielle de notre pays et de l’Europe, et de développer un véritable projet social, non seulement pour les salarié-es de l’énergie, mais pour l’ensemble des habitants”.

Unanimes, les élus du CCE ont réaffirmé leur opposition à la fermeture de la centrale et exprimé leur incompréhension face à l’annonce de la “fermeture anticipée d’une usine française qui ne reposerait sur aucun fondement technique, [décision] qui aurait des conséquences économiques, sociales et environnementales désastreuses”. Les élus ont également voté le lancement de trois expertises externes, qui devraient faire la lumière sur “les conséquences de cette fermeture sur le réseau électrique français et les répercussions économiques et sociales sur le bassin d’emploi”, précisait Philippe Page Le Merour, représentant de la CGT au CCE.

Le conseil d’administration d’EDF devrait se prononcer avant la fin de l’année sur l’arrêt de la centrale et la fermeture du site en 2018.

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