Arras, expressions de liberté

Stand CMCAS Nord Pas-de-Calais au salon du livre d’expression populaire et de critique sociale d'Arras©C.Crié/ccas

Stand de la CMCAS Nord Pas-de-Calais au salon du livre d’expression populaire et de critique sociale d’Arra s© C.Crié/ccas

Thème central du 14ème salon du livre d’expression populaire et de critique sociale, la liberté d’expression s’est emparée des rues d’Arras le 1er mai. La CMCAS Nord-Pas-de-Calais y était présente, comme chaque année.

Devant l’office culturel qui borde la Grand’ Place, le stand de la CMCAS Nord-Pas-de-Calais, fidèle à sa tradition, associe nourritures terrestres et livresques. A gauche, un joli monticule de crêpes ; à droite, une sélection de livres de la série « Les aventures de Nour et Norbert », édités en partenariat avec l’association Colères du présent, organisatrice du salon. Et sur la table, une pétition contre la privatisation des barrages hydrauliques. « Ce salon est un endroit privilégié pour parler du service public, pour discuter avec les associations et avec les gens, pour se confronter à d’autres points de vue, comme par exemple celui du collectif Alternatiba qui est opposé au nucléaire », avance Muriel Batzenschlager, secrétaire générale de la CMCAS. « C’est tellement évident pour nous de défendre la liberté d’expression et la critique sociale… »

Jean Pierre DENNE, photographe©C.Crié/ccas

Jean Pierre DENNE, photographe©C.Crié/ccas

Derrière le stand, sous les arcades, à côté de l’exposition de la CCAS sur les vertus de la lecture, une soixantaine de photographies en noir et blanc ont été alignées : des portraits de bénéficiaires tenant chacun entre leurs mains un mot écrit sur une ardoise. « Amour », « révolution », « assez », « tolérance », « liberté »… L’association d’un mot et d’un visage donne au portrait une épaisseur parfois étonnante, mélange de spontanéité et de profondeur. « Ça raconte une histoire », observe Jean-Pierre Denne, auteur de ce travail. Agent EDF retraité, Jean-Pierre est allé à la rencontre des agents lors d’une randonnée organisée par leur SLVie et sur leur lieu de travail, à l’agence d’exploitation EDF d’Arras. Il leur a demandé de choisir un mot, n’importe lequel, puis de le noter sur une ardoise. Et le photographe amateur a fait le reste.

A Arras, le 1er mai, les mots de la critique sociale s’impriment ou s’envolent. A bonne distance des chapiteaux où auteurs, lecteurs et éditeurs se rencontrent, un homme en haillons et à la chevelure hirsute, traînant derrière lui un drôle de meuble sur roulettes, emmène un groupe de personnes dans les rues adjacentes. Entre deux alignements de garages, sur le parvis d’une église ou devant une école maternelle, son français écorché saisit les tympans :

« L’en faut, des pauvres, c’est nécessaire,
Afin qu’tout un chacun s’exerce,
Car si y aurait pu d’misère,
Ça pourrait ben ruiner l’commerce ».

Une tirade issue du “Soliloque du pauvre”, texte d’une stupéfiante modernité, écrit en 1897 par le poète Jehan Rictus et interprété ici par Christophe Lafargue, dit Garniouze. Ce spectacle déambulatoire est une véritable plongée dans un univers tout entier contenu dans un meuble à roulettes. Le spectateur est entraîné dans les rues au fil de ce texte datant de 1897 d’une étonnante actualité. On y dénonce l’exclusion, la misère, les injustices, qui jettent des hommes à la rue et en font des marginaux à la dérive. Un vagabondage urbain brûlant, mouvementé et poétique.

Depuis plusieurs années, le Salon du livre d’Arras se bat pour continuer d’exister. Pour que la liberté de lire, de dire, d’écrire, de critiquer et de dénoncer soit une réalité. L’affluence lors du débat sur la liberté de la presse qui s’est tenu au Cinémovida montre que le public n’est pas indifférent à ce combat. Comme le disait Jacques Prévert : « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie ».

Spectacle déambulatoire, basé sur Les soliloques du pauvre de Jean Rictus, est une véritable plongée dans un univers tout entier contenu dans un meuble à roulettes. Le spectateur est entraîné dans les rues au fil de ce texte datant de 1897 d’une étonnante actualité. On y dénonce l’exclusion, la misère, les injustices, qui jettent des hommes à la rue et en font des marginaux à la dérive. Un vagabondage urbain brûlant, mouvementé et poétique©C.Crié/ccas

Spectacle déambulatoire basé sur Les soliloques du pauvre de Jean Rictus ©C.Crié/ccas

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