Énergies renouvelables : quel bilan social en France ?

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Si les énergies renouvelables (EnR) créent des emplois, d’autres sont détruits en parallèle, notamment dans le nucléaire. L’un compense-t-il l’autre, en nombre comme en qualité ?

Sur la troisième marche du podium européen, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Voilà où l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) place la France dans son bilan annuel 2018. La France compterait ainsi 107 000 emplois dans le secteur, dont 30 000 dans la biomasse, autant dans les agrocarburants et 19 000 dans l’éolien.

“L’Ademe estimait à 79 000 le nombre d’emplois directs liés aux marchés des EnR hors biocarburants sur le territoire national en 2016. Soit une hausse de 30 % par rapport à l’année 2006. Seuls 15 % (12 000) relèvent toutefois de la fabrication d’équipements et de l’assemblage et peuvent ainsi être considérés comme des emplois industriels. Le reste relève essentiellement de la maintenance-exploitation (35 à 45 %) et de l’installation (25 à 30 %)”, précise de son côté la Cour des comptes, dans une communication à la commission des finances du Sénat, publiée en mars 2018. Elle ajoute que “les projections du nombre d’emplois attendus du développement des énergies renouvelables sont très variables”.

Le Syndicat des énergies renouvelables estime sur son site Internet que la France a “la possibilité de devenir un acteur important du secteur”, avec “plus de 220 000 emplois dès 2020”. De son côté, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) organisation intergouvernementale fondée qui promeut les EnR à l’échelle mondiale, se projette plus loin : 330 000 emplois en France d’ici à 2030.

Un bilan complexe si l’on “raisonne en économie réelle”

Difficulté supplémentaire, note la Cour des comptes, l’évaluation des “impacts de la réduction de production énergétique conventionnelle à laquelle les énergies renouvelables sont censées se substituer et en particulier la réduction de l’emploi dans le secteur nucléaire”. En 2015, l’étude d’impact de la loi de transition énergétique prédisait des retombées nettes sur l’emploi “de l’ordre de 100 000 emplois à court terme [2020, ndlr] et de 220 000 (jusqu’à 300 000) en 2030”.


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Dans un communiqué publié suite à l’adoption de la loi sur la transition énergétique, FO Énergie et Mines n’y croit pas et estime que “cette ‘nouvelle’ économie ne garantit pas la compensation des emplois détruits par des emplois d’un nouveau type. Aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée sur le sujet”.

Quant au statut de ces nouveaux salariés, “il est évident que dans une grande entreprise publique, ou qui a été publique comme EDF, on n’a pas les mêmes conditions de travail que dans une coopérative de l’énergie renouvelable”, note Guillaume Durivaux, chargé de la politique énergétique à la Fédération syndicale européenne des services publics (Epsu). Ce qui amène la CGT Mines-Énergie à réclamer “les mêmes droits et garanties collectives” pour tous les travailleurs du secteur de l’énergie, à savoir “le statut de l’énergéticien”.


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