Récits de voyage : à bord du “Solidaritat”, la vie est autre (et belle)

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On vous embarque à bord du catamaran de la CCAS, qui accueillait cinq vacanciers du 15 au 21 septembre dernier pour un séjour Passion côtier. De Saint-Cyprien aux côtes espagnoles, l’aventure humaine et marine fut des plus intenses pour tout l’équipage. Récit et photos de nos journalistes embarqués.

C’est sans aucun doute à terre, rentré de cette échappée belle, que les souvenirs émergent pour mieux exister. Je me souviens de ces visages marqués (par une nuit de pleine lune, la première à quai), ce dimanche matin, 9 heures, sur le port de Saint-Cyprien, au moment d’avitailler le bateau…

De ce désir brut d’Audrey : “J’espère qu’on va voir des dauphins” et des envies de Barcelone et de Baléares exprimées par Michèle, très vite “stoppées” par le pragmatisme de Didier, skipper invétéré depuis plus de quatre ans : “Au vu des prévisions météo (calme), on naviguera sept à huit heures par jour, mais on ne peut pas se permettre de faire de telles distances. Cela nous demanderait une trop grande consommation de fuel.”

Poser le pied sur le “Solidaritat”, long de 17 mètres, large d’à peu près 9 mètres, génère sans conteste son lot d’incertitudes, que la rencontre de l’autre, de l’ailleurs dissipe presque instantanément.

Alors, à l’arrivée, pas plus de mammifères gentils que de furia catalane ! Mais des criques sauvages à l’eau cristalline, des escales à terre enrichissantes, et surtout le plein de fous rires authentiques, d’échanges d’une sincérité sans pareille, et de repas très conviviaux partagés à bord du voilier sur cette terrasse exceptionnelle, sorte de balcon sur la mer. Car poser le pied sur le “Solidaritat”, long de 17 mètres, large d’à peu près 9 mètres, génère sans conteste son lot d’incertitudes, que la rencontre de l’autre, de l’ailleurs dissipe presque instantanément.

Les vacanciers et vacancières ont dû apprendre rapidement comment vivre et naviguer sur un bateau. ©Joseph Marando/ CCAS

À bord du catamaran de la CCAS, centre de vacances flottant, la tranche de vie fut singulière, alimentée par ces lieux et ces personnages, membres de l’équipage à la générosité sans filets. Tous adeptes du partage ! Et surtout conscients de ce qu’est la vie en mer et le sens de l’engagement, ses valeurs de solidarité, de dignité, de justice et de citoyenneté à travers le respect de l’environnement, du milieu marin…

Avant de répondre à l’appel du large, de tutoyer l’Espagne et ses côtes, Didier et Serge, les deux skippers bénévoles, anciens agents des IEG, nous l’avaient bien signifié : “Sur un bateau, plus qu’ailleurs, la réussite du séjour ne vaut que par le respect des règles de sécurité, la bonne humeur, l’implication de tous et la participation aux différentes tâches.”

Le champ des possibles semble infini. On donne, on reçoit, comme poussé naturellement par les éléments naturels.

Exact ! Car sans ça, il n’y aurait pas eu toutes ces scènes, à la saveur incomparable, qu’il était difficile d’imaginer au départ, dans ce décor insolite et cet espace confiné… Et où trouver ses marques, un coin d’intimité aussi, paraît improbable. Et pourtant, impression personnelle ou pas, moins il y a d’espace, plus on s’exprime ! Et le champ des possibles semble infini. On donne, on reçoit, comme poussé naturellement par les éléments naturels.

Bonne humeur et extrême convivialité règnent à bord. Avec l’assurance d’une sécurité et d’un confort assurés par les skippers dotés d’une grande expérience. ©Joseph Marando/CCAS

Des vertus tangibles dès la sortie du port de Saint-Cyprien, notamment pour hisser la grand-voile. Vingt-cinq mètres de haut pour 7 mètres de large, tirés à bout de bras, avec engouement et quelques fous rires déjà… En s’éloignant des côtes, en direction de l’anse des Paulilles et de ses eaux limpides, le parfum du large esquisse déjà les contours de l’aventure.

