Laurent Couget, agent Enedis et pilote handiski : un faiseur de rêves

Au cours de week-ends organisés avec la CMCAS Gironde, puis avec son association Capp Glisse 33, Laurent Couget, agent Enedis de 50 ans, permet à des personnes handicapées et à leurs accompagnants de goûter aux plaisirs de la montagne. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Chaque hiver, Laurent Couget, bénéficiaire de la CMCAS Gironde, emmène des personnes en situation de handicap faire du ski dans les Pyrénées. Pilote de fauteuil handiski bénévole, l’agent appui métier à Enedis Mérignac s’attache à leur permettre de ressentir le plaisir de la glisse.

« Vous savez, c’est dans leurs yeux, dans leur regard, que nous voyons que les personnes que nous accompagnons sont heureuses, assure Laurent Couget, 50 ans, agent appui métier à la qualité du réseau électrique à Enedis Mérignac. Le bonheur que nous donnons aux gens que nous transportons est extraordinaire. On ne s’en rend pas toujours compte », confie l’agent.

Depuis une dizaine d’années, Laurent Couget pilote des fauteuils handiski afin de permettre à des personnes handicapées, parfois très lourdement, de découvrir les joies des sports d’hiver. En partenariat avec la CMCAS Gironde, il organise chaque hiver deux week-ends neige à Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées), destinés aux agents en situation de handicap ou à leurs enfants handicapés.

Savourer le délicieux plaisir de glisser sur la neige, éprouver la sensation de vitesse et même admirer la beauté d’un paysage de montagne : pour cet amoureux de ski alpin et des grands espaces enneigés, l’idée de partager ces émotions avec des personnes qui en sont a priori privées l’a immédiatement séduit. Alors il a décidé de relever le défi de leur faire vivre les sensations qu’il éprouve.

« Quand on conduit un fauteuil, on ne skie pas pour soi »

Originaire de Tarbes (Hautes-Pyrénées), Laurent Couget est né sur des skis. « Dès que j’ai su marcher, mon père m’a collé sur des skis », raconte-t-il. Contremaître civil dans le groupement industriel de l’armée de terre, son père encadre les mercredis ski dans son entreprise. En hiver, dès que l’occasion se présente, la famille Couget file vers les sommets des Pyrénées. Laurent Couget en a conservé une inaltérable passion.

Le biski, un fauteuil de ski stable et manié par un pilote descendant sur ses propres skis, appuyé par deux accompagnateurs, permet d’expérimenter toutes les sensations de la glisse. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

C’est un ami de la CMCAS Pau (aujourd’hui CMCAS Béarn-Bigorre) appartenant à un collectif de pilotes handiski, l’association Capp Glisse Tarbes 65, qui l’initie à la conduite du fauteuil. Excellent skieur, Laurent Couget possède les compétences requises. L’aventure le tente. Le premier essai est concluant. Dès lors, avec la CMCAS Gironde, il accompagne de nombreux bénéficiaires ou leurs enfants handicapés, et réalise ainsi leur rêve de dévaler les pistes enneigées.

« Quand on conduit un fauteuil, on ne skie pas pour soi. On fait la descente pour la personne en situation de handicap, précise-t-il. On est en promenade. » Prendre en compte l’envie de l’autre, lui faire plaisir reste essentiel pour lui. « Certaines personnes transportées apprécient des pointes de vitesse, nous les réclament même », insiste le pilote.

« Un fauteuil handiski coûte entre 3 000 et 5 000 euros »

En 2017, l’agent fonde Capp Glisse 33 pour offrir la possibilité à des personnes handicapées extérieures aux Industries électriques et gazières et aux revenus modestes de bénéficier de cette activité, par le biais d’associations caritatives (notamment la Croix-Rouge). Le Club d’activités de pratiques partagées (Capp) induit « le mélange des personnes valides et en situation de handicap dans une même activité », rappelle Laurent.

Le credo de l’association Capp Glisse 33 : permettre aux personnes handicapées, notamment celles disposant de faibles revenus, de skier aux côtés de leurs accompagnants valides. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

L’association, qui compte aujourd’hui une douzaine de pilotes handiski, propose quatre à cinq mini-séjours chaque année. « Chaque saison, près de 120 personnes participent à ces séjours découverte : les deux tiers sont des personnes handicapées et leurs accompagnants, et un tiers des pilotes », indique l’intéressé. Et compte tenu du coût exorbitant de l’handiski, Laurent Couget peut modestement s’enorgueillir d’avoir rendu cette activité accessible à de nombreuses personnes.

« Un fauteuil handiski coûte entre 3 000 et 5 000 euros », annonce l’agent. Dans les circuits conventionnels, une descente en handiski reste très chère et ce ne n’est pas l’ensemble des personnes en situation de handicap, qui ont souvent de petits revenus, qui peut se l’offrir. « Certaines, qui vivent d’une maigre allocation, ne croient même pas que cela soit possible. Et déjà, au pied des pistes, elles ont des étincelles dans les yeux », souligne le pilote. Rares sont celles qui en restent là. « La plupart de nos bénéficiaires qui ont essayé le ski en fauteuil veulent revenir l’année suivante », se réjouit Laurent Couget. Pour ce faiseur de rêves, voilà la plus belle des récompenses.

 

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