Pas si fou, l’Hippocampe

Soirée d’ouverture des Francofolies au camping Le Soleil à La Rochelle. concert avec le chanteur Hippocampe Fou. ©Christophe Cussat-Blanc/CCAS

Le média spécialisé “Rap in France” dit de lui qu’il est “un des seuls rappeurs français aujourd’hui à assumer complètement l’auto-dérision”. Rencontre avec le Maître de Cérémonie Sébastien Gonzalez, alias Hippocampe Fou, après son concert aux Francofolies de La Rochelle.

Comment avez-vous perçu ce concert au Camping Le Soleil, vous n’avez sans doute pas eu à jouer devant votre public habituel…

Même si je me suis produit dans des salles parisiennes comme La Cigale ou Le Trianon, j’ai déjà eu l’occasion, à l’issue d’ateliers d’écriture, de faire des concerts dans des lieux inhabituels pour moi, où le but était justement d’y amener la culture. Et également de faire découvrir le rap… Ce n’est donc pas la première fois que je joue devant un public assis avec une majorité de “têtes blanches”. En tant que MC, je suis en communication directe avec les spectateurs et non juste un instrument percussif vocal. Je me considère même plutôt comme un maître-nageur. Je ne m’occupe pas de ceux qui s’éclatent, qui savent nager, je me concentre sur ceux qui sont en train de se noyer d’ennui et je leur lance des bouées. J’ai ce besoin d’embarquer tout le monde avec moi. Et j’ai eu l’impression que j’y suis parvenu ce jour-là.

En tant que MC, je suis en communication directe avec les spectateurs et non juste un instrument percussif vocal.

Dans le cadre de notre opération “Curiosités à partager“, en partenariat avec le Chantier des Francos, vous avez donné à entendre vos chansons via un téléphone à nos bénéficiaires. Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?

La première a été assez déroutante, presque stressante, car je pensais que les personnes qui m’appelaient, sans être des fans comme dans certaines émissions de télé, me connaissaient quand même un peu. Et ce n’était pas le cas ! Pour autant, l’échange avec cette jeune lycéenne a été riche ; nous avons pu parler de ce que nous traversions mutuellement, mais sa réaction mesurée au bout du fil, m’a un peu déstabilisé. Je suis plutôt habitué aux foules en délire…

On célèbre le centenaire de la naissance de Georges Brassens, êtes-vous en accord avec cette déclaration d’un youtubeur qui voit en lui le premier rappeur ?

Totalement, Brassens avait de sacrés punchlines ! Même si je me suis formé en écoutant du rap des années 1990, à côté duquel j’étais un peu passé, j’ai écouté en parallèle Brel. Et en termes d’interprétation, d’intensité sur scène, avec cette gestuelle particulière, je trouvais ça très fort et ça m’a amené à écouter Brassens, ainsi que Barbara. Pour Bobby Lapointe, dont j’adore le travail sur les allitérations, les jeux de mots, c’est ma compagne qui me l’a conseillé.

Même si vos textes récents vont vers plus d’introspection, vous êtes connu pour votre sens de l’humour et de l’autodérision…

Je suis une sorte d’humoriste qui n’a jamais eu le courage d’écrire des textes humoristiques et de les interpréter sans l’aide de la rime et du flow. Humoriste, c’est vraiment tout un art et sur scène, il a beau s’appuyer sur une rythmique dans son phrasé, lui, il est à poil ! Je pense avoir cette facilité de jouer avec les mots, de les faire rebondir, mais j’ai besoin des rimes et des rythmes pour être en confiance.

Vous vous définissez plus comme un Maître de Cérémonie que comme un rappeur. Quelle est la différence ?

Le “MC” s’adresse au public, il a quelque chose à transmettre. Le rappeur est plus un percussionniste vocal, jouant des syllabes, des onomatopées. C’est donc le son, la mélodie qui prime pour lui. Ce sont les mots qui m’ont conduit à la musique et non l’inverse, j’ai donc besoin que mes textes existent par eux-mêmes.



 

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