“Breizh migrants”, carnets de route solidaires

Les enfants de la colo voisine de Saint-Lunaire en visite à l’exposition “Breizh migrants”, le 26 octobre 2017, dans le cadre du festival Quai des bulles à Saint-Malo. ©Charles Crié/CCAS

La CMCAS Haute Bretagne a créé l’événement au festival de bande dessinée Quai des bulles de Saint-Malo, avec l’album “Breizh migrants, de la jungle de Calais à la Bretagne”, et l’exposition que lui a consacrée le festival.

On l’attendait depuis un moment ce bouquin, dans la communauté solidaire bretonne qui a participé à l’accueil l’an passé des réfugiés venus de Calais, parmi les centaines de bénévoles, professionnels, élus locaux qui se sont mobilisés, en force et en nombre, dès le mois d’octobre 2016.

Lire aussi : [Dossier] Accueil des réfugiés, chroniques d’une solidarité en acte

Les équipes des Activités Sociales n’étaient pas les moins impatientes. Et pour cause : la CCAS a accueilli 1 300 réfugiés, dont un nombre important en Bretagne. Une aventure humaine inédite, où chacun s’est littéralement dépassé, tenant les valeurs de dignité, de solidarité et de justice comme la barre d’un voilier dont il fallait bien écrire le journal de bord : “Jean-François Larher, le président de la CMCAS Haute Bretagne, et Loïc Macé, son secrétaire général, connaissaient mon travail”, raconte Laurent Lefeuvre, auteur de bande dessinée, Breton à la petite quarantaine et aux yeux sortis intacts de l’enfance.

“Ils sont venus me trouver et ils m’ont dit : Laurent, raconte ça !”

Laurent Lefeuvre va donc parcourir les centres de vacances, devenus des CAO (centre d’accueil et d’orientation), pour rencontrer les équipes des associations et des Activités Sociales. Il passera deux jours aux côtés des jeunes mineurs isolés de Saint-Cast-le-Guildo et d’adultes hébergés à Trébeurden et Tregastel (Côtes-d’Armor) , des équipes de la restauration et d’encadrement. S’immerger pour raconter.

Extrait du reportage dessiné “Breizh migrants”, qui conte la trajectoire et la vie quotidienne des migrants accueillis dans les centres de vacances de la CCAS l’hiver dernier. ©Laurent Lefeuvre/CMCAS Haute Bretagne

Dans cet album, tout commence par… le commencement : la visite dans la cabine du conducteur de TER qui emmène Laurent Lefeuvre vers Trébeurden, quelque temps après les manifestations d’extrême droite contre l’arrivée annoncée des réfugiés : “La Bretagne a une tradition d’accueil. Et les Bretons voyagent. Parfois pour découvrir le monde, parfois pour fuir la misère. C’est pour ça qu’on résiste bien à l’extrême droite : on n’a pas toujours été riche, conclut le cheminot philosophe, mais on a de la mémoire…”

Extrait du reportage dessiné “Breizh migrants”, qui conte la trajectoire et la vie quotidienne des migrants accueillis dans les centres de vacances de la CCAS l’hiver dernier. ©Laurent Lefeuvre/CMCAS Haute Bretagne

Le carnet de route de Laurent Lefeuvre n’élude rien, ni les émotions, ni ce qui a pu lui paraître “décalé”. Dans son reportage dessiné, on s’initie aux règles administratives et (un peu) à la géopolitique. On croise une foule de visages pleins d’histoires. On est immédiatement embarqué dans la vie quotidienne des centres d’accueil.

Portrait d’Idriss, jeune électricien soudanais, croqué par Laurent Lefeuvre et exposé au festival Quai des bulles, le 26 octobre 2017 à Saint-Malo. ©Charles Crié/CCAS

“Je ne savais pas où j’allais”, raconte le dessinateur aux enfants de la colo voisine de Saint-Lunaire. Captivés, les 9-11 ans viennent de parcourir les planches exposées au centre Salvador-Allende de Saint-Malo, lors de l’inauguration de l’exposition consacrée à “Breizh migrants”. “J’étais comme ces exilés : ils ne savent pas où ils vont, mais ils avancent. Le chemin, le leur, le mien, celui du livre, se fait en marchant. Dessiner, c’est observer, tracer un trait pour comprendre, dit-il. Un dessin, c’est la prise de note d’une émotion intime.” Il ajoute qu’on ne prend pas “à l’arrache” le portrait de ceux qui n’avaient plus de visage.

“J’ai commencé, je me souviens, par dessiner le portrait d’une jeune actrice sur le téléphone d’un réfugié de Trébeurden. Ils ont pris confiance et moi aussi”.

Laurent Lefeuvre explique son travail aux enfants de la colo de Saint-Lunaire, en visite à l’exposition “Breizh migrants”, le 26 octobre 2017, dans le cadre du festival Quai des bulles à Saint-Malo. A droite, Jean-François Larher, président de la CMCAS Haute Bretagne. ©Charles Crié/CCAS

Laurent et son carnet ont, au fil des jours, fait partie de l’aventure qui se jouait à l’abri des centres de vacances sans vacanciers : “Moi, je dessine plutôt des super-héros, déclarera Laurent Lefeuvre lors de la cérémonie d’inauguration de l’exposition, aux côté des élus de Saint-Malo, des Activités Sociales et des animateurs de Quai des bulles. Mon personnage principal, c’est Fox Boy. J’aime montrer ce qu’il y a de banal chez les super-héros, et ce qu’il y a d’héroïque chez les personnages banals. Tout au long de mon parcours auprès des migrants dans les Activités Sociales, j’ai rencontré de vrais personnages héroïques, sans pouvoirs magiques ni super-puissances”. “Breizh migrants” : à lire absolument !

En savoir plus

“Breizh migrants, De la jungle de Calais à la Bretagne”, de Laurent Lefeuvre, édité par la CMCAS Haute Bretagne avec le soutien de la CCAS, 88 p., 5 €.

Les recettes des ventes de l’album seront intégralement reversées à SOS Méditerranée, association européenne de sauvetage en mer Méditerranée.

Pour se procurer “Breizh migrants” ou connaître les disponibilités de l’exposition, contactez la CMCAS Haute Bretagne sur son site internet ou sa page Facebook.

Article modifié le 6 novembre 2017.

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