Les vacances, un droit fondamental

Journée sur les congés payés au centre de vacances du Cap d’Agde, avec (de g. à d.) Philippe Guillosson, directeur général de la CCAS; Eric Ollier, secrétaire général de la fédération SPF de l'Hérault; Patrick Coullet, président de la CMCAS Languedoc et Sophie Olant-Perrin directrice du territoire Languedoc © C.Crié/CCAS

Journée sur les congés payés au centre de vacances du Cap d’Agde, avec (de g. à d.) Philippe Guillosson, directeur général de la CCAS; Eric Ollier, secrétaire général de la fédération SPF de l’Hérault; Patrick Coullet, président de la CMCAS Languedoc et Sophie Olant-Perrin directrice du territoire Languedoc © C.Crié/CCAS

Il y a quatre-vingts ans, le gouvernement du Front populaire faisait voter la loi instaurant deux semaines de congé pour chaque salarié. Cette conquête sociale est cependant peu mise en pratique. Le Secours populaire français (SPF), qui a fait de l’accès aux vacances l’un de ses principaux axes d’intervention, se mobilisait le 21 mai dernier dans le centre de vacances de la CCAS du Cap d’Agde pour célébrer l’anniversaire de ce droit encore fragile.

La journée était organisée par la section du SPF de l’Hérault. Au total quelque 400 personnes – bénévoles de l’association, bénéficiaires de son assistance ou encore vacanciers présents sur le centre – ont participé à ces animations. Pour les enfants, la plage était la destination toute indiquée. Pour les adultes, une projection en avant-première du film de Laurence Karsznia et Mourad Laffitte “1936-2016, c’est pas du luxe, c’est un droit” était organisée. Le film, très bien accueilli par l’assistance, montre, avec de belles séquences riches en émotion, que l’accès aux vacances qu’offre le Secours populaire a pu changer des vies. “C’est tout simple: cela m’a permis de me sentir comme tout le monde”, témoigne par exemple Patrick Bouet, enfant des cités populaires de Seine-Saint-Denis, devenu président du Conseil national de l’ordre des médecins, premier généraliste à accéder à cette fonction prestigieuse.

Projection du film de Laurence Karsznia et Mourad Laffitte “1936-2016, c’est pas du luxe, c’est un droit”, produit par le SPF © C.Crié/CCAS

La projection du film est suivie de riches débats. « Comment faire en sorte que les plus pauvres aient connaissance de leurs droits ? »se demande une bénévole du Secours populaire qui constate que les dispositifs d’aide mis en place par les communes ou les conseils départementaux sont trop souvent méconnus de ceux qui devraient en être bénéficiaires. Une mère d’enfants partis en vacances grâce au Secours populaire s’interroge : « Ne serait-il pas possible de nous donner plus de nouvelles de nos enfants durant leur séjour ? Plus les parents seront rassurés, plus ils seront prêts à confier leurs enfants.” Un partenaire régulier du Secours populaire, qui propose des séjours d’équitation, la rassure : “Nous postons sur les réseaux sociaux des images des séjours que nous organisons.”

De pratique, la discussion se fait politique. On évoque la loi travail, et l’amendement qui taxe les aides aux vacances versées par les comités d’entreprise. Ou encore la manière d’interpeller les élus, communaux ou départementaux, pour qu’ils soutiennent ce droit aux vacances, si souvent négligé. La journée à la mer d’un enfant “oublié des vacances” qu’organise durant la seconde quinzaine d’août le SPF coûte 50 euros à l’association. Plus les pouvoirs publics et la générosité populaire pourront l’aider, plus nombreux seront les enfants à pouvoir accéder au plaisir inoubliable, qui est aussi un droit, des vacances.

Julien Lauprêtre, ancien résistant et président du SPF, conclut la matinée en appelant à « une nouvelle résistance » face à une société de plus en plus injuste et inégalitaire, mais où, parallèlement, les valeurs de solidarité et de partage ne cessent de progresser. « Une enquête d’opinion disait dernièrement que 80 % des Français sont prêts à faire œuvre de bénévolat. Quel vivier pour le SPF, qui compte déjà un million de membres ! » Et d’appeler au renforcement de cette association « avocate des pauvres », nourrie des valeurs de solidarité et d’entraide issues de la Résistance qu’elle partage avec la CCAS.

Le film “1936-2016, Les vacances c’est pas du luxe, c’est un droit” est disponible en DVD, au prix de 12 euros, auprès du SPF (www.secourspopulaire.fr).

Un partenariat nourri des mêmes valeurs

Le partenariat entre la CCAS et le Secours populaire français (SPF) est aussi ancien que nourri. Une convention entre la CMCAS Languedoc et le SPF permet chaque année l’accueil de quatre enfants du SPF et la prise en charge de séniors accompagnés par le l’organisation sur le centre de vacances du cap d’Agde.

Autre initiative de ce partenariat, l’accueil à Ceillhes (Hérault) durant l’été 2016 en un séjour « Village Copains du Monde » de 18 jeunes, issus tant des bénéficiaires des Activités Sociales de l’énergie que des quartiers populaires ou des réfugiés. Ce partenariat permet des invitations à diverses initiatives culturelles et sportives, ainsi qu’aux arbres de Noël. Il offre enfin la possibilité à des bénéficiaires du Languedoc de choisir de faire un don du livre offert par la CMCAS à des enfants du Secours pop.

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