À la barre, Michèle, la Toulousaine néophyte, conseillé par Serge, “le sage”, sauveteur à la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) entre autres, exulte. “C’est la première fois que je monte sur un catamaran. C’est grâce à Françoise que je suis là et je ne le regrette pas.”

Audrey, Françoise, Michelle, Franck et Raoul, conduits par Didier (skipper) et Serge (assistant skipper) naviguent vers les côtes d’Espagne. ©Joseph Marando/ CCAS

Plus tard, au moment du mouillage, ensemble nous irons boire un coup à terre. Sur le site des Paulilles, après une visite du musée de la dynamite, consacré à ses ouvrier·ères, forçats. Et là, autour d’un verre, le travail, les femmes, leur rôle et leur considération mais aussi les voyages, la Colombie, l’Éthiopie, sa future destination seront nos sujets de discussion. “J’ai besoin de couper avec une certaine solitude et peut-être aussi une monotonie terrestre”, me lancera cette ancienne employée aux ressources humaines à EDF.

Des moments privilégiés comme celui-là, il y en eut à profusion. Autour d’un saucisson, emmené par Raoul, “chef cuisto” émérite de cette traversée, épicurien revendiqué et membre de la confrérie des Francs-Mâchons fidésiens, qui le dernier soir me racontera tous les secrets de la cuisine lyonnaise.

Françoise (à g.) et Audrey préparent la ratatouille avec Raoul aux fourneaux. ©Joseph Marando/ CCAS

Lors de la navigation de nuit où avec Franck, passionné de voile, “on a refait le monde” autour de la famille, des enfants et de l’éducation en général. Des souvenirs aussi avec Françoise, pour des pauses clopes (obligatoirement sur le ponton, loin de la cabine de pilotage et face au vent !) pour évoquer “cette impression de liberté, cette décompression totale et son prochain séjour qui sera plus long, c’est certain”. Et bien d’autres encore…

Au moment de quitter Cadaqués – l’escale finale pour moi – après l’avoir visité en partie, une drôle d’impression m’envahit. Je suis partagé entre mélancolie de devoir laisser ce voilier, cet équipage, et satisfaction d’avoir vécu une expérience intense, avec la bienveillance et le savoir-faire de Didier et Serge.

En mer, gérer l’eau, l’électricité et les déchets sont des tâches évidentes. Comme si l’environnement nous rendait automatiquement courtois avec la nature.

Et je me souviens de cette phrase de Serge qui m’avait laissé sceptique au départ. “On a juste besoin de trois litres d’eau pour se laver, pas plus !” Au final, je ne suis même pas sûr de les avoir utilisés tous les jours (tout en restant propre, pour moi et pour les autres, bien sûr). Quelle leçon de vie ! En mer, gérer l’eau, l’électricité et les déchets sont des tâches évidentes. Comme si l’environnement nous rendait automatiquement courtois avec la nature. Et juste et humble avec nos besoins vitaux.

Le “Solidaritat”, un multicoque, appelé aussi catamaran Lagoon 570, est l’un des deux bateaux de la CCAS, avec l’”Unaniezh”, un monocoque Sun Odyssée 54, basé en Bretagne Sud. ©Joseph Marando/ CCAS

Une position que Serge et Didier, les “loups de mer” ont acquis au fil des séjours et qu’ils propagent avec passion. Lors de cette fameuse navigation de nuit, difficile à retranscrire, où assis à l’avant, sur le filet, avec la lune pour seul éclairage, j’ai fait le vide pour un plein d’émotions et de réflexions : c’est quoi le luxe ? Peut-être de naviguer, d’aller d’un endroit à un autre en choisissant son chemin, sans contrainte d’horaires…

