Julien Lauprêtre, ou la solidarité en actes

Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, décédé à Paris le vendredi 26 avril à l’âge de 93 ans. ©Martin Bureau

À la tête du Secours populaire français depuis 1955, Julien Lauprêtre, qui s’est éteint vendredi 26 avril à l’âge de 93 ans, avait su donner à l’ancien “Secours rouge” l’élan qui en fait aujourd’hui l’une des plus importantes organisations de solidarité françaises. Avec les Activités Sociales, il partageait entre autres le combat pour le droit aux vacances, tout particulièrement pour les enfants.

Nombreux sont ceux à partager la tristesse de la famille et des proches de Julien Lauprêtre : les 80 000 bénévoles du Secours populaire français (SPF), les millions d’anonymes qui ont à un moment de leur vie pu s’appuyer sur la solidarité qu’il leur a offert pour se relever… Pour mesurer le courage, l’énergie, admirer le charisme et la détermination de celui que ses collaborateurs appelaient tout simplement Julien, il suffisait de passer quelques minutes avec lui.

Dans une gare, au départ d’un train de jeunes vacanciers pour un séjour en Europe, sur une plage ou sous la tour Eiffel, pour la traditionnelle Journée des oubliés des vacances, offerte par le Secours populaire à des milliers d’enfants, ou dans un des fameux villages Copains du monde, dont l’ambition est “d’apprendre aux enfants à s’aimer plutôt qu’à se fuir” et dont il était si fier… À plus de 90 ans, le président du SPF ne manquait jamais une occasion d’aller à la rencontre des équipes de bénévoles et de “ses” gosses !


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“Il faut que tu rendes la société moins injuste”

Ce qui a déterminé l’existence de cet ancien résistant, fils de communiste et communiste lui-même, ce sont ces mots, prononcés à son oreille par Missak Manouchian, sur le point d’être fusillé : “Moi, je vais mourir, mais toi, il faut que tu fasses quelque chose d’utile de ta vie et que tu rendes la société moins injuste.” Cette phrase du chef du groupe de la Main d’œuvre ouvrière immigrée (MOI), celui de l’Affiche rouge, dont il a partagé la cellule durant huit jours en 1943, à la prison de la Santé, Julien, qui n’avait alors que 17 ans, ne l’a jamais oubliée.

Dès son entrée au Secours populaire en 1954, il n’aura de cesse d’élargir le mouvement, de le faire grandir… Sans pour autant perdre une once de son humanité.

“On perd un grand monsieur”

“C’était un homme très chaleureux avec tout le monde. Il appelait par leur prénom tous les secrétaires de fédération et moi, même si nous avions vingt-trois ans d’écart, il m’appelait p’tit frère… On perd un grand monsieur”, témoigne Bernard Amiot, président de la Fédération des électriciens et gaziers du Secours populaire, qui côtoyait Julien Lauprêtre depuis une vingtaine d’années. Un partenariat entre les Activités Sociales de l’énergie et le SPF met à disposition des bénéficiaires du Secours populaire des places dans les colos, pour permettre chaque année à des centaines d’enfants défavorisés de profiter de vraies vacances.


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D’ailleurs, dès l’annonce de la disparition de celui qui fut durant soixante ans le président du Secours populaire, les présidents des organismes sociaux Nicolas Cano et Jean-François Coulin lui ont rendu hommage, saluant dans un communiqué l’engagement de Julien Lauprêtre pour la solidarité, le partage et le droit aux vacances pour tous, et réaffirmant leur volonté de poursuivre cette action commune avec le SPF : “Le partenariat entre les Activités Sociales et le Secours populaire français est une évidence. Notre ambition est plus que jamais de continuer à mener ensemble ces combats.”

Une exigence car, comme aimait à le rappeler Julien Lauprêtre, “la solidarité ne règle pas tout, mais pour ceux qui la reçoivent, elle est irremplaçable”.

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