Tourisme social : état des lieux

Vacances au centre CCAS de Pleaux – été 2015 ©Sébastien Le Clézio/CCAS

C’est un paradoxe: alors qu’un Français sur deux et un enfant sur trois ne partent pas en vacances faute de ressources suffisantes, et que le taux de départ chute depuis une quinzaine d’années, les aides des pouvoirs publics qui pourraient inverser la tendance sont quasi inexistantes.


Désormais confiée au ministère des Affaires étrangères, la politique en matière de tourisme mise tout sur l’international, espérant engranger les devises des touristes étrangers. Dans les derniers trains de mesures censés développer ce secteur, l’accès et le droit aux vacances pour tous sont passés à la trappe. Quant au tourisme social –sa démarche d’émancipation, d’éducation populaire, d’ouverture culturelle, son ancrage dans des zones géographiques souvent rurales, sa valeur ajoutée en matière d’aménagement du territoire, d’emploi et de retombées économiques pour les acteurs locaux– il a tout bonnement disparu. Tombé aux oubliettes.

On n’a pourtant jamais eu autant besoin du tourisme social. Pour faire vivre des territoires délaissés par le tourisme marchand. Pour améliorer le quotidien de nombreux saisonniers. Pour créer du lien social et offrir des moments privilégiés où l’on peut s’ouvrir et s’enrichir en allant à la rencontre de l’autre. Selon une étude de l’Unat (Union Nationale des Association de Tourisme et de plein air), hors frais d’hébergement et de transport, une famille accueillie dans un village vacances du tourisme social dépense environ 490 euros par semaine, dont 85 % dans les commerces de proximité, en particulier les commerces alimentaires.

Pour lutter contre la précarité des saisonniers, certains opérateurs ont adopté le CDI intermittent, un contrat annualisé sur dixmois garantissant une certaine sécurité, facilitant aussi les démarches pour obtenir un prêt bancaire. En se regroupant pour unir leurs forces et faire entendre leur voix, en adaptant leurs offres, voire leurs modèles économiques, les opérateurs du tourisme social font plus que résister. Ils le font vivre en le réinventant. Sans renier leurs valeurs.

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