Le message porté par la puissante grève du 15 septembre a été entendu. Le gouvernement annonce officiellement qu’il renonce à remettre en cause le tarif agent, comme l’y enjoignait la Cour des comptes.
« Le gouvernement ne retiendra en 2027 aucune évolution ayant un impact sur la fiche de paie des agents actifs des Industries électriques et gazières et sur les ressources financières des agents retraités, tant d’un point de vue fiscal que social », écrivent le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou et la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon dans un courrier adressé le 5 octobre à l’interfédérale de la branche des IEG.
Le mot qui fâche n’y figure pas, mais tout le monde comprend de quoi il s’agit : le tarif agent est sauvé et le gouvernement reporte sine die son projet de le remettre en cause.
Une révision du tarif agent selon la Cour des Comptes
L’alerte était née du rapport publié le 17 juillet dernier par la Cour des comptes consacré à « la gestion des ressources humaines du groupe EDF SA ». Les magistrats de la rue Cambon préconisaient à la fois une révision du tarif agent, aligné sur le prix du marché, et un plafonnement de la consommation soumise au tarif. Surtout, arguant d’une « sous-évaluation fiscale », le rapport mettait en demeure le gouvernement d’agir, en soulignant que les 300 000 bénéficiaires du tarif « acquittent désormais moins de 2 % des tarifs moyens de l’électricité payés par les consommateurs ». Un chiffre que contestent les syndicats, qui l’évaluent plutôt à 10 %.
Un appel à la grève immédiat
La réponse syndicale au rapport de la Cour des comptes ne s’est pas fait attendre. Le 15 septembre, l’appel à la grève, signé des quatre fédérations représentatives, a été suivi à 65 % à EDF SA et à 63 % chez Engie selon les directions. Mais l’interfédérale, reçue par Maud Bregeon tandis que des centaines d’électriciens et gaziers manifestaient devant le ministère, n’avait obtenu aucune garantie de la part d’une ministre se disant « sans mandat ». D’où l’appel immédiat de l’interfédérale à ce que le chef du gouvernement se saisisse du dossier, assorti de la menace de durcir le mouvement à partir du 6 octobre.
L’unité dans l’adversité
L’avertissement a donc été entendu. Cette victoire « appartient aussi à l’unité de l’interfédérale : les quatre fédérations représentatives ont tenu une ligne commune depuis le début, sans jamais accepter de négocier sous la menace. La pression de l’ultimatum des quatre fédérations, appuyée par des bases organisées sur tous les sites, a contraint Matignon à répondre », relève l’interfédérale dans un communiqué. Et de préciser que « la vigilance reste de mise ».
Une victoire à ajouter au répertoire
Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement tente de remettre en cause le tarif agent. À chaque fois, notamment les 31 mai 1983 et 7 avril 2011, électriciens et gaziers y ont répondu par des grèves unitaires, parmi les plus massivement suivies de l’histoire de la profession. Le succès de la mobilisation du 15 septembre dernier ajoute donc une belle page à cette longue histoire de défense d’une disposition importante du Statut des électriciens et gaziers.
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