
Revisiter 5 000 ans d’histoire du patriarcat en un spectacle : c’est le projet de l’autrice Bernadette Gruson (compagnie Zaoum) et du comédien Jérémy Dubois-Malkhior dans le spectacle « Passons à autre chose », présenté aux bénéficiaires de la CMCAS Agen le 8 mars 2026. © Stéphane Sisco / CCAS
La CMCAS Agen a choisi le théâtre pour marquer la Journée internationale des droits des femmes. Avec « Passons à autre chose », écrit par Bernadette Gruson, le comédien Jérémy Dubois-Malkhior entraîne le public dans une traversée de cinq millénaires de patriarcat. Entre humour, malaise et réflexion, le spectacle secoue les certitudes et ouvre le débat avec les bénéficiaires.
Dans la salle, les rires éclatent d’abord franchement. Sur scène, le comédien entame la représentation façon blind test avec des airs populaires. Des refrains en apparence anodins, mais déjà traversés de clichés machistes. Peu à peu, il pousse le trait avec des chansons plus explicites, révélant les mécanismes à l’œuvre.
Derrière l’humour et les lumières façon karaoké, le propos se durcit. Les scènes frappent comme des coups au ventre et à l’âme. Les mots deviennent violents, crus, pour exposer ce que l’histoire et la société ont longtemps banalisé.
Ouvrir les yeux, donner des arguments

Revisiter 5 000 ans d’histoire du patriarcat en un spectacle : c’est le projet de l’autrice Bernadette Gruson (compagnie Zaoum) et du comédien Jérémy Dubois-Malkhior dans le spectacle « Passons à autre chose », présenté aux bénéficiaires de la CMCAS Agen le 8 mars 2026. © Stéphane Sisco / CCAS
Sur scène, Jérémy Dubois-Malkhior ne se contente pas de raconter : il s’expose. « Cela m’a amené à réfléchir au regard masculin, qui est aussi parfois le mien, reconnait-il. Il faut composer avec son histoire et comprendre comment on s’en sort. »
Pour Rémi Soler, président de la CMCAS Agen, c’est cette capacité à susciter la réflexion qui a motivé la programmation : « si nous organisons un spectacle le 8 mars, c’est pour ouvrir les yeux de certains et donner des arguments à celles et ceux qui sont déjà convaincus. » Dans un contexte de régression de certains discours, il juge essentiel de maintenir le débat : « Quand on abandonne ce terrain, les extrêmes prennent la place. » Ce qui l’a marqué, ajoute-t-il, c’est l’angle choisi : « Le patriarcat n’est pas présenté comme une accusation contre les hommes ou les femmes, mais comme un phénomène de société qu’il faut comprendre pour le questionner. »
Des spectateurs et spectatrices bouleversé·es
Dans la scène finale, trois lignes de sous-vêtements sont suspendues. Sur chacun, un mot : « Nous sommes le passé obscur du monde. Réinventons le présent. Passons à autre chose. » Un silence précède les applaudissements.
À la sortie, beaucoup se disent sonnés par la représentation. Laquelle résonne particulièrement un 8 mars, et rappelle surtout que l’égalité ne se construit pas en une journée, mais dans la durée. Sur scène comme dans la société. « Le chemin est encore long, conclut Jérémy Dubois-Malkhior. Mais si ce spectacle a ouvert une porte, j’espère que chacun choisira de la laisser ouverte. »
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