“Les anges portent du blanc” : un thriller féministe aux couleurs de la Chine

Témoin d'un crime dans "les Anges portent du blanc", Mia oscille entre combat pour la survie et soif de liberté. ©22 hours Films

Témoin d’un crime dans “Les anges portent du blanc”, Mia oscille entre combat pour la survie et soif de liberté. ©22 hours Films

À travers une enquête haletante sur un crime sexuel, la cinéaste Vivian Qu dresse un portrait au vitriol de la société chinoise contemporaine et de ses dérives. Un film en accès libre sur la médiathèque des Activités Sociales en octobre.

Une petite station balnéaire tranquille. Ciel azur, grand soleil, bouées colorées. Deux écolières sont victimes d’un crime sexuel. Un inspecteur bougon et une avocate têtue mènent l’enquête. Une intrigue à la “Broadchurch”, la série phénomène britannique qui a débarqué sur nos côtes en 2014. Mais la comparaison s’arrête là.

D’abord parce que, dans “les Anges portent du blanc”, ce sont les femmes qui tiennent le haut du pavé. À commencer par Mia, adolescente à peine plus âgée que les victimes, employée d’hôtel, qui est la seule à avoir vu le visage de l’homme qui a pénétré de force dans la chambre des deux jeunes filles ce soir-là. Mais qui hésite à parler, par crainte de perdre son emploi. Ensuite parce que l’action se déroule dans la Chine d’aujourd’hui, quelque temps avant que le mouvement international #MeToo n’explose, y compris dans l’Empire du Milieu.

La condition féminine n’y est pas plus reluisante qu’en Occident, et y est de surcroît plombée par le poids des traditions. La monumentale sculpture de Marilyn Monroe version “Sept ans de réflexion” , qui surplombe la plage autant que le film, en est une parfaite allégorie : à la fois figure de femme libre et objet de tous les fantasmes des hommes. Toutes les protagonistes du film se heurtent à la domination masculine, quelle que soit leur condition sociale : la jeune réceptionniste sans papiers soumise aux menaces de son patron, la mère de l’une des jeunes collégiennes, jugée parce qu’elle élève mal sa fille, l’avocate bourgeoise plus âgée, face au système judiciaire aux mains des hommes. Le ciel lumineux, le parc d’attractions aux couleurs vives ressemblent à un décor de carton-pâte qui masque la violence que subissent toutes ces femmes. Mais en chacune d’entre elles sommeille une battante, qui détient le pouvoir de se libérer du carcan dans lequel la société les enferme.

Xiaowen et Xinxin, image d’une jeunesse à l’innocence perdue. ©22 hours Films

Xiaowen et Xinxin, image d’une jeunesse à l’innocence perdue. ©22 hours Films

Corruption à tous les étages

Malgré la violence de la critique qui s’y exprime, le film a pu être diffusé en Chine, ce qui est assez notable pour être souligné. À travers le schéma patriarcal qui écrase ces femmes, c’est un pays rongé par le consumérisme à outrance et la corruption que dénonce la réalisatrice Viviane Qu. Le pouvoir de l’argent y est sans partage. Tout s’achète et tout se vend : les faux papiers, les informations, le silence des médecins, et même la virginité. Et les enfants ne font que reproduire le modèle que les adultes leur proposent. La jeune Mia l’a bien compris, lorsqu’elle tente de monnayer ce qu’elle sait de l’affaire.

Cependant, ce n’est pas elle qui est condamnée, mais le système tout entier. Sans papiers, probablement fugueuse, elle tente de survivre, dans un monde où les petits trafics comme les pressions des potentats locaux font la loi. Et pour que les victimes s’en sortent, c’est la solidarité féminine qui doit primer, dans une société conservatrice où l’éducation sexuelle est un sujet tabou. La solidarité tout court, d’ailleurs. Car Viviane Qu ne se contente pas de dénoncer : elle interroge le spectateur. Quelle attitude adoptons-nous lorsque nous sommes témoin d’une injustice ? Et comment trouver le courage de faire les bons choix ?


Voir le film (libre accès) sur ccas.fr

“Les anges portent du blanc”
Un film de Vivian Qu
Chine, France, 2017, 1 h 47.

Ce film est en libre accès sur la Médiathèque des Activités Sociales durant tout le mois d’octobre

Avec : Wen Qi, Zhou Mei-jun, Peng Jing, Hao Shi-ke, Le Geng.
Coproduction : Mandrake Films
Distribution France : Rezo Films / Production étrangère : 22 hours Films


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