Le grand Monopoly de l’énergie

Centrale thermique de Niederaussem en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne). ©Charles Crié/CCAS

L’Europe de l’électricité est à l’image de la France : un grand marché ouvert à tous ceux qui espèrent y gagner de l’argent. Qu’ils soient suédois, allemands, américains ou encore chinois. 

Un homme s’avance. Il parle avec un accent nordique : “Pour vous, Français, nous avons mieux : une électricité 12 % moins chère et neutre en carbone.” Le mois dernier, Vattenfall inondait le paysage audiovisuel avec cette alléchante publicité. Deux ans après s’être débarrassé de ses activités dans le charbon allemand et quelques mois après avoir annoncé la suppression de 1 500 postes, le numéro un suédois de l’énergie se met au vert. Sans produire un seul kilowattheure de courant dans notre pays. Il débarque sur un marché hexagonal déjà fort encombré. L’entreprise publique suédoise promet donc 12 % de réduction à ses futurs clients par rapport au tarif réglementé d’EDF.

Leclerc et Cdiscount, eux, vont jusqu’à 20 %. Qui dit mieux ? L’Europe de l’électricité est à l’image de la France : un grand marché ouvert à tous ceux qui espèrent y gagner de l’argent. Qu’ils soient suédois, allemands, américains ou encore chinois. Sur notre vieux continent, l’enjeu climatique semble servir de prétexte à une concurrence toujours plus débridée. En quête permanente de rentabilité, les multinationales cherchent les meilleurs placements.

Mauvaise pioche pour les salariés des énergies fossiles dans le grand Monopoly de l’énergie : l’Union européenne s’est fixé comme objectifs de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Et de porter à 27 % la part des renouvelables dans sa consommation d’énergie. Dans les mines et les centrales à charbon, responsables d’une bonne partie de ces émissions, le compte à rebours s’accélère.

Douze pays sont concernés pour un total de 450 000 emplois directs et indirects. La moitié d’entre eux sont en Pologne et 14 % en Allemagne. Chez nos voisins d’outre-Rhin, où le tissu économique est dense, la reconversion est envisageable. Mais en Pologne, où plus 100 000 personnes travaillent dans le charbon, il n’y a aujourd’hui pas de plan B. À Katowice, qui a accueilli la COP24 le mois dernier, la fin du charbon n’est pas pour demain.


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