Et également être maître du temps et de son utilisation, à en créer une véritable distorsion ! À en perdre la boussole, en “retombant sur terre”, en montant les escaliers de chez soi avec ses seules jambes, sans l’aide de ses bras (sur un bateau il n’y a pas d’escaliers mais que des échelles) et en découvrant son appartement citadin qui manque alors cruellement de perspective, d’espace et d’horizon…


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4 Commentaires
  1. Christian VASLIN 1 mois Il y a

    Bonjour,
    Je pense qu il ne faut pas chercher la rentabilité partout.
    Il faut penser à ceux qui peuvent s offrir une aventure marine en fonction de leurs moyens financiers.
    Maintenant ne soyez pas versatile ni jaloux, et n hésitez pas à vous inscrire lors de prochains séjours pour découvrir vous aussi la joie d un séjour marin et la solidarité qui existe entre les membres d équipage et les skippers bénévoles.

  2. Yvon QUINTIN 1 mois Il y a

    Bonjour

    Faire l’unanimité est impossible et chacun a le droit de penser comme bon l’entend, du moins dans le respect de l’autre. Personnellement je ne vois pas en quoi, ces cinq bénéficiaires seraient des privilégiés ou “nantis” comme nous avons (nous autres énergéticiens) souvent été étiquetés par des gens souvent mieux lotis que la grande majorité des agents des industries électriques et gazières. Ces cinq bénéficiaires, me semble-t’il, doivent être retraités. Personnellement je ne suis pas jaloux et c’est tant mieux qu’ils aient pu “profiter” d’un (très) beau voilier leur appartenant comme aux centaines de milliers d’autres de leurs collègues et familles !

    Pour être plus précis, dans notre pays, il y a des milliers de bateaux plus grands, plus chers, plus luxueux les uns que les autres mais qui n’appartiennent qu’à une famille, voire à une entreprise dont très souvent, seul le patron en a l’usufruit exclusif. Alors bien collectif ou abus de bien social, à vous de juger.

    A la CCAS, c’est toute notre “communauté” qui peut bénéficier des voiliers selon les demandes d’inscriptions en vigueur. Quelle richesse sociale !

    Si je suis d’accord avec vous sur les “économies substantielles” à faire ici ou là, je n’oublie pas pour autant que nos entreprises doivent au budget de la CCAS quelques centaines de milliers d’euros et que nous avons, ensemble, intérêt à réclamer “notre” dû.

    Comme la Sécu, la CCAS n’est pas malade de ses dépenses mais bien de ses recettes.

    Bien n@vicalement.

    Yvon QUINTIN

  3. Tanguy 1 mois Il y a

    Je suis entièrement d’accord avec Jacques .ces bateaux profitent à qui et à combien ??? Il faudrait publier les coûts .pourquoi pas acheter un jet tant qu’à faire ???

  4. Jacques DURAND 1 mois Il y a

    C’est un pur scandale que de posséder ces 2 bateaux. Les 5 privilégiés (que je n’envie nullement) devraient faire profil bas…Ils osent parler de partage!!! Où est la déontologie? Où sont les valeurs de partage de la CCAS? Un pilier et un ciment n’est-il pas d’être au service du plus grand nombre et non à des minorités?
    Faites donc le ratio entre le coût annuel de ce genre de prestation (y compris les réparations des “avatars” sur les côtes du Roussillon) et le nombre de journée de service! Mettez ceci au regard des milliers d’ayants-droit…C’est de l’indécence et est révélateur d’une très mauvaise gestion de notre bien commun.
    NOMBREUX SONT CEUX QUI PENSENT COMME MOI !!!
    Il est grand temps d’affaler les voiles et de se séparer des ces équipements non vertueux au regard de notre communauté. Cela ferait sans aucun doute des économies substantielles.
    J’espère que vous publierez.

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