Contre les LGBTphobies, EnerGay ne désarme pas

Le nouveau conseil d’administration d’EnerGay, élu le 24 février dernier lors de l’assemblée générale de l’association à Montreuil (Seine-Saint-Denis). ©Bertrand de Camaret/CCAS

Zoom sur les projets en cours de l’association LGBT des Industries électriques et gazières, et rencontre avec les nouvelles têtes du conseil d’administration.

Accompagnement des salarié.es en transition de genre, sollicitations par de nouvelles entreprises de la branche de l’énergie pour des actions de sensibilisation, préparation du Festival d’Énergies, du Printemps des associations et de la Marche des fiertés… L’année promet d’être bien remplie pour EnerGay, association des lesbiennes, gays, bi.es, trans (LGBT) et de leurs ami.es des IEG. Les six nouvelles paires de bras accueillies au bureau de l’association lors de l’assemblée générale (voir plus loin), qui s’est tenue le 24 février dernier, ne seront certainement pas de trop pour porter haut les projets en cours.

Visibilité LGBT au travail : état des lieux

Qu’est-ce qu’être lesbienne, gay, bi ou trans dans le monde du travail en 2017 ? Le baromètre LGBT et monde du travail réalisé par l’Ifop et L’Autre Cercle, fédération de professionnel.les LGBT, donne quelques indicateurs. L’enquête a été conduite en ligne auprès des salarié.es des 75 entreprises et collectivités signataires de la Charte de l’engagement de L’Autre Cercle, qui par là s’engagent notamment à créer un environnement inclusif pour les personnes LGBT, y compris en termes de droits, et à les soutenir si elles sont victimes de propos ou actes discriminatoires. “Sans sanctions ni menaces, les choses avancent”, indique la présidente de L’Autre Cercle, Marie-Hélène Goix.

Baromètre LGBT et monde du travail 2017 (voir les résultats)

En effet, rien n’oblige actuellement les entreprises à lutter contre l’homophobie et la transphobie, bien que l’orientation sexuelle et l’identité de genre soient reconnues comme critères de discrimination au travail (respectivement depuis 2001 et 2012). Rien ne les oblige non plus à négocier des accords, comme c’est le cas pour l’égalité femmes-hommes. La sensibilisation aux problématiques LGBT (orientation sexuelle et identité de genre, homoparentalité, procréation médicalement assistée…) repose entièrement sur l’existence d’associations professionnelles telles qu’EnerGay, d’ailleurs membre du réseau Homoboulot, qui fédère celles et ceux qui œuvrent en ce sens dans le monde du travail.

Et dans les IEG ?

En matière d’intégration de l’orientation sexuelle à la politique diversité, toutes les entreprises de la branche de l’énergie n’en sont pas au même point. Deux entreprises sont déjà signataires de la charte de L’Autre Cercle (EDF depuis 2015, et Engie depuis décembre dernier) et une autre, GRTgaz, s’y apprête. Signe d’une évolution des mentalités ? À GRTgaz, Marie Maigné, chargée de développement RH, a enquêté sur la visibilité homosexuelle, encore peu prise en compte dans la politique diversité, là où EDF par exemple affiche une certaine inclusivité, y compris en contribuant à la notoriété d’EnerGay parmi les salarié.es. Le sujet, s’il reste encore tabou, est donc bien en train de sortir du placard.

“C’est une liste d’engagements, pas une affiche à coller au mur.”

Mais en se positionnant comme “gay-friendly”, c’est-à-dire s’affichant comme bienveillantes à l’égard des communautés LGBT, les entreprises n’en tirent-elles pas aussi des bénéfices en termes d’image ? “Il ne s’agit pas de jouer les première dames”, prévient Florian Baratte, président d’EnerGay, soulevant la question des moyens, humains et financiers, alloués par les entreprises à l’association. Comprendre : nous ne ferons pas figuration. “C’est une liste d’engagements, ajoute-t-il, pas une affiche à coller au mur”.


De nouvelles têtes au conseil d’administration

Réuni.es en assemblée générale le 24 février dernier à Montreuil (Seine-Saint-Denis), les adhérent.es ont élu deux nouvelles administratrices et quatre nouveaux administrateurs, lorsque d’autres ont été reconduits. Parmi eux, Florian Baratte, agent EDF, a été reconduit à la présidence. Il est également secrétaire général de l’Inter-LGBT, fédération nationale d’associations LGBT+ organisatrice de la Marche des fiertés (lire notre portrait).

©Bertrand de Camaret/CCAS

Sébastien Fourès, 39 ans, conseiller clientèle à Colombes (Hauts-de-Seine), est élu trésorier adjoint.

Embauché en 2012 à Louveciennes, dans les Yvelines, Sébastien souhaite s’engager à EnerGay pour épauler les salarié.es qui, comme lui, ont subi une homophobie décrite comme “insidieuse”. L’ayant vécue de la part d’un ancien supérieur hiérarchique, le jeune homme dédie son engagement à celles et ceux “qui vivent des situations beaucoup plus graves”.


©Bertrand de Camaret/CCAS

Sandrine Cano, 50 ans, conseillère clientèle EDF à Nîmes (Gard), est élue secrétaire adjointe.

Embauchée en 2012, Sandrine a constaté des discriminations à son égard. “Dans mon dos, ça rigolait beaucoup”, confie cette ancienne intérimaire, qui considère que son homosexualité fait partie de sa vie privée. Mais, ajoute-t-elle, “j’attends qu’on découvre d’abord qui je suis, si on me pose la question, je ne mens pas”. Ce qu’elle compte apporter : “Mon vécu, mes conseils et mon écoute tout simplement.”


©Bertrand de Camaret/CCAS

Frédéric Lefèvre-Hautemer, 56 ans, responsable technico-commercial chez EDF à Rouen (Seine-Maritime), est élu administrateur.

Agent EDF depuis 1982, Frédéric est également délégué territorial de l’association Les Oublié.es de la mémoire, qui œuvre à la (re)connaissance de la déportation pour motif d’homosexualité. Il anime chaque semaine depuis cinq ans l’émission “l’Esprit de l’Escalier” sur la radio associative HDR, créée par l’association rouennaise Escalier LGBT.


 

Siègent également au conseil d’administration (de g. à dr. et de haut en bas) : Florian Baratte (président), Nicolas Sanssouci (vice-président), Bruno Zannotti (secrétaire), Jean-Paul Escoffier (trésorier), Jérôme Vinches (administrateur), Philippe Étienne et Eddy Fatmi (administrateurs, excusés pour l’assemblée générale).


Une association de bénévoles : fondée en 2002, l’association EnerGay est animée par des agent.es des Industries électriques et gazières bénévoles. Ses membres peuvent être référent.es régionaux.ales, mais se déplacent aussi dans toute la France pour représenter l’association lors d’événements ou rencontrer des interlocuteur.rices dans les entreprises.

Un numéro d’écoute : si vous rencontrez une situation problématique sur votre lieu de travail, que vous en soyez témoin ou victime, ou si vous souhaitez simplement contacter l’association, un numéro d’écoute est à votre disposition : 06 77 50 32 87.

On adhère, qui que l’on soit, et quelles que soient son orientation sexuelle ou son identité de genre, afin de soutenir l’action de l’association. L’adhésion n’est pas publique : seule l’association connait votre identité. Voir le bulletin d’adhésion

Contact : 06 77 50 32 87 / energay@energay.org
Site internet :
www.energay.org
Page Facebook : @energay

 

Article modifié le 2 mars 2018.

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