Un toit pour continuer à créer

Duaa Qishta, plasticienne palestinienne, à l’Atelier des artistes en exil en janvier 2021. ©Julien Millet/CCAS

Prêter son logement (pendant les vacances) ou mettre à disposition un local inoccupé est un moyen d’amplifier l’action de l’Atelier des artistes en exil, association partenaire de la CCAS depuis 2020, qui vient en aide aux artistes contraints de quitter leur pays.

En 2020, la CCAS a signé une convention avec l’Atelier des artistes en exil (AA-E), structure unique en France qui accueille plus de 250 peintres, sculpteurs, écrivains et autres disciplines, originaires de 40 pays, principalement d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Certains ont le statut de réfugiés, d’autres non. Tous ont été contraints de quitter leur pays, en raison de menaces, de discriminations ou de motifs économiques.

L’association se propose “d’identifier ces artistes et de les accompagner en fonction de leur situation et de leurs besoins, de leur offrir des espaces de travail et de les mettre en relation avec des professionnels, afin de leur donner les moyens d’éprouver leur pratique et de se restructurer”.

En signant cette convention, la CCAS s’engage dans une démarche à visée autant solidaire que culturelle, parce que la création se nourrit aussi des richesses apportées par les migrations. Des céramistes, graveurs, stylistes, photographes, danseurs, chanteurs, dessinateurs de presse… possédant de solides formations ou expériences, pourront être sollicités pour irriguer les Activités Sociales en proposant notamment de nouvelles pratiques aux bénéficiaires. Ces interventions peuvent prendre la forme d’interventions ponctuelles, d’ateliers (deux l’hiver dernier ; plusieurs l’hiver à venir), de résidences d’artistes ou de rencontres culturelles. Selon la disponibilité, la CCAS peut mettre à disposition, dans ses villages vacances, des hébergements (sans contrepartie) comme cet été à Anglet où une famille a été accueillie une semaine.

À la recherche d’hébergements temporaires

Pour pallier des problèmes ponctuels, l’AA-E cherche parfois des solutions d’hébergement temporaire, de quelques jours à quelques semaines, dans toute la France. Une démarche individuelle simplissime selon Delphine Le Goff, ouvrant-droit de la cmcas Seine-Saint-Denis, qui a elle-même testé ce dispositif au mois d’août dernier. “Il faut remplir un formulaire en ligne avec état civil et descriptif du logement. Si vous le souhaitez, une contrepartie de petits services, comme arroser les plantes, garder un animal, effectuer du petit bricolage, etc., est proposée. De mon côté, je n’avais besoin de rien car cette année le chat partait en vacances lui aussi.”

Ayant l’habitude de prêter son logement parisien l’été à des amis d’amis, cette mère de famille voit son action comme un dépannage. “De temps en temps, j’essaie d’aider les gens qui en ont besoin, relate-t-elle. Là, il s’agissait d’un regroupement familial pour un artiste soudanais, sa femme et leurs trois enfants. Nos enfants sont dans les mêmes tranches d’âge : pour les jouets, ça tombait très bien. Nous nous reverrons peut-être avec nos enfants respectifs mais il n’y a rien d’obligatoire. Comme avec les amis de mes amis, je considère qu’il n’est pas nécessaire que nous restions en lien après.”

L’association AA-E est garante du bon déroulement des séjours et du respect du cadre proposé. “Le directeur de l’association a pris contact avec moi et m’a présenté le fonctionnement. Il y a eu un rendez-vous chez moi avec l’artiste, accompagné d’un membre de l’association, une sorte d’état des lieux pour régler les détails pratiques tels que remise des clés, repérage du local poubelles, etc. Comme mon appartement est proche d’une maison de retraite, j’ai précisé qu’il fallait veiller à ne pas faire de bruit. Ils sont partis avec le double de clés et il n’y a eu aucun problème.” Avouant avoir retrouvé une maison tellement propre qu’elle en a été “presque gênée”, Delphine se réjouit d’une chose : avoir offert à une mère et ses trois enfants un premier contact positif avec la France.

Comment aider ?

L’Atelier des artistes en exil a été créé en 2017 à partir d’un constat : les artistes fuyant leur pays se heurtent à une grande précarité et, souvent, à l’obstacle de la langue. Les aider à se structurer, grâce à des dons et au bénévolat de juristes, d’enseignants et d’artistes, est l’objectif de l’AA.E. L’association développe également son propre festival pluridisciplinaire, “Visions d’exil”, en co-construction avec des lieux partenaires. Elle collabore avec des institutions sur toute la France.

Vous êtes un particulier sensible à cette cause, vous pouvez :

  • soutenir financièrement l’AA-E ;
  • devenir bénévole pour l’AA-E en vous investissant dans certaines de ses actions ;
  • soumettre vos compétences professionnelles ;
  • proposer un espace de travail ou un hébergement ;
  • accompagner un.e artiste en exil en le parrainant ou le marrainant.

 

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