Le handisport à l’honneur au stade Charléty

L’Handisport Open Paris est la dernière chance pour les athlètes de se qualifier pour les mondiaux de Dubaï qui auront lieu en novembre. ©Eric Raz/ CCAS

Le stade Charléty a accueilli, les 29 et 30 août derniers, le Handisport Open Paris sous les yeux de nombreux enfants venus découvrir l’activité physique en situation de handicap. Partenaire de la Fédération française handisport, les Activités Sociales étaient représentées par deux de leurs élus.

Il est un peu plus de 9 heures ce jeudi matin quand les athlètes se mettent en position pour la finale du 400 mètres. Cinquante-huit secondes et vingt-trois centièmes plus tard, la concurrente turque franchit la ligne d’arrivée, suivie des autres compétitrices. Toutes reçoivent une chaleureuse ovation venant des gradins. Une scène somme toute anodine dans un stade d’athlétisme. À un détail près : les sportives sont en fauteuil roulant.

Course, lancer, saut… toutes les disciplines de l’athlétisme handisport sont réunies lors du même événement.

Au total, près de 700 athlètes venus de 62 pays participent au Handisport Open Paris 2019, épilogue d’une série de trois compétitions internationales handisport accueillies par la France cette année. Certains sont non-voyants, d’autres paraplégiques, d’autres encore sont amputés et portent des prothèses spécialement conçues pour la course à pied.


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Cette compétition organisée par la Fédération française handisport (FFH) est un moment important pour ces sportifs de haut niveau : c’est leur dernière chance de décrocher un billet pour Dubaï, où auront lieu, du 7 au 15 novembre, les Championnats du monde d’athlétisme. Beaucoup d’athlètes ont également en tête les Jeux paralympiques qui se tiendront l’été prochain à Tokyo.

©Eric Raz/ CCAS

Course, lancer, saut… toutes les disciplines de l’athlétisme handisport sont réunies lors du même événement.

Retrouver l’estime de soi

Alors que la conférence de presse de l’équipe de France s’achève, un joyeux brouhaha s’installe dans le stade. À quelques jours de la rentrée scolaire, des centaines d’enfants se sont massés dans les gradins pour encourager les athlètes. Ces derniers se prêtent volontiers au jeu des autographes une fois leur épreuve terminée. Parmi les sportifs les plus populaires : le champion d’escrime Robert Citerne.

Depuis sa médaille d’or aux Jeux paralympiques de Séoul en 1988, “Bob le Ouf” – ainsi que le surnomment ses proches – continue d’évoluer au plus haut niveau. À première vue, difficile de déceler ce qui le différencie des fleurettistes valides. Atteint d’hémiplégie depuis la naissance, il est, à 58 ans, un modèle de longévité pour tous les sportifs, handicapés ou non.

Séance de dédicace avec les enfants. ©Eric Raz/ CCAS

La compétition est-elle un moyen de dépasser son handicap ? “Elle offre la possibilité aux personnes en situation de vulnérabilité de s’affirmer et de retrouver l’estime de soi”, estime en tout cas Guislaine Westelynck, présidente de la FFH. Mais le handisport ne se réduit évidemment pas à la compétition, comme le rappelle Valérie Thuderoz, secrétaire générale du Comité de coordination des CMCAS, présente à Charléty : “Dans les Activités Sociales, nous défendons aussi le sport loisirs, qui a une fonction émancipatrice.”

Grâce au partenariat signé en 2008 avec la FFH, la CCAS fait découvrir chaque année à ses bénéficiaires, dans ses centres de vacances, les activités handisport. Un partenariat dont Guislaine Westelynck se dit ravie : “Je souhaite que cette collaboration perdure le plus longtemps possible !”

Dans la peau d’une personne handicapée

Au-delà de la compétition, la FFH cherche, lors des événements qu’elle organise, à sensibiliser l’opinion publique à la question du handicap. Ce jeudi, dans les travées du stade Charléty, des bénévoles proposent aux enfants des ateliers où ils peuvent se mettre dans la peau des personnes invalides.

À travers le jeu, l’objectif est de les amener à prendre conscience des difficultés auxquelles sont confrontées les personnes handicapées dans la vie de tous les jours. Mais également de leur montrer que l’on peut aussi jouer et faire du sport malgré le handicap.

Le village sportif propose des expériences sportives et sensorielles pour placer le public valide en situation de handicap.

Seety, Kervian, Yahia, Hugo et leurs camarades s’essaient à la course pour non-voyants qui se pratique à deux. Attaché à son partenaire par le poignet, le coureur valide doit guider son partenaire qui a les yeux masqués par un bandeau. La clé de la réussite réside dans l’entraide et la confiance, comme l’explique Sacha, enseignant en activité physique adaptée qui intervient ici pour l’association iiSport : “On met l’accent sur le facteur émotionnel. Au début les enfants ont un peu peur mais ils se prennent vite au jeu.”

Cap sur les JO de 2024

Pour Jean-Marc Croce, membre du Conseil d’administration de la CCAS, les personnes en situation de handicap ne bénéficient pas encore de l’attention qu’elles méritent. D’autant que “80% d’entre elles présentent un handicap non visible”, affirme l’élu. Guislaine Westelynck, elle, préfère voir le verre à moitié plein : “Aujourd’hui, tout le monde connaît le handisport. Désormais, les médias nous prêtent une oreille attentive, notamment France Télévisions”, se réjouit la présidente de la FFH.

Guislaine Westelynck, présidente de la FFH, nageuse médaillée aux Jeux Paralympiques de Séoul en 1988. ©Eric Raz/ CCAS

À cinq ans des Jeux olympiques et paralympiques 2024, organisés à Paris, les Activités Sociales sont déjà dans les starting-blocks. “Nous avons la chance de disposer d’un important tissu de bénévoles que nous comptons bien mettre à contribution lors des JO, avance Valérie Thuderoz. Cet événement nous offre une formidable tribune pour faire connaître le handisport auprès du personnel des Industries électriques et gazières.”

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