Face aux intimidations, la solidarité féministe fait front

8 mars 2023. © Amaury Cornu / Hans Lucas / AFP

8 mars 2023. © Amaury Cornu / Hans Lucas / AFP

Formation, soutien, sensibilisation… et engagement. Le partenariat entre la CCAS et la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF) est polymorphe. Il traduit l’engagement des Activités Sociales à protéger les femmes et leurs droits. Un combat quotidien où tous les coups semblent permis, y compris quand il s’agit de saturer le 3919, la ligne d’écoute nationale dédiée aux femmes victimes de violences et à leur entourage.


8 juin 2017, la CCAS et le Comité de Coordination des CMCAS s’unissent pour la première fois à la Fédération nationale Solidarité Femmes, réseau de 83 associations en France visant à accueillir, accompagner et héberger les femmes victimes de violences et leurs enfants, pour un partenariat de 3 ans. Son but ? Sensibiliser les bénéficiaires des Industries électriques et gazières (IEG) à) la prévention des comportements violents et sexistes, au travail, comme dans la vie privée. 

« Notre partenariat avec les Activités Sociales a commencé localement, entre l’APIAF (Association Promotion Initiative Femmes) et la CMCAS Toulouse, rappelle Agathe Breton, directrice métiers à la FNSF. L’idée était de proposer aux femmes victimes de violences et à leurs enfants des séjours dans les villages vacances des Activités Sociales. Rapidement, une vraie réflexion s’est engagée dans le repérage de situations d’urgence. Comment déceler si un enfant en colonie est lui-même victime de violence au domicile ? Comment doit-on réagir lorsque des victimes de violences au sein du couple sont agressées par leur partenaire sur leur lieu de vacances ? Des questions pour lesquelles nous nous employons à fournir des réponses en accompagnant la CCAS dans le cadre d’un partenariat national. » 

L’un des axes de ce partenariat vise donc à former les élus et salarié·es des Activités Sociales à comprendre, reconnaître et orienter les situations de violence conjugale. Devant les répercussions positives en interne et le climat hostile externe, la CCAS et le comité de coordination des CMCAS ont renouvelé cette même convention auprès de la FNSF. Une volonté marquée de lutter, encore et toujours, contre toutes formes de discriminations, d’inégalités et d’exclusion.



Les Activités Sociales persistent et signent la tribune du Planning Familial

Le Planning Familial, le plus grand réseau associatif et militant des services de santé sexuelle, a tiré la sonnette d’alarme : le 16 juin 2025, une tribune est publiée dans « Le Monde » afin de faire état des fermetures d’antennes, des baisses des subventions et du retrait d’agréments (liste non exhaustive). 

Près de 130 associations, structures et personnalités publiques ont répondu à l’appel, dont la CCAS. Pour rappel, chaque année les 2 000 militant·es du réseau, réparti·es dans 82 associations départementales du Planning, accueillent, accompagnent, conseillent et soutiennent plus de 500 000 personnes, notamment des femmes. Un organisme de proximité qui tend à s’effacer alors que le fossé des inégalités ne cesse de s’étendre.

« Réduire les financements du Planning familial, c’est s’attaquer à l’accès à la contraception, à l’avortement, à la prévention des IST, à l’éducation à la sexualité, à la prise en charge des personnes victimes de violences sexuelles. C’est remettre en cause des droits acquis de haute lutte. »
Extrait de la tribune du Planning familial du 16 juin 2025 



Saturation de la ligne d’écoute du 3919 : les répercussions sur les victimes

Formation, soutien, sensibilisation… Si ces actions sont menées, c’est qu’en face, les attaquent fusent. Ces derniers mois, le Planning Familial et la FSNF alertent sur la multiplication des menaces, de harcèlement et même de tentatives coordonnées de saturation de la ligne d’écoute du 3919. Cette ligne, créée en 1992 par la FNSF est, depuis le 1er janvier 2014, le numéro national de référence d’écoute téléphonique et d’orientation à destination des femmes victimes de violences et de leur entourage. Un des nombreux outils qui ne manquent pas de déranger. 

Mine Günbay, directrice générale de la FNSF, explique à « France Info » que ces attaques sont l’œuvre de masculinistes dont l’idée est de s’en prendre aux dispositifs dédiés aux femmes. Des actions révélatrices d’un contexte délétère dans lequel les Walkyries et leurs allié·es ont décidé de ne pas faire cavalière seule. Au contraire !



Mobilisation et nouveaux outils : la lutte prend de nombreux visages

La lutte continue, se renforce et surtout, se construit selon l’air du temps. C’est au tour du grand public qui, s’emparant du sujet, contre-attaque en soutien aux associations. 

Si les détracteurs profitent d’internet via les réseaux sociaux pour faire passer leurs messages souvent sous l’aspect de « troll » (personne cherchant à blesser et/ou à provoquer un conflit en publiant des commentaires virulents et/ou controversés en ligne), n’y a-t-il pas une carte à jouer ? 

Depuis quelque temps, une vague de révolte tous azimut éclabousse le camp masculiniste. Ces comptes sont maintenant débusqués et exposés publiquement. Sous couvert d’anonymat, les propos et noms d’oiseaux allaient bon train, sans aucune répercussion. C’était avant que leurs visages s’affichent et que leurs réseaux (professionnel et privé) découvrent l’envers du décor… Les masques tombent et la vérité éclate. Parfois controversée, la méthode est toutefois légale puisque toutes les informations données sur la toile sont publiques. Elle reste une réponse apportée aux multiples menaces que reçoivent les défenseurs, tous genres confondus, des droits des femmes.

Enfin, la FNSF continue de réfléchir à de nouveaux outils. Depuis le 2 février 2026, un chat en ligne est ouvert du lundi au vendredi de 13 heures à 20 heures. Une alternative complémentaire au 3919 et souvent plus discrète qui a permis de réaliser plus de 200 échanges en deux mois et demi.


Points de repère

Le 3919 c’est : 

  • 400 appels tous les jours
  • 108 241 appels pris en charge en 2025

Quelques chiffres sur les violences intrafamiliales 

  • 66% des auteurs sont le partenaire régulier de la victime
  • 22 390 enfants sont concernées par les violences conjugales à minima 
  • 96% des enfants sont victimes de violences indirectes 

Pour plus de données, consultez le rapport d’observation de 2025 de la FNSF https://solidaritefemmes.org/wp-content/uploads/2026/03/Rapport-du-3919-annee-2025.pdf 

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