Web social et Activités Sociales : la démocratie 2.0, un fantasme à structurer

©Babouse/CCAS

Utiliser le numérique pour favoriser la démocratie participative et accroître l’engagement des bénéficiaires au sein des Activités Sociales. Curieuse question, néanmoins cruciale à l’ère d’un changement évident des comportements sociaux de chacun, impulsé par la révolution du web social ou web 2.0. Pour les Activités Sociales, dans la proximité, il est aussi nécessaire de la suivre que de la maîtriser.

La conjoncture l’atteste. Faire fi de nos jours de l’impact du numérique sur le comportement social des citoyens est une aberration que les “gilets jaunes”, et précédemment les “bonnets rouges”, Nuit debout, etc., ont mis en exergue. Anticonformiste, subversif, le Net favorise ainsi la démocratie sous sa forme la plus directe, avec ses avantages et ses inconvénients. Tant les sursauts populaires fomentés sur la Toile surprennent à en devenir incontrôlables…

Par laxisme ou paresse digitale, “le virage du web”, opéré par les Activités Sociales, a été laborieux dans son approche, malgré la multiplication des canaux d’information numériques. Or, la place de choix qu’occupent les structures de proximité que sont les SLVie et les CMCAS dans l’échange direct, basé historiquement sur le contact humain, est contestée. Assemblées générales désertées, activités boudées, etc., le modèle avant-gardiste bat de l’aile. Comment juguler cette désaffection ? Et puiser dans ces idées, ou groupes de bénéficiaires qui émergent sur la Toile, en marge des Activités Sociales.


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La réflexion est engagée à l’appui d’un rapport de l’Association science technologie société (ASTS) présenté par l’Iforep lors de son assemblée générale le 8 octobre dernier : “Numérique, démocratie et lien social”. Pour Edward Lepine, président de l’Iforep, “il ne faut pas laisser s’échapper, entre autres, les solidarités, les idées, émanant des communautés de bénéficiaires qui foisonnent sur le Net. Cela passe par un repositionnement des Activités Sociales, plus poreuses, plus inclusives pour leur garantir le pouvoir de décision. Y compris dans l’offre, le budget…” Sacré challenge que celui d’éviter l’anarchie, la vindicte, pour prôner l’agora à travers un web citoyen, sans dénaturer pour autant un support libre, non censuré à la base.

Trouver le juste équilibre

Selon Valérie Thuderoz, secrétaire générale de la CMCAS Dauphiné Pays de Rhône, “s’il est impératif d’accompagner cette révolution numérique en identifiant les réseaux, leur tranche d’âge, etc., il faut impérativement l’articuler autour de nos valeurs et de nos projets”. Bref, trouver le juste équilibre entre engagement physique et numérique, souvent antinomique d’ailleurs, et y donner un sens… Et respecter cette forme de démocratie directe sans se fourvoyer !

Pour Cédric Sarda, président de la CMCAS Aude-Pyrénées Orientales, “si les retours des bénéficiaires sur les activités permettent, actuellement, d’alimenter les groupes de travaux sur leurs contenus, il ne sera jamais question de référendum. Les débats appartiennent à la vraie démocratie avec les délégués des SLVie. Car considérer que chaque électricien et gazier est en droit de s’opposer à un projet, c’est faire un déni de démocratie de notre système électif et représentatif, de ce que sont nos agents”.

Si l’enjeu numérique est de taille, il se doit cependant d’être relevé. Avec la plus grande pertinence et la plus grande maîtrise, afin de ne pas se laisser submerger par l’outil et éviter ainsi les courts-circuits. Autant que le discrédit.

C’est vous qui le dites !

“S’adapter à chaque public, en gardant les permanences physiques des SLVie”

Frédéric Berardi, 48 ans, gestionnaire clientèle Gaz électricité de Grenoble, CMCAS Dauphiné Pays de Rhône

“Au niveau de ma CMCAS, de nombreux efforts ont été faits pour diversifier les moyens de communication auprès des bénéficiaires. Que ce soit par le site Internet, la page Facebook, l’infolettre mail. Je pense qu’il est judicieux et essentiel d’utiliser tous ces canaux de communication, car ils peuvent répondre à la majorité des bénéficiaires, avec un temps de réaction appréciable.

Mais il faut faire attention à ne pas utiliser que ça… au risque de ne plus discerner les informations des nombreuses sollicitations et autres publicités émises via le Net. Il faut aussi à s’adapter à chaque public, en gardant, si possible, les permanences physiques des SLVie, véritable lien social de nos entreprises qui permettent une proximité et un accompagnement plus chaleureux.”


“Prendre en compte l’évolution des moeurs en étant créatif et réactif”

Florence Laugier, 48 ans, gestionnaire base de données patrimoniale à Enedis, CMCAS Toulon

“Avoir un compte Twitter, une page Facebook ou autre, pour les SLVie et CMCAS me semble de toute façon incontournable. C’est une plus-value, en termes d’interaction, de rapidité dans l’échange et l’information. Et puis il faut vivre avec son temps !

Si de mon côté, je garde ce contact humain en me rendant à ma SLVie, aux assemblées générales aussi, il faut prendre en compte l’évolution des moeurs et du travail des jeunes notamment. Plus mobiles. En étant créatif et réactif. Et je pense que l’outil numérique peut être un bon moyen d’impulser un collectif sans pour autant dénaturer les rapports humains, qui seront de toute façon toujours essentiels. Quelles que soient les générations.”

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