Horizons Arts-Nature : une balade artistique au cœur des volcans d’Auvergne

« Le Géant du souffle » de Wilfried de Cock, composée de milliers de fleurs d’acier, fait sensation lors du week-end au festival Horizon Arts Nature organisé par la CMCAS Clermont Le Puy, début juillet 2026. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Comme chaque été depuis vingt ans, le Sancy (Puy-de-Dôme) célèbre l’art contemporain dans le cadre du festival Horizons Arts-Nature, cette année du 20 juin au 27 septembre. Partenaires dès l’origine, les Activités Sociales parrainent une œuvre. Pour sa part, la CMCAS Clermont-Le Puy accompagne ses bénéficiaires, le temps d’un week-end (4 et 5 juillet), pour découvrir cette exposition en pleine nature. Cette année, l’événement s’est clôturé par une rencontre avec Nora Simon, l’artiste parrainée par la CCAS.

Imaginez 10 œuvres impressionnantes, réalisées par 10 artistes internationaux, installées dans 10 sites naturels remarquables : voilà résumé le concept du festival Horizons Arts-Nature en Sancy. Une exposition à ciel ouvert et hors normes. Car les créations, souvent monumentales, ont été conçues pour un lieu spécifique, avec l’idée d’en sublimer la beauté. La nature comme source d’inspiration ! Partenaires du festival depuis sa création, les Activités Sociales parrainent une œuvre à chaque édition. Cette année, elles ont sélectionné « Le Repos » de la plasticienne Nora Simon.

Après une bonne petite randonnée de quelques kilomètres, les bénéficiaires vont découvrir l’oeuvre « Le repos » de Nora Simon, en présence de l’artiste. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Gérard Boudesseul et Christiane Boyenval, membres de la Commission activités physiques, sportives et culturelles de la CMCAS Clermont-Le Puy, font partie du jury de la CCAS. « ‘Le Repos’ a été réalisé à partir de collages de peintures, dont une peinture suédoise du XIXe siècle. C’est assez original et une première pour ce festival », indique Christiane. « Au-delà de l’aspect artistique, l’objectif d’Horizons Arts-Nature est aussi de faire découvrir des lieux admirables, peu connus, y compris des gens du coin », souligne Gérard.

Tous deux encadrent le week-end organisé par la CMCAS les 4 et 5 juillet. Si les 35 participants connaissent pour la plupart le festival, ils apprécient de partager ensemble ce moment artistique. « J’aime bien venir avec la CMCAS, c’est convivial et je retrouve mes copines », confie Jacqueline Chambon, une ayant-droit de 83 ans. « On nous appelle les Drôles de dames, en référence à la série télé, car on est toujours ensemble ! On s’amuse bien », confirme son amie Paulette Comptour, une femme d’agent de 82 ans. « Grâce aux Activités Sociales, on ne reste pas isolé chez soi mais on s’ouvre au monde et à de nouveaux sujets, même à notre âge. C’est une chance, ça nous apporte beaucoup. »

Étonnante union de l’art contemporain et de la nature

Le samedi est dédié à la découverte des œuvres. Pour atteindre le buron de Margelet, à Murol, il faut grimper en suivant un chemin assez pentu qui serpente à travers les pâturages. « L’art, ça se mérite », plaisante Gérard pour motiver ses troupes. L’effet de groupe reste un puissant stimulant pour embarquer les plus âgés dans de sympathiques aventures. « Certains vont au-delà d’eux-mêmes physiquement. Grâce aux visites avec la CMCAS, ils font des choses qu’ils ne feraient pas sans nous », précise-t-il.

Les bénéficiaires de la CMCAS Clermont Le Puy. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Enfin, apparaît le tableau de Nora Simon, « Le Repos », qui montre un jeune berger assoupi, la tête posée sur un tabouret de traite. La discussion s’engage avec Nora Simon qui explique au groupe la genèse de l’œuvre et son processus créatif. « Le tableau a été pensé pour entrer en résonance avec son environnement. C’est un hommage au travail des buronniers« , détaille la plasticienne. « Je me suis inspirée d’Amalia Lindegren, une peintre suédoise du XIXe siècle, avec l’idée de rendre ses peintures visibles à tous. »

Après une bonne petite randonnée de quelques kilomètres, les bénéficiaires vont découvrir l’oeuvre « Le repos » de Nora Simon, en présence de l’artiste. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

La déambulation artistique se poursuit vers Picherande, où la sculpture « Le Géant du souffle » de Wilfried de Cock, composée de milliers de fleurs d’acier, fait sensation. Impressionnant, ce colosse de 3 mètres de hauteur, est agenouillé, mains ouvertes vers le puy de Chambourguet. Grandiose certes mais il paraît bien minuscule au regard du paysage magnifique qui l’entoure. Serge Brugière, 68 ans, ancien électricien ERDF à Clermont, salue l’originalité des œuvres présentées à Horizons Arts-Nature et savoure surtout « l’esprit créatif des artistes, qui fait appel à l’intelligence des mains ».

« Le Géant du souffle » de Wilfried de Cock, composée de milliers de fleurs d’acier. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Pour lui, peu importe que l’on aime ou pas l’œuvre, c’est l’émotion qui compte. Il faut rester curieux et tenter de comprendre le message des créateurs qui interrogent le monde : ici, le Géant du souffle est bienveillant envers la nature. « Bien sûr, on admire les créations, mais il y a aussi le plaisir d’explorer des lieux sublimes. La nature est un bel écrin pour les mettre en valeur », note Sylvie Brugière, 68 ans, la femme de Serge. Combien de paysages incroyables se sont révélés au regard des promeneurs qui cherchaient avant tout les œuvres ? Ainsi, le festival Horizons Arts-Nature réussit à rassembler, dans une même ferveur, les amoureux de la nature et les amateurs d’art contemporain. Environ 200 000 visiteurs entreprennent cet étonnant voyage à chaque édition, selon l’office de tourisme.

