CSMR : “Avec Solimut, nous revenons aux racines du mouvement mutualiste”

Nicolas Cano, président de la CCAS. ©Joseph Marando/CCAS

Huit ans après la création de la Mutieg, la gestion de la couverture surcomplémentaire maladie des retraités (CSMR) a été confiée à Solimut Mutuelle de France, acteur historique du mouvement mutualiste. Nicolas Cano, président de de la CCAS, nous en dit plus sur ce dossier qui concerne au premier titre la santé des retraités de la branche des Industries électriques et gazières.


Lire aussi
CSMR : tout savoir sur le transfert à Solimut


Le 5 décembre dernier, vous avez écrit une lettre aux adhérents du contrat CSMR sur son transfert à Solimut, qui a suscité des interrogations dans le pays. Que voulez-vous dire aujourd’hui aux retraités ?

Nicolas Cano – Je comprends que cette situation ait pu inquiéter et c’est légitime, mais il était important pour moi d’informer les 130 000 adhérents de ce contrat de la situation à ce moment-là. Ce courrier est arrivé de façon concomitante avec l’envoi des cartes de mutualiste d’Énergie Mutuelle 2019, jumelée à une augmentation de cotisation…

Cela fait beaucoup, d’autant plus que nous avons tous et toutes en mémoire les difficultés du transfert de gestion de la couverture santé des CMCAS vers la Camieg en 2007. Mais les deux situations ne sont pas comparables.

Je le redis, concernant la CSMR, les retraités n’ont pas et n’auront pas de démarches à effectuer. Courtier, assureur, salariés et élus des Activités Sociales sont mobilisés. Les conditions ont été créées pour que ce transfert du contrat d’Énergie Mutuelle vers Solimut se passe au mieux.

D’ailleurs, je précise qu’on ne m’a pas signalé de retard dans le remboursement des frais médicaux. Toutefois si, d’ici à l’été, il y a des collègues ou des pensionnés en difficulté, il faut qu’ils sollicitent leurs CMCAS et SLVie.

Et concernant les augmentations de cotisations en 2019 ?

Cette augmentation est sans lien aucun avec le transfert de gestion à Solimut.

Pour faire simple, le montant de la cotisation de la CSMR est calculé afin de maintenir l’équilibre financier du contrat et conserver un haut niveau de couverture santé. Chaque année, le conseil d’administration de la CCAS prend acte du rapport entre les rentrées de cotisations et les dépenses de santé des retraités. L’augmentation répercutée pour cette année permet donc d’assurer l’équilibre des comptes du contrat CSMR.

J’ajoute que cette hausse de cotisations est limitée à 10 %, sauf pour les assurés dont le coefficient est inférieur à 10 520 euros, qui, au titre de la solidarité, voient leurs cotisations prises en charge. Au-dessus de ce coefficient, l’augmentation brute des contrats CSMR correspond à une augmentation mensuelle de 2,44 à 3,45 euros pour les formules “Isolé” et de 4,52 à 6,41 euros pour les formules “Famille”.

Enfin, les Activités Sociales continuent et continueront de financer la CSMR à hauteur de 27 millions d’euros par an au titre de la contribution au financement des Activités Sociales (auparavant 1%). C’est un choix politique assumé et qui profite à toutes et à tous.

Parallèlement à cet équilibre de gestion que nous nous devons de maintenir, la loi de financement de la Sécurité sociale est venue impacter les grilles de remboursement des mutuelles, imposant des hausses de tarifs. Cette loi acte un désengagement financier de l’État que les mutuelles ne peuvent pas absorber sans répercuter des hausses de cotisations. Nous avons donc été également dans l’obligation d’intégrer cet élément qui s’impose à nous dans le calcul du montant de la cotisation annuelle.

Les liens entre le mouvement mutualiste et les Activités Sociales sont anciens. Peut-on considérer que ce nouveau partenariat permet et permettra de les renforcer ?

Absolument. Le mouvement mutualiste a été créé au XIXe siècle par la gestion ouvrière et, dès la création des Caisses mutuelles complémentaires et d’action sociale en 1948, ce lien s’est établi.

Ces relations étaient d’abord locales : les CMCAS ont toujours cherché à améliorer les prestations maladie des assurés en complément du régime spécial des électriciens et des gaziers. Dans la mesure où Solimut, qui puise ses racines dans le Grand Conseil de la Mutualité des Bouches-du-Rhône, est adhérente du mouvement des Mutuelles de France, on peut dire que nous revenons aux racines de notre mouvement.

Enfin, je rappelle que c’est avec Solimut que les Activités Sociales ont construit le contrat CSMR en 2011. Solimut en assurera l’été prochain la gestion complète. C’était logique d’une certaine façon.

Qu’est-ce qui a motivé le conseil d’administration de la CCAS à prendre cette décision du transfert de gestion ?

Les liens s’étaient distendus avec Énergie Mutuelle et, d’un partenariat gagnant-gagnant, nous en étions arrivés à un rapport client-fournisseur.

Or au nom des électriciens et des gaziers, nous étions en droit d’attendre des relations plus étroites avec le gestionnaire du contrat CSMR.

Je peux comprendre que certains n’aient pas compris cette décision, mais la question de la protection sociale des agents des Industries électriques et gazières nécessite un vrai partenaire avec lequel nous pouvons construire l’avenir.

Qu’attendez-vous de ce partenariat avec Solimut ?

La première chose que nous en attendons, c’est qu’il n’y ait aucune perturbation dans les remboursements du tiers-payant pour les retraités. Ensuite, nous attendons une amélioration des prestations, l’accès aux antennes de proximité pour les retraités en complément des plateformes téléphoniques à disposition, la mise en place de campagnes de prévention spécifiques pour les retraités, et des économies de gestion du fait que le “propriétaire” du contrat et le gestionnaire sont le même organisme.

Comment voyez-vous l’avenir de ce contrat ?

Je suis conscient de l’environnement politique dans lequel nous évoluons, mais je reste confiant. Notre modèle de protection sociale n’est égalé dans aucune autre branche professionnelle, ni dans le reste de la société. Le contrat CSMR est une exception dans le secteur des mutuelles en France, que nous avons inventé de toutes pièces : il ne couvre que les retraités.

Notre système de protection sociale est de qualité. L’espérance de vie des électriciens et des gaziers semble supérieure à celle du reste de la population. C’est le résultat d’un bon système de protection sociale. La solidarité est une valeur essentielle de nos organismes, et la CSMR en est l’un des plus beaux exemples.

1 Commentaire
  1. BALANCZUK 1 mois Il y a

    Bonjour
    J’ai subi une augmentation de la CSMR 2019 de + 3,93 euros alors que Nicolas Cano parle dans son article d’une augmentation de 2,44 à 3,45 euros. Pourquoi cette différence dans mon cas ????
    Merci pour votre éclaircissement

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

quatre × 4 =

Mentions Légales    I    Vie privée    I    Informations sur les cookies   I    Qui sommes-nous ?    I    Plan du site    I    CCAS ©2018

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?