
Sabrina Monchablon, ex-présidente de la CMCAS Lorraine Sud Haute-Marne, succède à Jean-François Coulin à la présidence du Comité de Coordination des CMCAS en juin 2026. ©Pierre Charriau/CCAS
Les 1 566 administrateurs et administratrices des 66 CMCAS de Métropole et des pays d’Outre-Mer (POM) ont procédé, au mois de juin, à l’élection des sessionnaires qui siègeront pendant quatre ans au Comité de Coordination des CMCAS. Ex-présidente de la CMCAS Lorraine Sud Haute-Marne, Sabrina Monchablon succède à Jean-François Coulin à la présidence.
Le Comité de Coordination des CMCAS est l’organisme qui assure la représentation des CMCAS auprès des autorités de tutelle, des directions des entreprises, des organisations syndicales patronales et ouvrières.
Les sessionnaires du Comité de Coordination sont élu·es par les administrateur·ices des CMCAS, eux-mêmes élu·es par les agents actifs et retraités des IEG lors des élections des CMCAS, les dernières ayant eu lieu en novembre 2025.
Les 30 sessionnaires qui composent le Comité de Coordination des CMCAS ont, pour la première fois, élu une femme à leur tête. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Jean-François Coulin – L’élection de Sabrina me réjouit particulièrement. Elle témoigne de la mise en lumière des femmes au sein de nos instances, alors qu’elles ne sont au total que 25 % dans la branche des IEG. Cela prouve qu’elles sont en tête de liste pour prendre des responsabilités au niveau national, après s’être investies en local dans les SLVie ou les CMCAS. Sachant qu’avec les nouvelles secrétaire générale et trésorière générale, le Comité de coordination a désormais un trio de femmes aux commandes.
Sabrina Monchablon – C’est la suite logique de mon engagement depuis plus de vingt ans dans les Activités Sociales, de mon investissement et de tout ce que je défends en termes de valeurs. C’est une continuité, une progression dans mon parcours, avec de nouveaux challenges à relever et, peut-être, de futurs combats à mener. Cette prise de fonction intervient aussi à un moment de ma vie où je peux être disponible pour l’organisme.
Quelle sera la feuille de route du Comité de coordination des CMCAS ?
Jean-François Coulin – Contrairement à la CCAS ou aux CMCAS, la Session du Comité de Coordination des CMCAS n’a pas de feuille de route ou d’orientations politiques. Sa mission première consiste à « aller chercher l’argent auprès des employeurs » et à gérer la répartition de la contribution financière des employeurs, due au titre de l’article 25 du statut, entre l’ensemble des CMCAS et la CCAS.
Le Comité de Coordination représente également les CMCAS au plan national, auprès des autorités de tutelle et des directions des entreprises. Gestionnaire de l’action sanitaire et sociale (ASS), il formule aussi des avis et des propositions pour garantir et améliorer l’égalité de traitement des agents et de leur famille dans l’accès aux activités et prestations.
« Entre 2025 et 2026, le budget a augmenté de 14 millions d’euros. Mais, avec la hausse des prix sur nos achats (les séjours, les spectacles, etc.) et l’augmentation maîtrisée de notre masse salariale, nous avons finalement moins d’argent pour fonctionner. »
Jean-François Coulin, ancien président du Comité de Coordination des CMCAS
De quels moyens financiers les Activités Sociales disposent-elles pour fonctionner ?
Sabrina Monchablon – Pour l’année 2026, le budget des Activités Sociales s’élève à 438 millions d’euros. Cette somme est issue d’un savant calcul : la contribution aux Activités Sociales des IEG est calculée à partir des volumes d’électricité et de gaz produits, commercialisés, transportés et distribués, auxquels sont appliqués des coefficients financiers réglementaires indexés sur l’inflation. Ce calcul diffère selon la taille des entreprises contributrices. Au 30 septembre de chaque année, nous faisons un appel de fonds aux entreprises. Tout se passe très bien puisque nous arrivons tous les ans à recouvrer 100 % de ce qui est dû aux électriciens et gaziers.
Jean-François Coulin – Ce chiffre est en légère augmentation tous les ans, mais largement en dessous de l’impact de l’inflation sur ces cinq dernières années. Entre 2025 et 2026, le budget a augmenté de 14 millions d’euros. Mais, avec la hausse des prix sur nos achats (les séjours, les spectacles, etc.) et l’augmentation maîtrisée de notre masse salariale, nous avons finalement moins d’argent pour fonctionner. Même si elle reste en deçà des besoins des électriciens et gaziers, cette enveloppe budgétaire nous permet néanmoins d’assurer une stabilité financière aux organismes.
