Mon resto, j’y tiens !

©A.Martin/ccas

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La restauration méridienne était l’un des cinq thèmes de discussions qui se sont tenues lors de ces derniers mois en Commission Paritaire de Branche. L’an passé encore, près de 5 millions de repas étaient confectionnées dans la centaine de restaurants méridiens exploités par la CCAS, en lien avec les présidents de CMCAS.
Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que la question de la restauration méridienne fera l’objet de nouvelles négociations en 2017 comme le demandent depuis des années, les élus des Activités Sociales de l’énergie qui n’ont eu de cesse d’alerter les employeurs. Des premières cantines du CCOS aux derniers selfs du restaurant de Flamanville, plus de 70 ans nous séparent. Si le savoir-faire et le professionnalisme des équipes de la restauration n’est plus à faire, le constat est pourtant simple : il y a une baisse de la fréquentation. Cette diminution est la conséquence de trois paramètres bien identifiés : la transformation des entreprises de la branche des IEG depuis 2004, la modification de nos habitudes alimentaires et la concurrence extérieure. « Le fonds du 1 % ne peut plus et ne doit plus supporter le coût de la restauration méridienne » a rappelé le conseil d’administration de la CCAS. Les employeurs se doivent d’assumer leurs responsabilités à l’occasion des incessantes réorganisations des unités des entreprises et permettre à tous les salariés de disposer d’une restauration méridienne de qualité et de proximité
Mais au fait, que mangent les agents sur leur lieu de travail ? Quid de l’équilibre alimentaire ? Reportage dans la métropole lilloise.

Conséquence directe de la fermeture du site EDF Charles-de-Muyssart, le restaurant méridien CCAS a lui aussi baissé le rideau. Définitivement. C’était il y a un an et demi. Aujourd’hui, les 2 500 salariés des IEG de la métropole lilloise (Nord) sont disséminés ici ou là dans de nombreuses unités. Autant de lieux de travail, autant d’offres de restauration répondant plus ou moins aux besoins et aux souhaits de chacun. Au siège d’Enedis, dans le quartier de La Madeleine, les 200 salariés peuvent commander des sandwichs et des plats préparés à réchauffer. « Nous avons 5 ou 6 conventions avec des chaînes de snacking aux alentours, Class’Croute, Fait Maison, Petit Meunier, etc., détaille Patrick Cardiat, chargé de l’expertise producteur. Que je prenne un plat à 14,5 ou 10 €, ça me coûte 6,95 €. Quand je pouvais manger à Charles-de-Muyssart, ça me revenait moins cher et c’était plus varié. »

PAUSE DÉJEUNER
Dans le réfectoire réservé aux 40 opérateurs du plateau d’appel et de dépannage, le discours est différent. Olivier*, opérateur, avale « des tartines » en gardant un œil sur sa montre. « Lorsque je travaillais dans la mécanique, je n’avais qu’un quart d’heure de pause. Je m’y suis habitué. Aujourd’hui, j’ai 20 minutes pour manger et ça me convient très bien. » Pour autant, il reconnaît se nourrir invariablement de sandwichs faits maison. La diversité, principe de base d’une alimentation équilibrée, n’est pas toujours une priorité. Les salariés basés près de la gare de Lille- Europe ont plus de chance. Ils peuvent prendre un plateau-repas dans un restaurant inter-entreprises, « très bon » selon les habitués. Autre son de cloche sur le site Enedis de Villeneuve-d’Ascq. Ici, impossible de se faire livrer des plats préparés. Parfois, les salariés déjeunent ensemble dans l’un des trois restaurants ou pizzerias conventionnés. Mais la plupart du temps, chacun mange sa gamelle dans son coin. Les techniciens d’interventions bénéficient d’une indemnité journalière de 18 € environ s’ils sont en déplacement le midi. Mais sur les gros chantiers, ils doivent déjeuner sur place. André Noé, l’un d’entre eux, regrette le restaurant CCAS. « C’était un lieu de vie, une ambiance conviviale. On pouvait y retrouver des collègues, manger avec son équipe. » Faire une pause déjeuner. Deux termes indissociables pour André.

RESPONSABILITÉ EMPLOYEUR
Extrait des orientations politiques présentées au conseil d’administration du 30 juin 2016: « Nous constatons une baisse récurrente du nombre de salariés fréquentant nos restaurants. Cette baisse est la conséquence de trois paramètres dont il nous faut tenir compte, à savoir, la transformation des entreprises, la modification de nos habitudes alimentaires et la concurrence extérieure. Il est aujourd’hui nécessaire de réfléchir à des offres nouvelles, adaptées aux attentes des agents (…). Le fonds du 1 % ne peut plus et ne doit plus supporter le coût de la restauration méridienne. Les employeurs se doivent d’assumer leurs responsabilités à l’occasion des incessantes réorganisations des unités, réorganisations ayant de lourdes incidences sur la pérennité des restaurants et l’avenir des salariés. »

(*) Le prénom a été changé

Article modifié le 19/10/2017

2 Commentaires
  1. SABAINI 2 années Il y a

    Battons nous de manière générale et collective sur l’alimentation de mauvaise qualité proposée par l’agriculture intensives et les supermarchés, les cantines collectives privées et la restauration rapide, vecteurs de stress, de maladies, et de mal être.
    Soyons prêts à défendre l’agriculture de proximité, la restauration méridienne de la CCAS de bien meilleure qualité, gage de bien être sur soi et au travail.

  2. bijaoui claude 3 années Il y a

    Quelle tristesse, quel gâchis…
    l’heure est a la rentabilité mais comparons ce qui est comparable. sur le site de Saint Denis (plus dense site de France) , le prix est certes plus élevé que dans le restaurant inter-entreprises situé juste à côté mais les raisons existes:
    restaurant CCAS 80% de produits frais contre 20% dans le RIE
    Utilisation d’ESAT à la CCAS (travailleurs handicapés) , rien côté RIE
    Solidarité avec les catines plus petites et moins rentables(ex: PORCHEVILLE)
    Achat à des producteurs locaux plutôt qu’a des centrales d’achats afin de diminuer l’epreinte carbonne.
    Nos collègues de la restauration toujours à l’écoute et sensibles à mettre en place les idées proposées à la commission restauration (unique a ma connaissance).
    C’est vrai le prix était un peu plus elevé mais la qualité à un prix.
    J’espère que les responsables de cette décision reviendrons à la raison du cœur et du bon sens

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