“H o m” : une danse pour rejouer l’équilibre fragile de la vie humaine

“H o m”, un spectacle du groupe FLUO, au programme des rencontres culturelles de l’été 2020. ©Mark Maborough

Un mobile, ou plutôt un stabile, qui s’érige pas à pas, au fur et à mesure d’une chorégraphie orchestrée par le danseur Benoit Canteteau. Voilà “h o m”, le dernier spectacle époustouflant du groupe FLUO, qui débute sa tournée culturelle le 5 août dans les villages vacances.

Votre spectacle “h o m” est une danse en construction. Expliquez-nous ?

“H o m” est une construction qui mêle danse et bricolage : c’est un assemblage minutieux de différents éléments de bois, métal et autres matériaux, qui viennent seulement se poser en équilibre les uns sur les autres. Une fois assemblée, la sculpture mesure plus de 2,20 mètres de hauteur pour 10 mètres d’envergure. Elle bouge sur elle-même soit par l’action du danseur, soit au gré du vent.

Dans le spectacle, nous sommes deux interprètes, une comédienne et un danseur. En constante interaction, nous tentons ensemble de réaliser cette construction. C’est une danse, car tout est minutieusement chorégraphié : le corps passe d’un objet à l’autre, dans une sorte de mouvement continu se laissant agir par le poids, les formes et l’inertie.

Comment est née l’idée de “h o m” ?

“H o m” est une continuité dans la démarche artistique que je mène au sein du groupe FLUO. En effet, la pièce poursuit une recherche amorcée dans la précédente création, FOSSIL, autour du geste artisanal et de construction chorégraphique. Pour cette nouvelle création, l’idée était de travailler à la réalisation d’une sculpture dont on voie le procédé de A à Z, un peu à la manière d’un jeu de Kapla.

Ensuite, je voulais qu’au travers de cette construction puissent émerger de multiples lectures et interprétations chez le spectateur. Ma volonté a été de croiser la construction de cette sculpture avec l’idée de construction personnelle. Depuis le début des créations, j’aime assimiler le rapport à l’équilibre physique du corps et des objets à la notion “d’équilibre personnel”, qui est à la fois une notion couramment utilisée et extrêmement abstraite pour ma part.

Le groupe FLUO s’attache à mêler différentes disciplines : danse, arts du cirque et de la rue… Est-ce parce ce que le danseur chorégraphe venu du monde circassien que vous êtes n’arrive pas à choisir ?

(rires) Je ne dirai pas que c’est parce que je n’arrive pas à choisir… au contraire le choix est toujours quelque chose de très clair. Il entre en jeu au début de chaque création en termes d’intentions et de procédé sélectionnés. Disons que, de par mon parcours, j’use de de différents médiums, et que je n’ai jamais cherché à me restreindre à un seul ; au contraire, j’ai toujours plutôt cherché à les mettre en relation.

Si je devais résumer grossièrement, je dirais que j’ai emprunté à la danse le rapport au mouvement et à l’espace, au cirque le rapport au risque, à la chute et l’équilibre, et une certaine forme de physicalité un peu brute, et aux arts visuels des moyens de compositions entre le corps, l’objet et l’espace.

“Je vois le mobile comme une représentation de ce que pourrait être notre personnalité, notre construction en tant qu’individu.”

©Clara Masson

Que symbolise le stabile, cette sculpture que vous bâtissez durant la représentation ?

C’est en fait à partir de cette idée que la création a débuté. Je vois le mobile comme une représentation de ce que pourrait être notre personnalité, notre construction en tant qu’individu. C’est à dire, un ensemble de fragments (une culture, une éducation, des souvenirs, des expériences, des événements, des rencontres…) qui sont totalement interconnectés les uns aux autres, et en équilibre permanent. Toujours à vaciller lorsque tout va bien, nous sommes dans l’extrême légèreté, la grâce de l’équilibre, le bien-être ; et lorsque ça ne va pas, ça se déséquilibre, cela menace de s’effondrer, c’est la crise, la dépression… Cela marche autant pour un individu, qu’un groupe ou une société.

De plus, le mobile est un objet totalement intragénérationnel que je trouve fascinant, autant auprès de l’enfant que de l’adulte : on est tous sensibles aux mouvements gravitationnels du mobile dans l’espace.

Concentré sur votre performance, parvenez-vous à entrer en relation avec le public ?

La place de la comédienne est vraiment à cet interstice. Pour ma part, la pièce demande une forte concentration, donc j’ai bien sûr une pleine conscience et une ouverture avec le public, mais je ne recherche pas d’interaction directe. En revanche, la comédienne, est vraiment le vecteur entre mes actions, et des pensées et ressentis que le public pourrait avoir, dont elle se joue. Elle instaure une relation triangulaire, entre le public, elle et moi-même, pour faire émerger des moments tantôt poétiques, philosophiques, tantôt drôles car décalés.

Votre tournée dans les villages vacances des électriciens et gaziers débute le 5 août ; dans quel état d’esprit l’abordez-vous ?

Eh bien, nous avons d’abord pris quelques jours de vacances pour être en forme ! Il est assez rare, du moins en danse, d’enchaîner autant de représentations, dans des lieux différents en aussi peu de temps. Ces rencontres sont donc quelque chose d’unique que nous sommes très contents de vivre. Nous espérons que la pièce suscitera de la curiosité et sera l’occasion de belles rencontres.


Où voir “h o m” ?

Toutes les dates et lieux de la tournée culturelle du spectacle sur ccas.fr > rubrique culture et loisirs

mediatheque

Cliquez sur le visuel pour consulter la brochure

 

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