Visions Sociales : clap d’ouverture pour les vingt ans du festival

De l’autre côté de Cannes, le festival Visions Sociales, qui se déroule sur les hauteurs de Mandelieu-la-Napoule, témoigne pour ses vingt ans de son caractère essentiel, avec une programmation ancrée dans l’actualité. ©Didier Delaine/CCAS

L’inauguration du festival de cinéma de la CCAS, qui fête ses 20 ans cette année, a eu lieu samedi 21 mai au Château des mineurs de La Napoule, dans les Alpes-Maritimes. Entre retrouvailles, émotion et échanges, la soirée fut douce et animée.

Loin de toute hystérie ou exubérance outrancière, c’est dans la joie partagée et la sobriété que Visions Sociales a débuté samedi 21 mai. Sans conteste impatients, l es participants sont venus par centaines fêter les 20 ans d’un festival de cinéma singulier, de retour après deux ans d’absence physique.

Sur les hauteurs de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), chacun s’est fait son cinéma sans paillettes, et sans attendre le top départ officiel, donné peu après 21 heures par la marraine de cette édition, l’actrice et réalisatrice Aïssa Maïga, engagée dans un combat contre le racisme et le sexisme présents dans le cinéma français. Car, bien avant, il y a eu l’avant-première : une cérémonie digne et festive, que chacun a goûtée dans ce lieu chargé d’histoire et d’authenticité.

Le mot d’Erwann Dupont, administrateur de la CCAS et élu responsable du festival, et celui de la marraine de cette édition, l’actrice et réalisatrice Aïssa Maïga. ©Didier Delaine/CCAS

Ici, pas de tapis rouge. Avec humilité, c’est sur la terrasse du château, ou sur l’estrade de la salle de cinéma, que les mots et les hommages se sont succédé. Avec respect, les noms de Daniel Arrachart, ancien président de la CCAS et de Léon Delfosse, ancien président de la Fédération CGT du Sous-Sol, entre autres, ont été salués par l’assemblée. En filigrane, un éloge rendu au travail accompli par ces deux visionnaires, qui sont à l’origine de la conservation du château de La Napoule, un patrimoine minier, et ont été des gardiens de la mémoire ouvrière ; l’éloge aussi de cette catégorie de travailleurs, pionnière dans la création du Festival de Cannes.


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Avec enthousiasme et fierté, Erwann Dupont, administrateur de la CCAS et élu responsable du festival, le rappellera au public dans son discours d’ouverture : « À quelques kilomètres de Cannes, depuis vingt ans maintenant, nous portons l’ambition de vous présenter une programmation ouverte et exigeante qui vous émeut, vous bouscule et vous questionne. »

Et ce soir encore, dans le Château des mineurs, la rencontre et la confrontation des idées font des étincelles, pour sublimer cet instant solennel et militant.

Quand la diversité n’est pas qu’un mot

Que ce soit sur écran – avec la projection d’un court-métrage sur l’exil et celle de « Marcher sur l’eau », le documentaire d’Aïssa Maïga sur le réchauffement climatique au Niger – ou bien dans les assiettes – avec, au menu, une cuisine du monde qui va prouver sa richesse –, la diversité de la programmation fait écho au cinéma de tous les continents montré depuis vingt ans au festival de la CCAS. C’est donc entre buffet froid et plats chauds que certains se nourrissent des différences, tandis que d’autres profitent du balcon sur la mer offert par le Domaine d’Agecroft de La Napoule.