Sur quels critères se fait la répartition entre les différents organismes et comment l’égalité de traitement est-elle garantie entre les CMCAS ?
Sabrina Monchablon – Avant sa répartition, le budget prend en compte la masse salariale, le fonds d’action sanitaire et sociale, dont nous assurons la gestion, ainsi que l’ensemble des charges de fonctionnement. Le budget est ensuite réparti entre la CCAS, selon les besoins qu’elle aura exprimés, et les 66 CMCAS pour leurs activités de proximité. Un budget propre est alloué à chacune des CMCAS. Il varie en fonction de sa superficie, du nombre de ses bénéficiaires et de ses spécificités locales, pour la Corse et les POM, par exemple.
Jean-François Coulin – Nous sommes restés pendant longtemps dans la clé de répartition suivante : 70 % pour la CCAS et 30 % pour les CMCAS. Nous sommes plutôt aujourd’hui dans un rapport de 68 à 32. Mais, dans tous les cas, une CMCAS connaît d’une année sur l’autre l’enveloppe qui lui sera allouée pour pouvoir construire son budget. Nous cherchons toujours à augmenter les parts de chacun. On y arrive en optimisant les masses salariales et en réduisant nos charges administratives.
« Un gros dossier nous attend dans les mois qui viennent, avec le réexamen de l’article 25. Des rendez-vous au ministère ont déjà eu lieu, mais les choses s’accélèrent depuis trois semaines en vue de la signature d’un texte avant l’élection présidentielle. »
Sabrina Monchablon, nouvelle présidente du Comité de Coordination des CMCAS
Quels sont les dossiers sur la table du Comité de coordination ?
Sabrina Monchablon – Un gros dossier nous attend dans les mois qui viennent, avec le réexamen de l’article 25. Des rendez-vous au ministère ont déjà eu lieu, mais les choses s’accélèrent depuis trois semaines en vue de la signature d’un texte avant l’élection présidentielle. Le gouvernement a transmis un calendrier de travail aux Activités Sociales et aux fédérations syndicales. Le Comité de coordination prendra toute sa place pour représenter les CMCAS dans cette réécriture.
Notre deuxième gros dossier concerne l’action sanitaire et sociale (ASS), légale et extra-légale. Elle représente près de 20 millions d’euros pour l’ensemble des bénéficiaires. S’agissant des retraités, il faut savoir que, dans notre modèle des IEG, le Comité de coordination assure, pour les Activités Sociales, un rôle de suivi et de gestion des pensionnés comparable à celui de la CNAV dans le régime général, tandis que la CNIEG reste l’organisme gestionnaire du régime spécial de retraite. Pour les actifs, l’ASS extra-légale englobe les aides pour la garde d’enfants, l’aide au soutien scolaire, etc.
Par conséquent, nous devons gérer et mettre en œuvre tout ce que le gouvernement décide. C’est le cas pour le nouveau dispositif Oscar (Offre de Service Coordonnée pour l’Accompagnement de la Retraite), une aide aux seniors en cours de déploiement dans les CMCAS et qui remplace le Plan d’Actions Personnalisé (PAP).
Je souhaite, enfin, que cette mandature acte le retour du Comité de coordination sur le terrain, signe d’un lien de proximité renforcé avec les CMCAS. Nous avons besoin de connaître leurs besoins, leurs structures, leurs spécificités, qui diffèrent d’une région à l’autre. Le Comité de coordination doit naturellement tenir compte de ces paramètres dans l’exercice de ses responsabilités.
Comment arriver à coordonner l’action de 66 CMCAS quand chacune d’entre elles dispose de sa propre légitimité démocratique ?
Sabrina Monchablon – C’est avant tout un travail d’équilibre, d’écoute, de dialogue, de renforcement du lien entre les CMCAS. Chacune a bien sûr ses prérogatives, a ce qu’elle a à faire, mais il faut travailler collectivement, avec parfois des projets politiques qui se percutent suivant l’obédience syndicale des CMCAS. Notre volonté est de poursuivre et de renforcer ce dialogue permanent, dans une logique de solidarité et d’équité, en apportant des réponses collectives aux enjeux des CMCAS plutôt qu’en répondant à chaque situation de manière isolée. À l’image de « Mes activités », l’outil transversal que nous avons mis en route dans les CMCAS.
Pour finir, quel conseil, Jean-François, donneriez-vous à votre successeure avant la prise de ses fonctions ?
Jean-François Coulin – Faire preuve de patience. C’est une qualité que j’ai apprise au cours de mon mandat et qui m’a toujours servi. Il savoir se poser, savoir regarder, rester en alerte et avoir des antennes un peu partout pour être au courant de ce qui se passe dans le pays. Le reste, c’est juste une question de contact humain.
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