A la rencontre du Nord, le Grand !

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Bal du Chat – Départ du carnaval de Dunkerque en 2013 ©D.Lorieux/CCAS

Paysages, patrimoine, histoire, gastronomie, culture de la fête et de l’accueil… Et quel peuple ! Vous ne le saviez peut-être pas encore, mais vous allez adorer le Nord. Ça tombe bien, on vous propose un voyage en terre inconnue, aux pays des Capenoules, ces « voyous » du Nord qui vous entraîneront au carnaval.

Le nord de la France, ce méconnu. Bon, à part pour ceux qui y vivent ou y passent toutes leurs vacances depuis l’enfance. N’empêche, sorti du tableau gravé dans l’imaginaire populaire par « Bienvenue chez les ch’tis », film aux 27 millions d’entrées signé Dany Boon, que sait-on du Nord-Pas-de-Calais (dire, aujourd’hui, le haut des Hauts-de-France) ? Pas grand-chose, avouons-le. Et pourtant…

Au Nord, c’était les corons… mais pas que !

La région recèle d’authentiques trésors : « paysages de la Côte d’Opale, patrimoine, gastronomie, vie culturelle… Il y a tant de belles choses à découvrir ! », égrène Chantal Bruzac, guide-interprète d’origine belge, qui œuvre auprès de l’Estaminet Palace, et pour la CCAS depuis des années. Pour tous types de publics, cette « petite vendeuse de bonheur » adapte ses visites. « On peut admirer la vue depuis les deux caps, Griz-Nez et Blanc-Nez ; parcourir les petits villages ; aller à la rencontre des marins et de leurs flobarts, bateaux de pêche traditionnels ; visiter la Cité de la dentelle de Calais ; sillonner les fortifications de Montreuil et Boulogne-sur-Mer ; grimper sur les nombreux beffrois qui dominent les villes ; partir sur les traces du général de Gaulle ; s’attabler à la brasserie artisanale de Christophe Noyon ; goûter aux fromages du fils de Philippe Olivier, maître fromager-affineur mondialement connu… »

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La côte du Pas-de-Calais dans la région d’Ambleteuse ©B.deCamaret/CCAS

L’histoire ici est prégnante. La vie du bassin minier, dont subsistent de nombreuses empreintes. Et les stigmates de la Seconde Guerre mondiale : « la batterie Todt et son musée du Mur de l’Atlantique devenu public, la base V3 de Mimoyecques ou encore l’un des plus grands bunkers, construit sous l’occupation allemande ».

« Va ma poule, roule Raoul ! »

Chantal Bruzac développe donc tout un répertoire de visites guidées pleines d’érudition, de sensations, d’émotions. Mais la première d’entre toutes fut celle consacrée à la figure locale, régionale, que dis-je !, nationale et internationale de Francis Delbarre, dit Raoul de Godewarsvelde. « Parce qu’on lui lançait souvent : « Va ma poule, roule Raoul ! » Et Godewarsvelde, comme le nom du village [orthographié avec un « e » supplémentaire, ndlr] qu’il affectionnait tant et où avait vécu son aïeul. » Photographe de son état, « comme ses père et grand-père », il devint chanteur charismatique des Capenoules, groupe de gentils voyous constitué de neuf hommes et une femme. « Raoul détonnait avec son mètre 92 et ses cent vingt kilos, sa voix caverneuse dont on disait qu’elle évoquait « un train sortant d’un tunnel », sa casquette de marin vissée sur la tête par tous temps. » « Quand la mer monte », écrite par Jean-Claude Darnal en 1968, lui vaut un succès considérable.

Avec ses acolytes des Capenoules, il interprétait des chansons en patois. « On retient souvent les chansons grivoises, paillardes, mais il existe tout un autre versant de leur répertoire que l’on souhaite faire découvrir », révèle Francis Level, membre fondateur de Z’avez pas vu Raoul, duo interprétant des chansons du groupe nordiste, du répertoire local, mais également des compositions personnelles façon « chanson réaliste française ». « Les Capenoules, ce sont aussi des textes qui évoquent le bassin minier, les mondes paysan, maritime et du textile. Toute cette part nostalgique qui parle du cœur et du sens de l’accueil et de la fête » du peuple du Nord.

« La figure de Raoul, c’est pour ainsi dire une représentation des gens d’ici, alliant rudesse et gentillesse. Il fait partie de notre ADN et est de toutes les fêtes populaires. Il a même son propre géant, au carnaval. Ce gars était finalement très rock ! » sourit Francis. Pour le 40e anniversaire de sa tragique disparition, ses enfants ont souhaité recréer un spectacle, la Java à Raoul, un « grand barnum » qui sera joué à Lille le 14 avril prochain. Et puisqu’il est question de fête, et que le Nord s’en est fait une spécialité, il y a un événement à ne pas manquer, c’est le carnaval !

Carnavaleux du Nord et d’ailleurs !

Plus qu’une tradition, une véritable institution. D’ailleurs il n’y en a pas qu’un seul, mais des dizaines : chaque ville, chaque village, chaque quartier possède le sien : ses bandes qui défilent le jour, ses bals qui enjaillent les nuits. Des semaines entières de fête – les carnavals se déroulent bien souvent entre début janvier et fin avril – avec en point d’orgue le grand rassemblement au casino de Dunkerque, et les « trois joyeuses » précédant Mardi gras. L’on s’y retrouve pour faire la bringue, transgresser les interdits, renverser les rôles. Et si aujourd’hui « il n’est plus forcément obligatoire de s’habiller en femme lorsqu’on est un homme, chacun s’emploie à créer et faire évoluer son personnage d’année en année, en apportant à son clet’che, son déguisement, un nouvel accessoire », précise Gaétan Ledoux, de l’association de carnavaleux des Zotes qui promet, comme beaucoup d’autres, à Gravelines et ailleurs, « la culture de la fête et de la fraternité » à la nordiste.

« Lorsque des gens viennent en touriste, on les baptise. Et ils reviennent ! » Comme ce pompier de Paris, désormais membre des Zotes, qui fait régulièrement venir des collègues : « Ils étaient trois ou quatre au début… Cette année ils seront vingt ! » »On se grime, et le maquillage ne doit pas subir les affres de la fête, sauf lors des « chahuts ». Du coup, lorsque l’on se rencontre, on s’envoie un p’tit bécot sur la bouche. » Bien souvent, les associations ont une vocation caritative : « Nous soutenons par exemple Au cœur des rêves, qui réalise les rêves d’enfants malades, ou encore Pimprenelle, qui permet la mise à disposition de fauteuils roulants tractés par un vélo, adaptés à la randonnée. » Le carnaval puise ses racines tricentenaires dans les jours de fête accompagnant le départ des « pêcheurs d’Islande », partis taquiner la morue dans les eaux de ce pays du nord de l’Europe, et dont on n’était pas sûr qu’ils reviennent. Aujourd’hui encore, des harengs sont lancés depuis l’hôtel de ville de Dunkerque au plus fort de la fête.
Pour tout savoir sur le Carnaval de Dunkerque : carnaval-de-dunkerque.info
Alors, cette terre moins inconnue, ça vous donne envie ? Dépêchez-vous, il reste des places pour le prochain séjour !

Séjour Au pays des Capenoules, au centre de vacances de Merlimont, du 6 au 13 mars. Au programme, cabaret « Z’avez pas vu Raoul » le 11, fête et visites inoubliables !

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