Convivialité, culture, éducation populaire et regards ouverts sur le monde, niché au cœur d’un manoir de style écossais bordé d’un parc de 10 hectares, avec une terrasse offrant une vue panoramique sur la baie de Cannes… C’est ça, Visions Sociales ! ©Touristra ©Didier Delaine/CCAS

Plus tôt, dans la soirée, les trois jeunes réalisateurs du film « Les Enfants du marais », un premier long-métrage soutenu par la CMCAS Caen, qui suit quatre familles migrantes au cœur du plus grand squat de France, ont encore du mal à réaliser. Assis en face de l’exposition photo où s’affichent les paroles des illustres parrains et marraines du festival, Quentin Cézard, Raphaële Taquard et Thomas Gathy ont dans les yeux une candeur non dissimulée. « C’est un lieu extraordinaire ! Quel accueil… bien sûr que ça a du sens pour nous d’être ici. »

Quentin Cézard, Thomas Gathy et Raphaële Taquard, coréalisateurs et réalisatrice du documentaire soutenu par la CMCAS Caen, « Les Enfants du marais ». ©Didier Delaine/CCAS ©Keren Productions/France 3 Normandie

Voir le film sur la Médiathèque (en accès libre)

Des paroles corroborées par la marraine lors de son allocution. Toute en louanges, Aïssa Maïga parle en effet d’un lieu « hautement symbolique » : « Les valeurs de la CCAS me touchent et je me reconnais dans la démarche de ce festival. La culture est un droit et se doit d’être exigeante. Aussi, c’est avec plaisir que je déclare la vingtième édition ouverte ! »

Après la salve d’applaudissements, il y a un grand soupir. Puis la salle se tait. Et la lumière faiblit tout doucement pour laisser place à la projection. Atmosphère, atmosphère.


Ils et elles y étaient !

« J’aime l’idée d’un festival où l’on peut échanger avec les réalisateurs »

Murielle Delarue-Didier, retraitée, CMCAS Paris

Habituée de Visions Sociales, Murielle Delarue-Didier était présente lors des 20 ans du festival dans le cadre d’un séjour organisé par la CCAS. ©Didier Delaine/CCAS

« C’est la septième fois que je viens ici, et je n’ai jamais été déçue ! Pour moi, la variété de la programmation, en fonction du parrain ou de la marraine et des thèmes abordés, attirent indéniablement ma curiosité. En tant que cinéphile, j’aime l’idée d’un festival où l’on peut échanger avec les autres festivaliers, mais aussi avec les gens de la profession, notamment les réalisateurs. Et puis il y a le concept : quand tu vas voir un film en salle, s’il ne t’a pas plu… eh bien, tu rentres à la maison ! Ici, le programme et la durée du séjour offrent une latitude et un choix appréciables. Sans parler de ce cadre magique. Il y a ici à la fois un sentiment et une réalité tangible de se laisser porter par l’événement. »

« Ce n’est pas mon style de films… mais je suis curieux ! »

Maxime Martin, agent Enedis, CMCAS Caen

Maxime Martin, bénéficiaire de la CMCAS Caen, venait pour la première fois au festival Visions Sociales de la CCAS. ©Didier Delaine/CCAS

« Pour moi, c’est une première ! À vrai dire, je ne suis pas très cinéphile, mais j’ai suivi le groupe de camarades de la CMCAS ! Ça me donnera l’occasion de voir une autre facette des Activités Sociales, dans lesquelles je m’investis petit à petit. Le nom du festival, « Visions Sociales », a une certaine résonance avec mes valeurs, même si je l’avoue : ce n’est pas le style de films qui m’attire. Mais je suis quelqu’un de curieux et j’ai envie de découvrir d’autres univers, tout comme aussi le Festival de Cannes, auquel on peut avoir accès. Et puis il y a une ambiance particulière, ici, il y a beaucoup de fluidité dans les rapports entre les gens. Et ça me plaît ! »



Visions Sociales : 20 ans de cinéma en lutte

Pour les 20 ans du festival de cinéma des Activités Sociales, qui a lieu chaque année sur les hauteurs de La Napoule, à quelques encablures de la Croisette, retrouvez du 21 au 28 mai une programmation internationale ambitieuse : des fictions et des documentaires récents, originaires de France, d’Uruguay, d’Espagne, du Brésil, d’Israël, de Bosnie, de Slovénie…

Une édition numérique sera également proposée du 21 mai au 4 juin en accès libre sur la Médiathèque des Activités Sociales, ainsi que des projections et des initiatives « hors les murs » avec le concours de certaines CMCAS.



 

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