Prolonger la fibre artistique

Atelier de collage avec Nora Simon, plasticienne autrice de l’oeuvre « Le Repos », soutenue par les Activités Sociales. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Le dimanche matin est consacré à un atelier de collage avec Nora Simon. L’idée est de découper des éléments issus de plusieurs peintures représentant des paysages d’Auvergne, afin d’inventer un nouveau tableau. Autour de la table, chacun imagine sa propre peinture. Et le résultat est plutôt pas mal. « C’est très intéressant car on comprend mieux la démarche de l’artiste, sa technique, assure Monique Chalard, une femme d’agent de 78 ans. Le collage, c’est nouveau pour moi mais j’aime plutôt bien, ça fait travailler l’imagination ».

Rencontrer les artistes, pouvoir échanger, et même assister à un atelier de création – quelle qu’en soit la discipline – reste un marqueur fort des Activités Sociales dans leur volonté de rendre la culture et le monde des arts accessibles à tous. « La culture fait sortir les gens plutôt que de les maintenir isolés. Elle fait réfléchir, s’évader et même elle rassemble. Elle crée du lien social « , reconnaît Yasmine Idjedd, ancienne conseillère en clientèle à EDF.


« Mon tableau évoque un dialogue entre le passé et le présent, une passerelle entre deux mondes »

Trois questions à Nora Simon, plasticienne créatrice de l’oeuvre Le repos, en hommage aux buronniers, ces jeunes travailleurs de l’Aubrac, qui, dès le XVIIe siècle, produisaient des fromages dans les burons après avoir effectué la traite des vaches durant les estives.

Comment avez-vous été sélectionnée par la CCAS ?

Nora Simon : En fait, j’ai posé ma candidature pour être exposée au festival Horizons Arts-Nature. J’ai ensuite été contactée par la CCAS, qui a choisi de soutenir mon œuvre dans le cadre de son partenariat avec le festival.

En quoi consiste votre pratique artistique ?

Je travaille l’image sous forme de collages, comme un photomontage. Je m’inspire des grandes œuvres picturales de différents siècles pour créer un autre tableau. « Le Repos », qui est parrainé par la CCAS, représente un jeune berger endormi, la tête posée sur un tabouret à traire. Le personnage est issu d’un tableau d’Amalia Lindegren, une peintre suédoise du XIXe siècle. Le seau, lui, provient d’une peinture hollandaise. C’est une histoire de coup de cœur. « Le Repos » a été pensé pour entrer en résonance avec le paysage.

C’est un hommage au labeur des buronniers, comme une figure protectrice de la nature. Le tableau évoque un dialogue entre le passé et le présent, une passerelle entre deux mondes. L’idée est aussi de sortir les chefs-d’œuvre des musées afin de les faire connaître, de les rendre plus visibles au plus grand nombre.

Quel regard portez-vous sur la politique culturelle développée par la CCAS ?

Je ne connaissais pas la CCAS auparavant. Je suis hébergée au village vacances de Super-Besse le temps d’installer mon œuvre. Je découvre donc ses actions culturelles. La CCAS m’a demandé d’animer des ateliers avec les bénéficiaires pour leur faire appréhender ma pratique artistique et leur expliquer mon processus de création. Les participants réalisent des collages à partir d’images de peintures anciennes afin de créer leur propre tableau. Je partage avec la CCAS la même volonté de démocratiser la culture et de rendre l’art accessible à tous. J’apprécie également tout le travail de médiation culturelle qui est réalisé.


Et puis, un concert sur l’eau

Concert-spectacle « Cosmodromo », de la Compagnie Delphine Coutant. ©Sébastien Le Clézio/CCAS

Le samedi 4 juillet à 14 h 30, il se passe des choses étranges au lac de Gayme. Trois musiciennes installées sur une minuscule plateforme dérivent sur l’eau. Rien ne semble les empêche de jouer, l’une au piano, la seconde au trombone, la dernière au sousaphone (instrument à vent de la famille des cuivres, apparenté au tuba), ni même de chanter.

La Compagnie Delphine Coutant donne son concert-spectacle « Cosmodromo », auquel les bénéficiaires de la CMCAS Clermont-Le Puy, les vacanciers du village vacances CCAS de Super-Besse et les habitants des environs ont été conviés. Un spectacle poétique, original, loufoque, organisé par les Activités Sociales en partenariat avec la mairie de Picherande.

« L’association du lieu avec la prestation musicale nous offre un super moment. D’autant que les musiciennes chantent la nature, sa préservation », s’enthousiasme Sylvie Brugière. Comme une ode à la nature. « C’était très étonnant, ce concert avec un piano flottant. En même temps, tout est très composé, harmonieux, bien joué et dans un cadre magnifique », constate Marie-France Grasset. Les spectateurs se sont laissé emporter par la fantaisie de ce surprenant voyage musical, à l’image de Paulette Comptour : « Formidable, c’était insolite, inattendu. J’ai beaucoup aimé regarder le piano se baladant sur l’eau : une vraie prouesse musicale. »

La Compagnie Delphine CoutantDelphine Coutant, piano ; Jenny Violleau, trombone ; Juliette Evrard, sousaphone

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