Retraites à défendre

De nouvelles manifestations contre une réforme des retraites sont prévues à l’automne. Ici en janvier 2019, à Paris, contre la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). ©François Guillot/ AFP

L’édito de Claude Pommery, secrétaire général de la CCAS.

Pour la septième fois en vingt ans, le gouvernement a rouvert le dossier des retraites. Après de longs mois de discussions, de discours sur le sauvetage du système par répartition grâce à un système de points sans garantie, l’objectif poursuivi par le gouvernement apparaît de plus en plus nettement aux salariés : baisser le niveau des retraites et allonger la durée de cotisation afin de maintenir envers et contre tout le volume des retraites à moins de 14 % du PIB.

Vous l’avez sûrement noté : s’il est question d’allongement de durée de cotisation, il n’est jamais question du montant des cotisations, et notamment patronales.

Pour les Industries électriques et gazières, ce régime a été réformé en 2003, avec la création de la Caisse nationale des Industries électriques et gazières (Cnieg) et le versement des cotisations retraite acquittées par les salariés et les directions à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), et à l’Agirc et à l’Arrco pour ce qui est des retraites complémentaires.

La durée de cotisation a bel et bien augmenté comme la durée de vie des salariés du privé. L’âge moyen du départ des agents est passé de 55 ans en 2003 à 58 ans en 2015 (chiffres du Comité d’orientation des retraites, COR). Le volume financier qui sert à assurer nos spécificités, et en particulier le régime dit de “service actif”, est directement financé par les cotisations des entreprises et pour une part des salariés.

Notre régime spécial est démographiquement à l’équilibre, et financièrement assuré. Ce qui n’empêche pas les pouvoirs publics de vouloir le réformer pour des raisons purement idéologiques !

En réalité, en trente ans, les richesses produites en France ont été multipliées par deux. Mais dans le même temps, la part de PIB consacrée aux salaires et aux prestations sociales a chuté de 9,3 %, selon la Commission européenne.

Il s’agit là d’un véritable choix de société : quelle part des richesses créées voulons-nous consacrer au financement d’une protection sociale solidaire permettant à toutes et tous de vivre dignement ?

C’est dans cet écart croissant et toujours plus défavorable aux salariés et aux retraités, qu’il faut comprendre la posture idéologique libérale des gouvernements successifs depuis maintenant des décennies.

En se mobilisant pour défendre notre système de retraite, les électriciens et les gaziers défendent à la fois leurs droits et leur contrat social statutaire.

Les fédérations syndicales ne manqueront pas de vous informer et de vous appeler à agir pour le progrès social.

Pour ma part, j’en serai.


Calendrier des négociations

Jusqu’au 15 octobre : Jean-Paul Delevoye rencontre les représentants de 42 régimes spéciaux pour “dresser un état des lieux” et “fixer un calendrier de travail”.

Jusqu’en décembre : reprise de la concertation avec les organisations syndicales et patronales, débutée en 2017 ; réunions publiques autour d’élus locaux ou d’associations.

De fin septembre à décembre : organisation d’une consultation citoyenne

Été 2020 : Le projet de loi est soumis au vote du parlement.

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

20 − 5 =

Mentions Légales    I    Vie privée    I    Informations sur les cookies   I    Qui sommes-nous ?    I    Plan du site    I    CCAS ©2018

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?