Été 2020 : “On n’a pas annulé. On s’est dit : ça va le faire, on y croit !”

Sortie guidée sur la commune de Roscanvel (Finistère) avec les animateurs du village vacances de Morgat. ©Charles Crié/CCAS

Espérées de beaucoup d’entre vous, mais incertaines jusqu’au mois de mai, les vacances à la CCAS, qui ont mobilisé tous les acteurs des Activités Sociales, ont bel et bien eu lieu. Elles ont réuni plus de 32 000 collègues et leurs familles, et plus de 6 000 jeunes de 4 à 17 ans, en cet été pas comme les autres. Retour sur quelques temps forts.

Article modifié le 15 septembre 2020.

“On n’a pas annulé. On s’est dit : ça va le faire, on y croit. De toute façon, on n’avait pas de plan B. On a passé 15 jours très chouettes. Les protocoles sanitaires étaient franchement nickel. On a pu souffler après ces mois de confinement, sans télé face à l’océan.”
Matthieu, agent du RTE, et sa famille avaient réservé en séjour vert une “toile” à Capbreton

Le “stop général” du confinement décrété le 16 mars a saisi les Activités Sociales en pleine période des réservations pour la période estivale, perturbant la gestion de deux grandes périodes de congés adultes jeunes : les vacances d’hiver et celles, toutes proches, de printemps. Malgré tout, la décision de confiner la grande majorité des activités dans le pays n’a pas pris la CCAS totalement de court.

En effet, dès la fin février, l’institution est confrontée à une alerte de suspicion d’infection à la Covid-19, dont serait victime une animatrice encadrant une colonie de vacances en Savoie. Immédiatement après l’évacuation du séjour, la dernière session des vacances jeunes d’hiver est annulée. Une cellule de vigilance est à pied d’œuvre autour des directions, des élus et des médecins-conseil de la CCAS.

L’ensemble de la “chaîne de contamination ” – que l’on n’appelle pas encore “cluster ” – est remontée auprès de plus de 200 contacts possibles… En l’absence de toute directive des pouvoirs publics, et bien que la suspicion de contamination au SARS-CoV-2 soit heureusement écartée pour la jeune animatrice, élus et fonctionnels des Activités Sociales savent déjà à quoi il faut, hélas, s’attendre…

Des mesures d’urgence solidaire

Le 12 mars, le conseil d’administration décide l’annulation de tous les séjours jeunes et adultes en France et à l’étranger jusqu’au 28 juin, ainsi que la fermeture des villages vacances. Le 13, le Festival d’Énergies de Soulac, dont la préparation battait son plein, est reporté. Les festivals de l’été sont annulés.

Une dizaine de centres de vacances mettent les hébergements à disposition des plus précaires et des personnels de santé, en collaboration avec la Croix-Rouge et les services préfectoraux. Le conseil d’administration de la CCAS adopte des mesures d’urgence solidaires : l’allocation pour l’autonomie des jeunes est doublée et prolongée jusqu’en septembre ; l’aide au soutien scolaire revue à la hausse avec la révision des plafonds d’éligibilité jusqu’à la fin de l’année scolaire 2021. Enfin, la couverture mutualiste est améliorée.

Deux contraintes fortes font alors peser le doute sur la possibilité d’organiser les séjours jeunes et adultes de cet “été pas comme les autres” : l’état de la pandémie et la capacité des Activités Sociales à maintenir le réseau des vacances adultes en état de fonctionner, tout en assurant la sécurité sanitaire des villages vacances. Un post sur les réseaux sociaux, publié le 24 mars par un bénéficiaire, résume l’état d’esprit de la période :  “Bonjour, pensez-vous que d’ici à juillet nos vacances seront annulées ?”

Un coup d’avance sur la crise

“Nous n’avons jamais lâché sur l’organisation des vacances d’été jeunes et adultes, assure Sébastien Germain, élu au conseil d’administration en charge du secteur vacances-séjours. Nous avions travaillé tout au long de ces semaines sur plusieurs scénarios afin de conserver un coup d’avance sur la crise, mais sans savoir quel serait le bon. Au fond, nous nous sommes continuellement adaptés à la situation, avec en point de mire l’ouverture des centres au 28 juin.”

Rencontre entre élus du conseil d’administration national et bénéficiaires à Fouesnant (Finistère). Ici, Delphine Idier, trésorière adjointe de la CCAS. ©Charles Crié/CCAS

Le 7 avril, le secrétaire d’État aux Transports invite, au micro de France Info, les Français à “attendre avant de réserver leurs vacances “. Le 13 avril, le président de la République évoque une levée progressive du confinement à partir du 11 mai. Les vacances à la CCAS ouvriront – comme annoncé en mars – le 28 juin, avec le maintien des  “tournées culturelles ” (concerts, théâtre, lectures et conférences).

2 500 appels téléphoniques par jour

Après les annulations, les équipes des Activités Sociales doivent gérer de nouvelles offres et demandes d’affectation. Le nombre d’appels téléphoniques auprès des bénéficiaires passe alors de 20 par jour à 2 500 ! Et les colos ? Faut-il les annuler ou pas ?  “Je sais que des opérateurs ou d’autres comités d’entreprise ont été contraints d’effectuer ce choix, explique Lionel Pipitone, administrateur en charge de la Commission jeunes de la CCAS. Mais quelles que soient les difficultés et les incertitudes, on a décidé de maintenir nos séjours jeunes. Les enfants et les jeunes ont souffert du confinement, de l’isolement. Il fallait maintenir les colos, en les adaptant à la situation et aux règles sanitaires.”

Devant les restrictions de transport, décision fut prise de régionaliser leur organisation. Pour les équipes des Activités Sociales, cela implique de “remonter” un réseau d’accueil en un mois, avec les ressources locales d’hébergement et d’encadrement existantes… ou à créer ! Pas simple…

En région parisienne, qui compte près de 100 000 bénéficiaires, le défi est colossal :  “Nous sommes passés de 3 ou 4 centres à 20, raconte Laurence, responsable du territoire IDF-Centre. D’habitude 240 jeunes séjournent dans la région. Cet été, ils ont été presque 4 fois plus nombreux. Les équipes se sont littéralement dépassées “, se félicite-t-elle, tout en précisant que le réseau de l’automne est d’ores et déjà bouclé.


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Au total, et malgré le contexte, ce sont plus de 6 000 enfants et jeunes qui ont pu profiter d’un séjour cet été. Au tournant de cette crise inédite, la prise de décision partagée dans un cadre collectif commun et l’engagement militant de tous autour d’une conviction sociale forte, issue des valeurs du syndicalisme, auront fait la différence et ouvert de nouveaux champs de réflexion et d’innovations sociales.

1 Commentaire
  1. SZCZUREK 2 mois Il y a

    Bonjour
    Félicitations à tout le personnel qui s’est vraiment impliqué, malgré cette malheureuse pandémie que nous vivons tous, pour que les vacances se passent le plus agréablement possible avec toutes les mesures prises pour notre et leur sécurité propre. Un bémol tout de même, je ne vois pas en quoi il était indispensable de ramener ses draps (pour ceux qui étaient affectés en chambre) pour cause de “protection sanitaire” exigée par la …CCAS alors que dans les centres partenaires cela ne pose aucun problème.

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