Picasso, primitif du primitif

©Succession Picasso 2017/Gautier Deblonde

Au Quai Branly tout conditionne à l’exploration. Bulle verdoyante offrant une fenêtre sur le monde, le musée accueille l’exposition « Picasso primitif » jusqu’au 23 juillet. L’occasion d’appréhender le lien si étroit qui associe l’artiste à l’art primitif.

« Mes plus grandes émotions artistiques, je les ai ressenties lorsque m’apparut soudain la sublime beauté des sculptures exécutées par les artistes anonymes de l’Afrique. Je me hâte d’ajouter que cependant je déteste l’exotisme. » Voici comment débute l’exposition, reflétant l’ambivalence de l’artiste à se positionner comme successeur d’un mouvement artistique.

Une force gravitationnelle

C’est sur cette pensée que s’orchestre cette première partie, agencée en plusieurs espaces traités de manière chronologique. Loin de se limiter à une présence strictement artistique, la proximité entre l’artiste et le primitif dépasse la référence pour se greffer à son quotidien. En plus des correspondances avec Matisse ou Gauguin, des photos viennent illustrer l’omniprésence de cet art. Dans une composition intimiste, Olga, première femme de Picasso, est photographiée sur son lit avec deux masques accrochés au-dessus d’elle, pareils à des objets de dévotion. Après la théorie, la pratique, à nous désormais d’endosser le rôle de critique afin d’observer cette affinité stylistique entre ces deux univers.

©Succession Picasso 2017/Gautier Deblonde

Un chemin initiatique

Dans le second espace décloisonné poussant à la déambulation, les œuvres de Picasso répondent aux masques et sculptures du monde entier. La perception et la réflexion restent sollicitées afin de laisser le visiteur appréhender sa vision de ces interactions. Arrêtez-vous sur ces quatre satyres ou encore sur ces corps et à la sensualité qui en émane. Les questions ne trouvent réponses que dans votre esprit. Peu d’indications viendront influencer vos impressions, juste l’enrichir.

©Succession Picasso 2017/Gautier Deblonde

Dans ce chemin tracé par une scénographie précise et une lumière progressivement tamisée, les sujets sont de plus en plus profonds et personnels. L’aboutissement ? Une pièce sombre où le noir sert d’écrin à des statues ésotériques. Celle de Picasso trônant au centre et tournée vers la sortie nous pousse à en franchir le seuil en gardant en souvenir les réflexions exprimées.

Un face-à-face percutant entre l’artiste et ces œuvres, deux mondes qui en ouvrent plus qu’un, celui du dialogue permanent entre les cultures, les hommes et l’art.

Infos pratiques
Picasso Primitif
Musée du Quai Branly du 28 mars au 23 juillet 2017
37 Quai Branly, 75007 Paris – 01 56 61 70 00
Billet disponible dans l’espace Culture et loisirs  6,50 € au lieu de 10,00 €
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